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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 14:36
Bac centrafricain : Les apprentis bacheliers camerounais divisent les autorités de Bangui
(Le Messager 08/08/2007)


Le torchon brûle entre le ministre de l’Education nationale, Charles Armel Doubane et son directeur de cabinet, André Dénamssekété au sujet des candidats camerounais, venus composer dans l’illégalité le Bac centrafricain.

“J’accuse Charles Armel Doubane de tremper dans une affaire qui n’honore pas notre prestigieuse institution ”, dénonce André Dénamssekété, directeur de cabinet (Dircab) au ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le Dircab, très en colère, rend ainsi littéralement son chef hiérarchique responsable numéro un du calvaire des candidats camerounais venus composer les épreuves du Bac à Berbérati, principale ville de la préfecture de la Mambéré Kadeï, frontalière du Cameroun.
L’effectif de ces jeunes camerounais, friands de parchemins, est toujours matière à débat : 25 selon la direction des examens et concours (Dec), plutôt 27 selon le ministre Doubane, lors d’une conférence de presse organisée le 4 courant, à Bangui. Arrivés à Berbérati, juste à la veille du démarrage du Bac, programmé le 11 juillet 2007, ces élèves de l’Institut Ndi Samba (Cameroun), n’ont réussi à composer que les trois dernières matières. Ceci, après moult tractations. La directrice de la Dec, Mme Giselle Nam, n’a pas compris pourquoi “ ces Camerounais dont les noms ne figurent pas sur la liste des candidats réguliers ” ont pris part aux examens. Son institution avait pourtant donné des instructions fermes relatives au renvoi des candidats camerounais chez eux. Comme réponse, le préfet sortant de la Mambéré-Kadeï, Elie Ouefio, le proviseur du lycée de Berberati, Jean-Sosthène Dengbé et le président du centre d’examen, l’universitaire Silla Sembella ont déclaré, dans un rapport publié le 12 juillet dernier, avoir reçu l’ordre de la part du Dircab de faire composer ces candidats camerounais qui étaient sur le point de rentrer au bercail.

Affaire de gros sous
Acculé, André Denamssekété a décidé de briser le silence pour répondre “ coup par coup ” à toutes les accusations proférées contre sa personne. Dans une note (douze pages) intitulée “ Clarification au sujet des candidats camerounais du centre d’examen de Berberati ”, l’homme tient des propos fracassants à l’égard de son ministre qu’il considère comme responsable de cette cacophonie. “ J’accuse Charles Armel Doubane, ministre de l’Education nationale de tremper dans une affaire qui n’honore pas notre prestigieuse institution ”, souligne le Dircab qui présente, chiffre à l’appui, le montant de l’argent glané auprès des candidats camerounais.
Selon sa révélation, un certain Jean de Dieu Bitomo Akono, convoyeur des élèves camerounais, a déboursé, pour chacun de ses poulains, la somme de 270 000 francs Cfa. Soit 50000 pour le traitement de dossier et 220000 francs pour le suivi et succès de ses compatriotes. Toujours selon le Dircab, le contrat de “ ce marché sous régional de baccalauréat ” a été conclu, depuis février dernier, entre Mme Marie Mimboe, directrice de l’Institut Ndi Samba et le ministre Doubane en marge d’une mission de Cames à Yaoundé. Dans la foulée, le membre du gouvernement aurait également accepté la demande du consul de Centrafrique à Garoua, à savoir: faire composer sur le territoire centrafricain les candidats de cette ville du nord cameroun. “ Ces élèves ont composé dans d’autres centres d’examen des villes de l’Ouest de Centrafrique notamment Bouar, Bokaranga et Carnot ”, soutient Denamssekété.
Charles Armel Doubane indique n’avoir “ à aucun moment empoché le pécule des élèves camerounais”. Mais son Dirbac persiste et signe tout en revenant sur un précédent ayant opposé, il y a un an, le même membre du gouvernement à son ministre délégué, Aurélien Zingas, qui aurait bouffé seul les 15 millions de francs Cfa versés par les candidats camerounais.

Tournure politique
Ce que l’on pourrait qualifier “ affaire des candidats camerounais ” prend une proportion de plus en plus politique. La presse s’en empare et en fait un sujet de grande préoccupation. Si le Dircab agite sans vergogne et sans moindre retenue l’épouvantail de la menace contre son ministre, cadre d’un parti de l’opposition, c’est qu’il n’a peur de rien. Président du Front national démocratique (Fnd), l’une des formations de la mouvance présidentielle, en même temps neveu du président François Bozizé, le Dircab ne va pas par du dos de la cuillère pour dénoncer les présumés accointances de Doubane avec la rébellion, ses agissements contre le régime de Bangui et le ministre des Finances, le lieutenant colonel Sylvain N’Doutingaye. Et ce n’est pas tout, il s’en est également pris au préfet sortant de la Mambéré-Kadeï, Elie Ouefio, un autre parent du chef de l’Etat qu’il accuse de transposer sur le terrain administratif des rivalités qui rongent le clan présidentiel.
Décidemment, les dossiers des candidats camerounais n’en finissent pas de faire couler encre et salive en Centrafrique. Pas plus tard qu’en août 2006, les épreuves du baccalauréat centrafricain ont été organisées dans l’illégalité à l’Institut supérieur d’informatique et de gestion (Isig) de Douala. Cité dans cette affaire, le ministre délégué à l’éducation nationale de l’époque, Aurélien Zingas sera limogé avant d’être nommé conseiller à la présidence de la République.
Pendant que les élèves camerounais attendent leur sort, à Berbérati, Giselle Nam, interrogée sur cette question, a menacé de déposer une plainte en bonne et due forme contre ceux qui sont impliqués dans cette sale affaire.



Par Atchang Atchang
Le 08-08-2007

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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