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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 15:29

14 Juillet 07- Le 21e siècle requiert une nouvelle approche. L’Afrique doit s’y mettre

samedi 14 juillet 2007 : Le 21e siècle requiert une nouvelle approche. L’Afrique doit s’y mettre. Par Dr Djimé Adoum, tchadnews.info
Pour autant que les vieilles habitudes sont difficiles à abandonner, il est temps que l’Afrique fasse autrement. D’une manière générale, le continent africain n’a pas pu profiter du dernier millenaire. Bien que certains pays ont enregistré quelques progrès dans la démocratie, la bonne gouvernance, la gestion transparente de la chose publique et le développement, beaucoup des pays occupent les derniers rangs par rapport aux indices de développement humain, surtout les pays qui sont dirigés par des dictateurs. Les expériences enregistrées çà et là ne sont pas de nature à attenuer la crainte des peuples. Celle de la jeunesse est encore plus accablante, surtout leur expérience liée aux images qui font la Une des medias – jeunes africains (sénégalais, congolais, maliens, etc) récupérés par les bateaux de pêche espagnols dans les eaux marocaines. Cette jeunesse qui est prise dans un tourbillon de misère et abandonnée à son sort trouve plus défiant de mourir en cherchant ailleurs que de suffoquer dans les pays d’origine. Naturellement cet état de chose doit préoccuper à plus d’un titre. C’est ce qui a poussé le Président de la Commission de l’Union Africaine (UA) le Professeur Alpha Oumar Konaré à s’exprimer en termes très amers lors du sommet de l’UA en 2006 à Banjoul en Gambie :
« Les images terribles, dramatiques, choquantes, révoltantes, bien réelles de milliers de jeunes africains allant à l'assaut des côtes européennes nous interpellent et nous obligent à nous impliquer dans ce dossier.
Ces images illustrent le désespoir de la jeunesse africaine en même temps qu'elles expriment leur volonté de refuser la situation actuelle et leur volonté de se battre.
Prenons garde : ces images violentes sont porteuses de violences. La situation est grosse de toutes les violences.
Elle nous interpelle pour lutter contre les causes structurelles de la pauvreté, pour mettre en oeuvre les programmes de création de richesses et de promotion de l'emploi tels que recommandés par le Sommet extraordinaire sur l'emploi et la réduction de la pauvreté, tenu à Ouagadougou au Burkina en septembre 2004, conformément aux attentes des jeunes, conformément aux promesses faites aux jeunes. »
Revenons à la semaine du 5 au 13 juillet 2007 et passons en revue les dernières nouvelles peu flateuses qui circulent sur les toutes les antennes. Au lieu que les dirigeants africains prennent conscience de cette situation décrite en termes clairs par le Professeur Konare, c’est le contraire et l’arbitraire qui dominent dans beaucoup de pays. Citons quelques unes de ces expériences: la frustration des populations de la région pétrolière du Delta au Nigeria entraîne une rébellion armée qui prend en ôtage les travailleurs des compagnies pétrolières que ces populations accusent d’ignorer leur état de misère. Ces enlèvements ont atteint le summum ces derniers jours quand les bandes armées ont enlevé la jeune Margaret Hill agée de 3 ans dans le Delta du Niger à Port Harcourt. Un jeune garçon de 2 ans a été aussi enlevé et relâché dans les mêmes conditions que Margaret Hill. Des escarmouches ont lieu en République Centrafricaine. Guillaume Soro, premier ministre de la Côte d’Ivoire a échappé de justesse à un attentat contre sa vie. La situation socio-politico-économique n’augure rien de bon au Zimbabwe. L’inflation galopante de 4000 pourcent entraîne avec elle le refus des hommes d’affaires d’obtempérer aux mesures draconiennes prônées par « Tonton Bob. » Plus de 1300 hommes d’affaires et hommes politiques (rfi et bbc) incarcérés par le régime Mugabe parce qu’ils ont réfusé d’accepter les prix imposés par le régime. Les élections législatives au Congo Brazzaville se passent dans un climat de comédie qui n’amuse personne. Condamnation à mort de 38 membres de l’opposition en Ethiopie ayant crié à la fraude lors des élections de 2005 – élections contestées et qui ont occasionné 193 morts (rfi et bbc). Guerres fratricides au Soudan, au Tchad, en République Démocratique du Congo, en RCA, avec ses corollaires d’exploitation anarchique des ressources tant humaines que matérielles. Enfin bataille rangée entre la police régulière et la police portuaire à Monrovia, au Liberia.

Ces images donnent la mesure de l’enlisement du continent qui ne semble pas sortir de l’ornière. Les propos tenus par le Professeur Konaré lors du dernier sommet de l’UA à Accra en juillet 2007 sont encore révélateurs. Il nous apprend qu’il manque un minimum de confiance et de solidarité dans les instances dirigeantes de l’Afrique. Par rapport aux enjeux et aux besoins pressants des populations, il craint que les dirigeants africains « risquent de tourner en rond » Bien que ces propos montrent sa frustration par rapport au débacle autour du concept des Etats-Unis d’Afrique, il ressort de ce constat que les dirigeants africains n’iront pas loin s’ils font cavaliers seuls. Selon les termes du Président de la Commission, ceux qui voudront faire chemin seuls « iront tout droit au mur. »

Revenons maintenant aux exigences du 21e siècle. Les cinquante années d’indépendance sont riches d’expériences avec des résultats très variés à travers le continent. Certains pays ont finalement réussi à émerger de l’informel et ont réussi à établir un état de droit, de bonne gouvernance et de gestion orthodoxe des deniers publiques. D’autres s’enfoncent dans les dictatures et les présidences à vie avec les résultats que nous connaissons bien : déliquescence et corruption généralisée. L’Organisation de l’Unité Africaine a fait place à l’Union Africaine. Les expériences recueillies des deux derniers sommets ne sont pas de nature à rassurer le citoyen africain de la capacité des dirigeants africains à concevoir et mettre en application des mesures et outils nécessaires pour mieux compétir au 21e siècle. Il est temps que les dirigeants africains prennent conscience du fait que sans la participation active de la population, il est peu probable que l’on puisse enregistrer des progrès. L’absence de participation massive au jeu démocratique « n’est pas une bonne chose. » Il faut impliquer les populations africaines au nom desquelles beaucoup de dettes ont été accumulées sans résultats palpables. Le fait que les gouvernements n’aient pas de compte à rendre aux peuples sur leur gestion des ressources entraîne la déliquescence qui a pour conséquence la fuite des jeunes pour la recherche de meilleurs pâturages, ailleurs.

Qu’est-ce qui pourrait aider dans la mise en place des stratégies susceptibles d’aider les pays africains pour le 21e siècle : Pour mieux apprécier la signification de ce qui suit, remontons au Sommet de l’Union Africaine qui a eu lieu à Addis Abeba le 6 juillet 2004 et situons-nous par rapport à la phrase prononcée par le Président de la Commission de l’UA, le Malien Alpha Oumar Konare qui s’exprimait face à ses pairs en ces termes : « le manque de solidarité, de développement socio-politico economique, et le manque d’un monde juste et équitable conduira à la destruction ultime du contient Africain. »



Quelques lueurs d’espoir : L’élection du Président Sarkozy en France est une bouffée d’oxygène pour la démocratie. Il a maintes fois répété durant la campagne que les vieilles méthodes d’amitiés avec les dictatures seront révolues. Les jeunes africains, surtout francophones, attendent beaucoup de lui dans ce sens.

Les militaires mauritaniens ont fini la transition et ont organisé des élections dignes de fois. Les civils sont à la commande de la chose publique. Le président mauritanien s’est rendu au Sénégal pour revoir le problème des négro-mauritaniens qui se sont réfugiés au Senegal. C’est une action salvatrice et restoratrice de la dignité de ces mauritaniens. Leur retour dans leur bercail mettra fin à une épisode très difficile dans l’histoire de la Mauritanie.

Le parlement nigerien a réussi a déboulonner le premier ministre Amadou Hama. Au Tchad, le parlement a refusé de voter la loi d’habilitation qui devait permettre au Gouvernement de légiférer par ordonnance durant les vacances parlementaires. Ces quelques exemples méritent, non seulement d’être émulés pour aider à rétablir l’équilibre et redonner la chance aux gouvernés et aux gouvernants africains de se munir des outils susceptibles de faciliter la mise en place des mécanismes adéquats pour le 21e siècle, mais doivent être applaudis et encouragés. L’Afrique n’aura de véritable chance de s’en sortir que lorsque les peuples africains pourront demander des comptes à leurs dirigeants. Le salut est à ce prix.

 

Source: Alwihda - Alwihda

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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