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 LA LIBERTE D'EXPRESSIVITE EST UN ATOUT MERVEILLEUX POUR LA DEMOCRATIE ET SURTOUT L'EVEIL DES CONSCIENCES POLITIQUES.SI TU VEUX AVANCER DANS LA VIE,OUBLIES TON PASSE QU'IL SOIT SIMPLE OU COMPOSE,VIENS PARTICIPER A TON PRESENT POUR QUE TON FUTUR SOIT PLUS QUE PARFAIT     RAYMOND BOMONGO


En difficulté et de plus en plus isolé, Bozizé lance une offensive diplomatico-militaire tous azimuts
(Centrafrique-Presse 30/08/2007)


En prenant son bâton de pèlerin pour se rendre successivement à Malabo solliciter un prêt de 10 milliards de F CFA à Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, puis à Kampala chez Yowéri Museveni, Kinshasa voir Joseph Kabila et trois jours seulement après à Khartoum s’entretenir avec Omar Hassan El Beshir pourtant régulièrement accusé d’être à l’origine de la déstabilisation de son pays, Bozizé ne peut que déclencher sur lui une campagne de supputations et de spéculations de toutes sortes. Un déplacement de Bozizé à Khartoum l’année dernière avait déjà essuyé le veto d’Idriss Déby qui avait carrément menacé d’empêcher militairement Bozizé de regagner Bangui s’il effectuait le voyage.

Une chose est sûre et le moins qu’on puis dire est qu’il est incontestablement en grande difficulté dans son propre pays et aussi - c’est devenu un secret de polichinelle - dans ses relations avec certains chefs d’état des pays voisins au sien qui l’avaient pourtant activement aidé et soutenu à prendre le pouvoir à Bangui ce 15 mars 2003. Il leur tourne visiblement le dos désormais tout en recherchant protection ailleurs. Si les relations entre Bangui et Kinshasa étaient si excellentes et sans nuages, pourquoi avoir attendu tout ce temps pour annoncer la réouverture des frontières entre les deux pays depuis plus d’un an ?

Parmi ces chefs d’état parrains de Bozizé, il y a naturellement Idriss Déby Itno du Tchad qui a non seulement dépêché ses troupes d’élite l’installer au pouvoir mais jusqu’ici, ce sont encore ces soldats tchadiens qui assurent également la sécurité de Bozizé tout en lui permettant de conserver ce pouvoir qu’on lui a offert, jusqu’à combien de temps encore. Lassé et très occupé à tenter de conserver son propre pouvoir qui ne cesse de vaciller à Ndjaména, le suzerain tchadien n’a plus assez de temps pour continuer à biberonner son vassal de Bangui. Ces derniers temps, le meurtre de quatre éleveurs tchadiens par un élément de la garde présidentielle de Bozizé vers Kabo est venu compliquer encore un peu plus la situation de Bozizé avec Déby. Aux dernières nouvelles, l’auteur de ces crimes aurait été exécuté sur ordre de Bozizé lui-même.

S’agissant de celui-là même qui l’a initié à la franc-maçonnerie, le congolais Denis Sassou Nguesso, selon certaines indiscrétions émanant du propre entourage de Bozizé, c’est à peine s’il le prend ces jours-ci au téléphone. C’est dire à quel point leurs rapports se sont refroidis depuis.

Même la France dont l’intervention à plusieurs reprises des mirages et des forces spéciales lui ont sauvé la tête est curieusement remerciée. Ses gendarmes affectés à la protection de la résidence de son ambassadeur à Bangui ont été maltraités par les gardes du corps de Bozizé le 14 juillet dernier sans que cela ait pu susciter quelques regrets que ce soit de la part de ce dernier, bien au contraire, il a rejeté la responsabilité de l’incident sur l’attaché défense de l’ambassade de France. Par une de nationalisation sauvage, Total, la première entreprise française en Centrafrique est purement et simplement priée de plier bagages sans autre forme de procès sous prétexte que son DG de Bangui n’aime pas Bozizé et le ministre des mines et des finances Sylvain Ndoutingaï.

L’entretien de Bozizé avec le nouveau secrétaire d’état français à la coopération Jean Marie Bockel, dépêché en catastrophe par son gouvernement pour tenter d’éteindre l’incendie s’est mal passé. Bozizé est resté campé sur ses positions et ses vérités. Malgré cela et selon des confidences faites par son ministre des affaires étrangères Côme Zoumara à des sources désirant garder l’anonymat, Bozizé a cru devoir l’envoyer à Libreville pour prier Omar Bongo Ondimba de solliciter une audience pour lui auprès de Nicolas Sarkozy lors de son bref passage au Gabon fin juillet dernier.

En si peu de temps au pouvoir, Bozizé a réussi à se brouiller avec presque tous ceux qui, aussi bien sur le territoire national qu’à l’extérieur de la RCA, ont été ses complices, l’ont aidé, soutenu, accompagné tout au long de son aventure politico-militaire de 2001, 2002 et 2003 visant à renverser le régime du président Patassé et à s’emparer du pouvoir. Aujourd’hui, il est comme au bout du rouleau et réduit à ne plus compter que sur les membres de son seul clan ethnique, abandonné qu’il est par la plupart de ses amis d’hier.

 

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La Banque Mondiale exhorte le gouvernement centrafricain à redoubler d’efforts
(APA 07/09/2007)


APA Bangui (Centrafrique) La Directrice des opérations de la Banque mondiale pour la République centrafricaine, Mme Mary Barton Dock, a déclaré, au cours d’un point de presse, jeudi à Bangui, que le gouvernement centrafricain a encore beaucoup à faire dans plusieurs domaines dont la sécurité, le rétablissement de la paix sociale, l’amélioration de la gouvernance, la mise en œuvre des reformes et le paiement des arriérés intérieurs et extérieurs.

"Il est bien entendu que le prochain rendez-vous important pour la RCA est la table ronde des bailleurs prévue en octobre 2007 et à laquelle la Banque Mondiale prendra une part très active, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Union Européenne’’, a affirmé Mme Barton Dock, à l’issue de sa visite en Centrafrique.

Selon la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RCA, de nombreux projets ont déjà fait l’objet d’une signature d’accord de don ou sont en cours d’exécution.

Elle a cité notamment un projet d’infrastructure urbaine de la ville de Bangui d’un montant de 18 millions de dollars US, la restructuration d’un projet concernant le VIH/SIDA pour un montant de 17,5 millions de dollars, ainsi que le projet régional de facilitation du transport et du commerce au sein de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) avec une contribution totale de l’IDA de 24 millions de dollars…

Selon Mme Braton Dock, la RCA a enregistré des avancées significatives ces dernières années dans le rétablissement de la coopération avec ses principaux bailleurs de fonds, avec l’apurement des arriérés dus à la Banque Mondiale et à la banque Africaine de Développement (BAD), la mise en œuvre de plusieurs reformes et la finalisation du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP).

Mme Barton Dock a réaffirmé l’engament de la banque Mondiale à travailler en étroite collaboration avec la RCA pour arriver au point de décision de l’initiative des Pays pauvres Très Endettés (PPTE), dossier qui sera examiné par le conseil d’administration de la banque Mondiale et du Fond Monétaire Internationale (FMI) les 27 et 28 septembre 2007.

«En travaillant ensemble à la mise en œuvre des reformes, l’amélioration de la gouvernance, la mise en œuvre des projets en cours et à venir dans les domaines des infrastructures, l’énergie, l’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture etc., nous pouvons accélérer la relance du développement économique du pays, afin d’améliorer rapidement les conditions de vie des populations centrafricaine», a–t-elle conclu.


SL/lmm APA
07-09-2007

 

© Copyright APA

Communication avec la presse: La Monuc plus renseignée sur la RDC que le gouvernement !
(Jean N’Saka wa N’Saka, Journaliste indépendant)

 

Le dernier rapport de la Mission des Nations Unies au Congo que Le Phare a reproduit sur quatre pages (7-8-9-10) dans son édition n° 131 du mercredi 08 août, démontre que la Monuc est plus renseignée sur la RDC que le gouvernement congolais. Elle est au parfum, jusque dans les moindres détails, de tout ce qui se passe dans les coins et les recoins reculés de la RDC. Dans ce document, la Monuc retrace, par le menu, la situation générale de l’ensemble du pays caractérisée par les violations des droits de l’homme et les exactions dont les auteurs sont des policiers et des officiers de la police, des soldats et des officiers de l’armée, ainsi que des magistrats.

Tortures, extorsions de biens, exécutions sommaires, tueries, viols, traitements cruels et inhumains, acquittements d’accusés reconnus coupables, l’apathie des autorités administratives locales concernant ces violences que commettent ceux qui sont supposés être les gardiens de la paix, les défenseurs de la patrie et les justiciers. La Monnuc indique avec précision les dates, les lieux, la nature des violences, les noms des victimes, l’identité des auteurs. On croirait se trouver dans la jungle, tant et si bien que le rapport ne mentionne nulle part la réaction d’une autorité quelconque contre ces horreurs et exactions.
Le village Nyabyshwa à 25 km au nord de Luke dans le Sud-Kivu ; des journalistes battus et maltraités à Mbuji-Mayi ; des femmes violées à Bunia ; exécutions à Minembwe; le village Kadimbu à Kabalo à 300 km de Kalemie au Katanga ; pillage par la Brigade Bravo à Kishero et Mushumba au Nord-Kivu ; Songomoyo au bord du Lac Albert en Ituri et Djugoth toujours en Ituri ; Butala à 28 km d’Ilebo au Kasaï Occidental ; Mahagi et Ngote dans la Province Orientale ; Angabo 34 km au sud-est de Mahagi ; Manzasay dans le Territoire de Bagata au Bandundu ; Bakwa-Tshinene à Katanda au Kasaï Oriental ; Kasongo au Maniema, Parc Kahuzi-Biega etc. aucune portion du territoire congolais, si mince comme un cheveu soit-elle, n’échappe à la Monuc. Elle ne se limite pas à constater les faits et à les consigner dans un document. Elle a hebdomadairement et régulièrement rendez-vous avec la presse. Chaque mercredi elle met les journalistes au courant, par briefing, de l’évolution de la situation générale en RDC leur propre pays. Elle leur donne un aperçu des événements quotidiens qui sont ensuite compilés dans un rapport complet. On dirait qu’en matière de communication avec la presse et de diffusion de l’information, la Monuc est plus avancée et plus renseignée sur la RDC que ne l’est le gouvernement congolais.
La démarche adoptée par la Monuc, même si elle a tendance à minimiser les faits si graves qu’elle signale, a ce double avantage de libérer l’information au lieu de la retenir ou de l’occulter, et de prévenir la rumeur, les conjectures et les spéculations. Quels sont ces moyens magiques dont dispose la Monuc et dont le gouvernement manque pour pouvoir évoluer en matière de communication avec la presse et de connaissance de qui se passe dans le pays ? La Monuc dispose d’agents de liaison partout dans le pays et d’un réseau de diffusion de l’information communément appelée « Radio Okapi ». Elle prend rendez-vous hebdomadairement avec la presse. Le gouvernement congolais n’a pratiquement rien à envier à la Monuc. Il a le monopole du réseau officiel de mass média avec des relais dans toutes les provinces du pays. Il a tout un bataillon d’autorités administratives et politico-administratives en permanence sur le terrain ; gouverneurs, commissaires de district, administrateurs de Territoire, chefs de cité ou de quartier, qui sont censés suivre la situation quotidiennement et lui en faire rapport régulièrement. Le gouvernement ne peut donc pas s’estimer moins loti que la Monuc. Surtout que c’est lui qui gère le pays et non la Monuc.

L’obsession de l’obscurantisme

Mais le problème git ailleurs. Le gouvernement devrait connaître toute la situation du pays mieux que la Monuc. Les autorités administratives et politico-administratives étant des fils du terroir, connaissant leurs juridictions comme leur poche, mieux que les représentants de la Monuc dont les sources mêmes d’informations sont curieusement des autochtones comme on le remarque dans son rapport. Les conseils des ministres (avec le chef de l’Etat) et les conseils de cabinet (avec le chef du gouvernement) son sporadiques. Et quand ils se tiennent, les comptes rendus faits à l’issue des réunions à l’attention du public, taisent même les faits devenus les secrets de Polichinelle. Même si ces faits sont déjà largement diffusés par les médias étrangers et la Monuc, le gouvernement ne cherche pas à se dédouaner en donnant une version officielle collant à la réalité. Ou bien on fait semblant d’ignorer systématiquement les faits devenus notoires, ou bien on les dénature étrangement, créant ainsi la confusion dans les esprits. La libération de l’information est un pas vers l’apparition de la démocratie dans un pays. Le contraire est caractéristique des régimes d’essence autocratique.
Soit le gouvernement est bien renseigné sur tout qui se passe dans le pays, mais opte pour l’obscurantisme, c’est-à-dire le refus délibéré d’informer franchement le public, soit ses cadres administratifs et politico-adfministratifs de l’intérieur sont distraits et ne suivent pas l’évolution de la situation dans leurs juridictions respectives pour l’en informer régulièrement en connaissance de cause. De ces deux hypothèses, c’est la première qui s’avère probable. Le gouvernement aurait avantage à sauver la face en prenant l’initiative de donner l’information vraie. Il se fait du tort en laissant cette initiative aux médias étrangers et à la Monuc qui publient les versions authentiques des faits, loin de rehausser la crédibilité du pouvoir en RDC. Comme par un effet d’entraînement, les défaillances du pouvoir ne manquent pas de se répercuter sur le secteur de la communication. J’ai vu et entendu dernièrement une représentante d’une organisation corporative internationale, sur le plateau d’une chaîne de télévision locale à Kinshasa, apprécier la croissance quantitative des médias audiovisuels et écrits en RDC mais déplorer que ce développement ne soit pas compensé par la qualité.
Même le public congolais n’est pas dupe. Par son jugement personnel critique et par ce qu’il apprend de la presse étrangère qu’il suit assidûment jour et nuit, il catalogue ses médias audiovisuels et écrits. Chaque matin devant les kiosques à journaux rudimentaires étalés à même le sol, il pointe l’index vers les manchettes et tous les articles à la Une. Il sait découvrir facilement ce qui est plus ou moins fondé et ce qui est purement imaginaire. La sévérité du jugement porté par la confrérie étrangère et le public congolais n’est pas excessive. Ce jugement est un constat parallèle à celui des déficiences professionnelles d’ordre déontologique et éthique que l’Omec, structure corporative de régulation et d’autorégulation, relève dans ses rapports périodiques d’observation. Les mêmes faiblesses mainte fois remarquées et dénoncées, réapparaissent sans cesse fastidieusement. Les guides conçus, élaborés, imprimés et distribués aux professionnels des médias ne semblent pas avoir été assimilés avec fruit par certains de leurs destinataires. Ce qui est vrai pour la presse, l’est aussi pour tous les autres domaines. C’est la preuve que la société progresse ou régresse par des effets d’entraînement du sommet au bas de l’échelle.

2007-08-16

omar-bongo.jpgBongo Ondimba maintient les fêtes tournantes boudées par l’opposition pour cause de mauvaise gestion (APA 17/08/2007)

APA Libreville (Gabon) Le président gabonais, Omar Bongo Ondimba a décidé, jeudi soir à Libreville, de relancer son initiative d’investir d’importantes sommes d’argent dans une province choisie pour accueillir les manifestations de la fête nationale alors qu’il a lui-même jugé ‘‘mitigés’’ les résultats obtenus après la première série des ‘’fêtes tournantes’’ de l’indépendance.

‘’Alors que toutes les provinces ont été visitées, je me rend compte que les résultats sont mitigés’’, a-t-il reconnu dans son message à la nation à l’occasion de la célébration ce vendredi du 47ème anniversaire de l’accession du Gabon, ancienne colonie française, à la souveraineté internationale, le 17 août 1960.

‘’Si certaines capitales provinciales ont vu se réaliser de vrais chantiers à la satisfaction des populations, d’autres par contre n’ont rien vu germer, à la grande déception de leurs habitants’’, a affirmé le président gabonais.

‘’Mais je dis et redis néanmoins que la politique des fêtes tournantes va se poursuivre’’ a-t-il dit, espérant voir se réaliser son rêve de développer de manière équitable les neufs provinces du Gabon.

L’opposition et même certains élus du camp présidentiel ont sévèrement critiqué les fêtes tournantes, dénonçant le mauvais choix des projets, la mauvaise exécution des travaux, la surfacturation, l’amateurisme et les détournements massifs de fonds.

L’initiative a été relancée en 2002. Deux provinces sur les neufs étaient à l’honneur chaque année. Chacune recevait une enveloppe de 25 milliards de FCFA. La province de l’Estuaire qui abrite Libreville, la capitale, a bénéficié d’une enveloppe de 100 milliards de FCFA pour avoir accueilli la caravane des fêtes tournantes en 2006 et 2007.

Dans son discours à la Nation, le président Bongo Ondimba a annoncé le maintien, par province, de l’enveloppe de 25 milliards CFA, dont 10 milliards CFA seront consacrés aux projets de développement durable alors que les 15 milliards restants seront repartis entre les chefs-lieux des départements.


AE/lmm APA
Démocratie en panne cherche nouveau souffle
(Camer.be 17/08/2007)


Comme l’avait dit un chef d’Etat, en Afrique, on n’organise pas une élection pour la perdre. Il a eu raison, il a raison. Les processus démocratiques en cours dans la quasi-totalité des Etats en Afrique offrent malheureusement de tristes exemples.

Ce qui était arrivé, une décennie, auparavant au Congo Brazzaville et au Bénin où les présidents Denis Sassou Nguesso et Mathieu Kérékou ont été battus lors de la présidentielle qu’ils ont organisée, est à considérer comme des accidents de l’Histoire. Les élections législatives et présidentielles organisées dans les différents Etats au cours de ces dernières années ont débouché sur la formation de parlements dominés par les partis présidentiels, ces partis majoritaires qui "soutiennent la politique des présidents en place."

Les cas les plus récents sont ceux du Congo Brazzaville et du Cameroun. Lors des législatives du 6 mai dernier, le parti du président Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) avait réalisé la même performance. Dès lors, les résultats des consultations électorales sont sans enjeu, parce que connus d’avance. Peut-être c’est par là qu’il faudrait commencer à chercher les raisons du peu d’intérêt de plus en plus grand des populations pour les scrutins où l’on enregistre après chaque élection des taux de participation étriqués, si minimes qu’ils permettent de douter de la légitimité des lauréats de ces scrutins.

L’idée qu’on a des démocraties africaines, c’est qu’elles constituent des marchés de dupes, essentiellement destinées à la consommation externe. En amont, les élections qui ont permis de les asseoir ont été elles aussi un grand marché où les projets les plus en vue sont les achats de conscience, la corruption, la falsification des résultats au profit du parti majoritaire, etc. La gestion de la chose publique qui en résultera se caractérise également par la corruption, la gabegie, et toutes sortes de pratiques et de comportements antidémocratiques et antirépublicains.

Dans un tel contexte, la démocratie africaine est confisquée. Par la suite, elle tombe en panne. Pour le reste, l’opposition est vouée aux gémonies et clochardisée, la presse bâillonnée, muselée. Les atteintes aux droits de l’homme deviennent légion, parce que les auteurs sont assurés de l’impunité garantie par une justice aux poings liés. Le pouvoir est omnipotent, omniprésent et omniscient. Il est intouchable, et tant qu’il le voudra, le parti au pouvoir le sera, ayant sophistiqué et légalisé toutes les méthodes de fraude, de vols des voix. L’usure du pouvoir est quelque chose que l’on ignore sous les Tropiques où c’est l’ère des présidences à vie.

L’espoir qui était né au lendemain du discours du président français François Mitterrand à La Baule en 1990 se meurt chaque jour davantage à cause des féroces agressions des dictateurs qui ont tôt fait de mettre leurs pays et leurs économies sous coupe réglée.

Les institutions internationales et certaines ONG, champions inquisiteurs en matière de démocratie, n’ont plus d’yeux ni d’oreilles, déjà très contents de maintenir ces pays dans les limites de la survie économique pour qu’ils puissent payer l’argent qu’ils leur doivent au titre de la dette. Une dette qui a parfois moins servi au financement du développement que pour asseoir des dictatures. Ces institutions, cyniquement, semblent les encourager dans leur entreprise funeste.

Quelle place une opposition peut-elle occuper face à un tel pouvoir dominant et accapareur ? Quel jeu peut-elle jouer et devra-t-elle jouer ? Disons-le tout de suite : une opposition crédible et respectée est à la démocratie ce qu’est la sève à l’arbre. Un parti majoritaire n’a de sens que si à côté de lui, il y a une opposition significative. Un parti majoritaire n’a pas de signification avec une opposition résignée. En l’absence de celle-ci, on a affaire à une dictature, propre au parti unique.

La démocratie supposant dialogue et négociation, il faut au minimum être à deux pour le faire. Dans le cas d’un parti outrancièrement majoritaire, ce dernier ne peut avoir que l’écho de sa propre voix. Pour rire, il faut qu’il se chatouille. L’absence d’une opposition, et l’impossibilité pour le parti majoritaire de satisfaire tous ses militants, engendrent infailliblement frustrations et complots. Dans ses tentatives de les évacuer, le parti majoritaire africain est contraint de procéder à une recomposition du paysage politique. C’est du moins ce qu’il dit. Mais il arrive que le contrôle de ces forces centrifuges lui échappe et c’est l’explosion, née de l’implosion.

Les rébellions qui naissent partout dans le monde ont pour principale raison la volonté de briser l’accaparement du pouvoir par une majorité ou par une minorité. Nombre de pays ont connu ces soubresauts qui ont emporté les partis uniques. Les grands mouvements de contestation et de revendication ont dans la plupart des cas, créé le multipartisme qui a coïncidé avec l’époque d’après le discours de La Baule. Cette période est sur le point d’être balayée par les dictatures et les présidences à vie. La démocratie dans la presque totalité des Etats africains se trouve présentement en panne. Elle a besoin d’un nouveau souffle, mais d’où viendra ce souffle ?

© lefaso.net : ’Le Fou"

 

 

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