Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 23:41
Déception, impatience et frustration, le camp de Bozizé au bord de l’implosion
(Centrafrique-Presse 10/08/2007)


En confiant à son neveu Sylvain Ndoutingaï déjà en charge du très convoité ministère des mines l’important ministère des finances et du budget, Bozizé a déclenché contre lui la hargne relativement contenue jusqu’ici, de ses propres partisans et thuriféraires coalisés dans la fameuse Convergence Kwa na Kwa, organe crée la veille des présidentielles de 2005 pour assurer sa victoire et dont certains initiateurs s’estiment mal ou non récompensés jusqu’à présent. A l’instar d’un certain Bengué Bossin qui vient de se fendre d’une longue lettre ouverte adressée à Bozizé publiée dans les colonnes d’un quotidien de Bangui, la majorité présidentielle de Bozizé traversée et est minée depuis longtemps de contradictions qui éclatent à présent au grand jour accusent ouvertement Bozizé de « dérives tribalistes », de ne nommer que ses parents et les membres de son clan aux postes importants dans l’appareil de l’état, bref de n’avoir fait le coup d’état contre Patassé que pour se remplir les poches. Le malaise né des déceptions et frustrations post victoire électorale est maintenant étalé sur la place publique, notamment dans les journaux de la place. Le sulfureux personnage de Bengué Bossin s’était naguère illustré en vain du temps du président Patassé par une prétendue grève de la faim afin de réclamer un poste. Le voilà encore en train de se rappeler aux bons souvenirs de Bozizé, toujours l’espoir d’un poste.

La virulence des critiques de ces assoiffés de postes est à la hauteur de leurs espoirs déçus et leurs frustrations jusqu’ici réfrénées. Le gâteau étant très petit, ceux qui s’estiment n’avoir pas reçu leur juste part alors qu’ils croient avoir grandement œuvré et contribué à la victoire de Bozizé ruent maintenant dans les brancards. Bengué Bossin citent même quelques noms de ceux-là qu’il considère ou qui se considèrent eux-mêmes comme des personnalités compétentes de la galaxie KNK susceptibles d’occuper les postes auxquels Bozizé est précisément accusé de ne pas vouloir les y nommer ou plutôt de n’y désigner que les siens. Les frustrés et déçus du bozizisme vont même jusqu’à donner raison à la résistance armée qui accuse Bozizé de n’avoir renversé Patassé que pour s’enrichir, lui et les siens. Après Bozizé, ces délaissés du bozizisme en veulent particulièrement à Elie Doté traité de voleur car sa désignation comme premier ministre au lendemain de la victoire électorale de Bozizé - qu’ils revendiquent comme leur appartenant d’abord – leur est toujours restée en travers de la gorge. De surcroît, lorsqu’ils apprennent aujourd’hui que le même Elie Doté qui n’est pas de leur camp mais plutôt un usurpateur - naguère présenté comme homme providentiel par Bozizé afin de contenir les ambitions de ceux de son clan qui aspiraient à la fonction de premier ministre et mieux les écarter de la course – s’en est mis plein les poches depuis deux ans, leur amertume en est d’autant plus grande.

Après Wafio qui s’était servi des preuves de cupidité de Elie Doté qu’il avait patiemment réunies lorsqu’il dirigeait le trésor public afin de demander à Bozizé de ne pas l’oublier, c’est maintenant le tour de Bengué Bossin de vider son sac à Bozizé. Après avoir fait juste un petit tour dans le cabinet du Pr Abel Goumba, le truculent personnage de Bengué Bossin n’en pouvait plus de demeurer éternellement sur le carreau. C’est pourquoi il a pris sa plume pour plaider la cause d’un certain nombre qu’ils sont qui, malgré leur ferme soutien à Bozizé après son putsch de 2003 et lors de la campagne électorale de 2005, il ne voient toujours pas midi à leur porte. Pour ces messieurs très imbus de leur personne, l’avenir de la République centrafricaine se mesurerait à l’aune des postes qu’ils pourraient occuper dans l’appareil de l’état. C’est un crime de lèse-majesté que commet Bozizé en continuant ainsi de les ignorer.

Pourtant, pour certains d’entre eux, comme Bengué Bossin qui a un certain passé judiciaire voire pénitentiaire en France, ni les grèves de la faim ni le nombre de page des lettres ouvertes ni les réflexions écrites dans les journaux, ni les décibels qu’ils pourront émettre ne changeront rien à leur situation. Ils doivent assumer leur opportunisme et leur errements politiques coupables.

 

© Copyright Centrafrique-Presse

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES