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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 00:29
Intervention du MLC en République centrafricaine: La CPI resserre l’étau sur JP Bemba / Tous les calculs politiques de JP Bemba ont coulé à pic
(L'Avenir Quotidien 23/05/2007)


*La Cour Pénale Internationale a décidé hier d’ouvrir l’enquête sur les évènements d’octobre 2002 à mars 2003 en République centrafricaine qui ont mis aux prises les éléments du MLC aux rebelles du Général Bozizé qui tentait de prendre le pouvoir du président Ange Felix Patassé. *Cela est la suite logique des plaintes de plusieurs victimes civiles déposées contre les soldats de Jean Pierre Bemba accusés d’atrocités sur ces populations centrafricaines ; même si l’enquête de la CPI ne vise personne en particulier, il ne fait aucun doute que l’ancien Vice président congolais JP Bemba est le principal suspect et qu’il sera très certainement traduit devant la CPI, comme Thomas Lubanga. *Le passé politique tumultueux de JP Bemba est donc entrain de le rattraper, et son avenir politique paraît définitivement compromis. Le Procureur Luis Moreno-Ocampo est formel : la CPI sera implacable pour faire appliquer l’article 53 du Statut de Rome, en vue de dissuader les adeptes de la violence au service des ambitions politiques et de rendre justice aux milliers de victimes traumatisées à vie.

L’enquête du Procureur Luis Moreno-Ocampo de la Cour Pénale Internationale de la Haye sur la République centrafricaine est entrain de se matérialiser. Cette décision parfaitement irrévocable a été prise hier mardi 22 mai 2007 ; elle fait suite à une appréciation en profondeur par la Cpi, des évènements qui se sont passés dans ce pays au cours des années 2002 et 2003. Les évènements qui justifient aujourd’hui l’intervention de la Cour Pénale Internationale de justice ont eu lieu entre 2002 et 2003 en Centrafrique pendant le règne du président Ange Felix Patassé, l’homme à la barbe blanche et au parler saccadé.

Politiquement parlant, la Centrafrique est un des pays les plus instables d’Afrique. Depuis son indépendance ce pays a connu pas moins de sept présidents de la République, avec comme mode préféré d’accession au pouvoir, les coups d’Etat et les révolutions de palais. Donc en octobre et novembre 2002 la rébellion du Général Bozizé ancien chef d’Etat Major de l’armée, est aux portes de Bangui et menace de prendre d’assaut le palais présidentiel. Le régime Patassé est voué à une mort certaine, d’autant que la France, traditionnel allié de la Centrafrique semble ne pas vouloir intervenir. C’est alors que le tombeur de Kolingba fait appel au chef rebelle congolais Jean Pierre Bemba, qui campe avec ses troupes de l’autre côté des rives de l’Oubangui. Ce dernier qui combat le pouvoir en place dans son propre pays, la République Démocratique du Congo, est un des parents du président Patassé, ce qui l’oblige à se porter à son secours.

Une intervention d’une brutalité inouïe

L’intervention a lieu mais ceux qu’on appelle à Bangui « les Banyamulenge » n’y vont pas avec le dos de la cuillère. D’après les informations récoltées par la Cpi, en cinq mois de présence à Bangui, les éléments de Jean Pierre Bemba ont violé plus de 600 personnes, jeunes hommes, femmes, personnes âgées des deux sexes souvent dans des circonstances extrêmement graves – comme de violer les femmes en public, d’obliger les proches parents des victimes à y prendre part sans compter les pillages et les assassinats innombrables.

Les conséquences des crimes commis sur la terre centrafricaine par les éléments du congolais Jean Pierre Bemba, sur le plan social sont tout simplement dévastatrices, puisque de nombreuses victimes ont été indexées par leurs familles et bannies de la société, et qu’un nombre très important d’entre elles est aujourd’hui atteint de sida. La RCA est un Etat partie à la CPI depuis le 3 octobre 2001, date à laquelle le gouvernement de ce pays a signé le Statut de Rome qui est l’acte fondateur de la Cour Pénale Internationale. Mais bien que les crimes soient commis sur son territoire, leur ampleur ne permet pas à ses instances judiciaires de traiter l’affaire sur place, en Centrafrique.

Le dossier a donc été transmis de la façon la plus régulière à la CPI par la RCA avec tous les renseignements relatifs aux allégations de crimes et aux procédures engagées par la justice nationale. C’est en toute connaissance de cause que la CPI a jugé recevables les affaires ayant trait aux enquêtes menées et par la CPI en novembre 2005 et par la partie centrafricaine au lendemain des ces évènements. Ces derniers ont suscité au moment de leur commission, un effroi mêlé de fascination dans le chef des congolais en proie à la guerre civile, et dont Jean Pierre Bemba était un des fers de lance.

On aurait dit que cantonné dans sa province de l’équateur, le chef du Mouvement de libération du Congo entendait donner libre cours à ses mauvais instincts dans un autre conflit, beaucoup plus facile pour lui. Jean Pierre Bemba a incarné en Centrafrique le dicton qui affirme que les Africains ne connaissent que deux sortes de combat : le massacre et la fuite. Les milliers de civils centrafricains qui ont été sauvagement assassinés par des étrangers dans leur pays, n’avaient même pas compris pourquoi ils mouraient, car ils n’étaient pas des rebelles armés. Même le président Patassé qui avait appelé au secours, semblait décontenancé par la férocité de son protecteur congolais. Il s’est senti soulagé quand les rebelles de Bozizé ont été vaincus cette fois, et que JP Bemba est rentré dans son fief ; mais le mal était déjà fait, et les « exploits » des hommes de l’ancien Vice président congolais en Centrafrique ne pouvaient plus être ignorés par l’opinion publique, et partant par la justice internationale.

Tous les calculs politiques de JP Bemba ont coulé à pic

Tout homme politique autre que Jean Pierre Bemba aurait regardé à deux fois avant de plonger tête baissée dans le bourbier centrafricain. Les dividendes de cette intervention musclée ne sont jamais allées au de là des butins traditionnels des pirates professionnels. Rien à voir avec la fortune personnelle de M Bemba. Les observateurs pensent que Jean Pierre Bemba qui n’en était pas à une exaction près, s’était dit qu’il ne risquait pas grand-chose en s’attaquant aux populations civiles centrafricaines dont le pays était l’un des plus pauvres du monde. Il a en outre été convaincu de la victoire de son combat dans son propre pays qui devait théoriquement lui assurer une immunité à vie.

Quant à ses hommes armés habitués à ne pas être payés par le Chairman, ils étaient trop contents de faire d’une pierre deux coups : se servir sur les civils centrafricains et donner libre cour à leurs mauvais instincts dans l’impunité la plus totale. D’une certaine façon le Seigneur a exaucé leurs vœux, car ils risquent moins de subir les rigueurs de la justice de la même manière que leur président sur qui est désormais suspendue l’épée de Damoclès de la justice internationale. Celle-ci sera implacable, selon les propres termes du Procureur Moreno de la CPI, pour donner aux apprentis sorciers de la violence politique l’envie de ne pas suivre l’exemple de Jean Pierre Bemba. Tous ces calculs, fruit du mauvais génie de l’homme à l’ambition mégalomaniaque, n’ont eu aucun effet sur la recevabilité des plaintes de nombreuses victimes centrafricaines, si ce n’est de retarder un peu la marche de la justice en ayant l’élégance de ne pas contrarier les élections organisées en RDC par une enquête criminelle qui aurait pu donner l’impression de viser un des protagonistes de ces scrutins.

Toutes les analyses convergent vers la même conclusion : l’intérêt de la justice est grand dans cette malheureuse affaire qui rejoint d’autres du même genre qui sont imputées à JP Bemba tout au long de sa carrière politique. Il est vrai qu’à ce stade, l’enquête ne vise encore personne en particulier, mais est plutôt axée sur la collecte des renseignements qui prouveront la culpabilité de l’un ou l’autre protagoniste de ce conflit. Mais ce n’est même pas un secret de Polichinelle, ni un secret tout court de penser que Jean Pierre Bemba sera inculpé, arrêté, jugé et condamné comme l’auteur intellectuel des crimes commis par ses hommes. Il sera même plus condamné que son protégé Ange Felix Patassé bien au chaud dans son exil Togolais. Dans tout cela il est bien que les victimes soient dédommagées, et que l’effet soit le plus dissuasif possible sur ceux qui seraient tentés d’être des émules de Jean Pierre Bemba.

L’Avenir


Tous les calculs politiques de JP Bemba ont coulé à pic

Tout homme politique autre que Jean-Pierre Bemba aurait pu regarder deux fois avant de plonger tête baissée dans le bourbier centrafricain.
Les divi­dendes de cette intervention musclée ne sont jamais allées au-delà des butins traditionnels des pirates professionnels. Rien à voir avec la fortune per­sonnelle de M. Bemba. Les ob­servateurs pensent que Jean Pierre Bemba, qui n’en était pas à une exaction près, s’était dit qu’il ne risquait pas grand-chose en s’attaquant aux populations civiles centrafricaines dont le pays était l’un des plus pauvres du monde. Il a en outre été con­vaincu de la victoire de son com­bat dans son propre pays qui devait théoriquement lui assu­rer une immunité à vie.

Quant à ses hommes armés habitués à ne pas être payés par le Chairman, ils étaient trop contents de faire d’une pierre deux coups : se ser­vir sur les civils centrafricains et donner libre cour à leurs mauvais instincts dans l’impu­nité la plus totale. D’une certaine façon le Seigneur a exaucé leurs vœux, car ils ris­quent moins de subir les rigu­eurs de la justice de la même manière que leur président sur qui est désormais suspendue l’épée de Damoclès de la jus­tice internationale.

Celle-ci sera implacable, selon les propres termes du Procureur Moreno de la CPI, pour donner aux apprentis sor­ciers de la violence politique l’envie de ne pas suivre l’exemple de Jean Pierre Bemba. Tous ces calculs, fruit du mauvais génie de l’homme à l’ambition mégalomaniaque, n’ont eu aucun effet sur la recevabilité des plaintes de nombreuses victimes centrafricaines, si ce n’est de retarder un peu la mar­che de la justice en ayant l’élé­gance de ne pas contrarier les élections organisées en RDC par une enquête criminelle qui aurait pu donner l’impression de viser un des protagonistes de ces scrutins. Toutes les analy­ses convergent vers la même conclusion : l’intérêt de la jus­tice est grand dans cette mal­heureuse affaire qui rejoint d’autres du même genre qui sont imputées à JP Bemba tout au long de sa carrière politique. Il est vrai qu’à ce stade, l’en­quête ne vise encore personne en particulier, mais est plutôt axée sur la collecte des ren­seignements qui prouveront la culpabilité de l’un ou l’autre pro­tagoniste de ce conflit.

Mais ce n’est même pas un secret de Polichinelle, ni un secret tout court de penser que Jean Pierre Bemba sera inculpé, arrêté, jugé et condamné comme l’auteur intellectuel des crimes commis par ses hommes. Il sera même plus condamné que son protégé Ange Félix Patassé bien au chaud dans son exil togolais. Dans tout cela il est bien que les victimes soient dédommagées, et que l’effet soit le plus dissuasif pos­sible sur ceux qui seraient ten­tés d’être des émules de Jean Pierre Bemba.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans JUSTICE
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