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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 11:08
En difficulté et de plus en plus isolé, Bozizé lance une offensive diplomatico-militaire tous azimuts
(Centrafrique-Presse 30/08/2007)


En prenant son bâton de pèlerin pour se rendre successivement à Malabo solliciter un prêt de 10 milliards de F CFA à Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, puis à Kampala chez Yowéri Museveni, Kinshasa voir Joseph Kabila et trois jours seulement après à Khartoum s’entretenir avec Omar Hassan El Beshir pourtant régulièrement accusé d’être à l’origine de la déstabilisation de son pays, Bozizé ne peut que déclencher sur lui une campagne de supputations et de spéculations de toutes sortes. Un déplacement de Bozizé à Khartoum l’année dernière avait déjà essuyé le veto d’Idriss Déby qui avait carrément menacé d’empêcher militairement Bozizé de regagner Bangui s’il effectuait le voyage.

Une chose est sûre et le moins qu’on puis dire est qu’il est incontestablement en grande difficulté dans son propre pays et aussi - c’est devenu un secret de polichinelle - dans ses relations avec certains chefs d’état des pays voisins au sien qui l’avaient pourtant activement aidé et soutenu à prendre le pouvoir à Bangui ce 15 mars 2003. Il leur tourne visiblement le dos désormais tout en recherchant protection ailleurs. Si les relations entre Bangui et Kinshasa étaient si excellentes et sans nuages, pourquoi avoir attendu tout ce temps pour annoncer la réouverture des frontières entre les deux pays depuis plus d’un an ?

Parmi ces chefs d’état parrains de Bozizé, il y a naturellement Idriss Déby Itno du Tchad qui a non seulement dépêché ses troupes d’élite l’installer au pouvoir mais jusqu’ici, ce sont encore ces soldats tchadiens qui assurent également la sécurité de Bozizé tout en lui permettant de conserver ce pouvoir qu’on lui a offert, jusqu’à combien de temps encore. Lassé et très occupé à tenter de conserver son propre pouvoir qui ne cesse de vaciller à Ndjaména, le suzerain tchadien n’a plus assez de temps pour continuer à biberonner son vassal de Bangui. Ces derniers temps, le meurtre de quatre éleveurs tchadiens par un élément de la garde présidentielle de Bozizé vers Kabo est venu compliquer encore un peu plus la situation de Bozizé avec Déby. Aux dernières nouvelles, l’auteur de ces crimes aurait été exécuté sur ordre de Bozizé lui-même.

S’agissant de celui-là même qui l’a initié à la franc-maçonnerie, le congolais Denis Sassou Nguesso, selon certaines indiscrétions émanant du propre entourage de Bozizé, c’est à peine s’il le prend ces jours-ci au téléphone. C’est dire à quel point leurs rapports se sont refroidis depuis.

Même la France dont l’intervention à plusieurs reprises des mirages et des forces spéciales lui ont sauvé la tête est curieusement remerciée. Ses gendarmes affectés à la protection de la résidence de son ambassadeur à Bangui ont été maltraités par les gardes du corps de Bozizé le 14 juillet dernier sans que cela ait pu susciter quelques regrets que ce soit de la part de ce dernier, bien au contraire, il a rejeté la responsabilité de l’incident sur l’attaché défense de l’ambassade de France. Par une de nationalisation sauvage, Total, la première entreprise française en Centrafrique est purement et simplement priée de plier bagages sans autre forme de procès sous prétexte que son DG de Bangui n’aime pas Bozizé et le ministre des mines et des finances Sylvain Ndoutingaï.

L’entretien de Bozizé avec le nouveau secrétaire d’état français à la coopération Jean Marie Bockel, dépêché en catastrophe par son gouvernement pour tenter d’éteindre l’incendie s’est mal passé. Bozizé est resté campé sur ses positions et ses vérités. Malgré cela et selon des confidences faites par son ministre des affaires étrangères Côme Zoumara à des sources désirant garder l’anonymat, Bozizé a cru devoir l’envoyer à Libreville pour prier Omar Bongo Ondimba de solliciter une audience pour lui auprès de Nicolas Sarkozy lors de son bref passage au Gabon fin juillet dernier.

En si peu de temps au pouvoir, Bozizé a réussi à se brouiller avec presque tous ceux qui, aussi bien sur le territoire national qu’à l’extérieur de la RCA, ont été ses complices, l’ont aidé, soutenu, accompagné tout au long de son aventure politico-militaire de 2001, 2002 et 2003 visant à renverser le régime du président Patassé et à s’emparer du pouvoir. Aujourd’hui, il est comme au bout du rouleau et réduit à ne plus compter que sur les membres de son seul clan ethnique, abandonné qu’il est par la plupart de ses amis d’hier.

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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