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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 09:48

L’Etat centrafricain est-il condamné au remplissage du tonneau des Danaïdes ?

 

 

  La situation financière de l’état centrafricain est si désastreuse que les autorités de Bangui sont littéralement prises à la gorge. D’où l’idée qui leur était venue dans la tête de lancer un emprunt obligataire, idée qu’elles ont dû immédiatement avaler pour plusieurs raisons dont surtout celle d’être incompatible avec le programme souscrit avec les institutions de Bretton Woods, lequelles leur ont fait clairement et fermement savoir leur opposition. Bangui cherche donc un peu partout mais vainement de l’argent frais à injecter dans la machine.

C’est ainsi que Bozizé a décidé depuis lors de présider personnellement les comités de trésorerie et de jouer lui-même l’ordonnateur de dépenses de l’état mais tout cela n’est pas suffisant. Il s’est récemment rendu en Guinée équatoriale où selon nos sources, il aurait sollicité un prêt de 10 milliards de f CFA au président du nouvel eldorado pétrolier de l’Afrique centrale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Toujours d’après nos sources d’information, le tout fringant ministre des finances et du budget, sieur Sylvain Ndoutingaï serait encore présentement à Malabo pour tenter d’obtenir ce pactole et le ramener à Bangui.


Pourtant aussi paradoxal que cela puisse être, une forte délégation de financiers du FMI, de la Banque mondiale et de la BAD est actuellement sur le terrain à Bangui afin de procéder à une énième revue de la situation économique du pays. Toujours l’éternel problème du niveau déplorable des recettes et des considérables dépenses de l’état. La question du code minier et de la gestion de ce département ainsi que le fonctionnement du secteur des douanes est aussi au programme de cette mission des bailleurs de fonds.


Les autorités de Bangui se plaignent très souvent de n’être pas aidées par la communauté internationale malgré les efforts qu’elles ne cessent de déployer. Or depuis le coup d’état du 15 mars 2003 jusqu’aujourd’hui, certains experts se sont amusés à chiffrer le montant total des subventions, dons, annulation de dettes et autres aides budgétaires directes que le régime de Bozizé a reçus, tant des partenaires bilatéraux que multilatéraux. Ils s’élèvent à environ 160 milliards de F CFA ! Excusez du peu ! C’est un véritable record. Aucun régime n’a été autant aidé par la communauté internationale que celui de Bozizé mais celui-ci continue de se lamenter. Une question vient immédiatement à l’esprit. Qu’a-t-on fait de cette manne financière sinon où se trouve-t-elle ?


Malgré cela, l’état centrafricain doit rembourser à la BEAC deux fois 12 milliards de F CFA soit 24 milliards de F CFA en tout au taux d’intérêt de 8% au titre de prêts exceptionnellement consentis à deux reprises par les chefs d’état des pays membres de la CEMAC pour aider la RCA à s’en sortir. Pas un kopeck n’a été jusqu’à présent remboursé à la BEAC en dépit du moratoire sollicité et obtenu par l’état centrafricain.


Aux trois banques de la place à Bangui, le trésor centrafricain doit environ 18 milliards de F CFA à un taux d’intérêt de 15% sans compter une autre dette de 5 milliards de F CFA contractée auprès de la CBCA par le Premier ministre Elie Doté, lequel n’a d’ailleurs toujours pas signé à ce jour, la convention de prêt avec ladite banque. Sans les intérêts de ces dettes, nous voilà allègrement déjà à 47 milliards de F CFA. Si jamais la Guinée équatoriale consent à accorder encore le prêt de 10 milliards de F CFA sollicité par Bozizé, cela nous portera à 57 milliards de F CFA.

Où va-t-on ? Les tenants du pouvoir à Bangui ont-elles conscience du poids de cet endettement qu’ils sont en train de faire porter aux futures générations appelées à prendre la relève ? Il est malheureusement permis d’en douter.  

CENTRAFRIQUE PRESSE

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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