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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 11:02
 

 

Le dialogue politique inclusif de la dernière chance par Franck SARAGBA
(Centrafrique-Presse 11/09/2007)


L’irrationnelle exaltation affichée au lendemain du coup d’état du 15 mars 2003 a fait place désormais aux frustes désenchantements des thuriféraires du régime. En premier lieu ceux de ses co-auteurs dont le ressentiment envers le régime n’a d’égal que le mépris du chef à leur encontre puis ceux des « pseudos intellectuels « qui à présent se confondent en regret et se culpabilisent d’y avoir apporté sans réserve leur caution morale. Enfin, tout ceci sous l’œil inquisiteur et désolé du suzerain. Celui-là même dont la vision et les conseils bien que surannés ont trouvé échos chez nombres de nos élites au point qu’ils acceptent que les institutions de la république soient bafouées en même temps que les résolutions de l’union africaine contre les prises de pouvoir par les armes soient bottées en touche. L’âme centrafricaine ne devait-elle pas être sauvée de la perdition et du chaos ?

Pratiquement tous les laudateurs zélés des premières heures ont jeté l’éponge avant que le gong pour une nouvelle consultation générale ne sonne en 2010. C’est pire que l’ancien régime susurrent-ils en aparté ou à huit clos. Les plus courageux n’hésitent plus à le dire ouvertement.

Indiscutablement on avait misé sur le mauvais cheval. Non pas comme un de ces chevaux de pure race qui font parti d’un escadron monté de la garde républicaine, docile et avenant mais plutôt comme ceux des steppes, imprévisibles, prêts à donner des coups de sabots en dessous de la ceinture surtout à leur maitre. Galoper et brouter ici et là, telle est sa nature sauvageonne vous savez ! Puis de s’en aller l’instant d’après sans remord hennir ailleurs au besoin chez les anglophones de Kampala, de Pretoria ou de Khartoum pour chercher pâturage là où l’herbe pourrait y être souple et verdoyante. Au point que nos compatriotes se demandent si cette ingratitude là ne risquerait-elle pas de coûter à terme au régime et à la patrie ?

Finalement combien coûte la présence de l’armée sud africaine et leurs chars à Bangui ?, Quel rôle jouera t- elle ?, Que faire des envahissants éléments rapprochés tchadiens de la garde présidentielle ?, qui paiera ? Au moment où le dialogue politique inclusif est en train de s’amorcer n’y a-t-il pas antagonisme, incohérence en la demeure ?

Alors Vite !, il faut faire vite parce que le spectre de la déchéance est déjà là, omniprésent à l’horizon de gbazou-bangui et risque de tomber comme une chape de plomb pour tout emporter à moins qu’il ne vienne par la route vrombissant de sa pétaradante mécanique pour réveiller la ville de Bangui encore endormie de sa torpeur. Faire vite pour organiser le dialogue longtemps refusé par le régime parce que le grand suzerain du nord serait mécontent de l’inconstance qui prévaut dans sa suzeraineté de Bangui et que les anges gardiens tchadiens du palais de Renaissance et de Sassara pourraient déconnés en entamant une deuxième hymne aux libérateurs. Faire vite afin de satisfaire aux conditionnalités exigées par la banque mondiale. Autrement dit l’esprit positif et volontariste qui devrait accompagner ce dialogue entre centrafricains n’est-elle pas déjà faussé en premier lieu par tous ces facteurs exogènes ?

Le dialogue politique inclusif supposerait une assemblée de toutes les organisations et acteurs répertoriés comme tels sans exclusion aucune. Elle discuterait objectivement et fraternellement d’une manière consensuelle de la gestion de notre citée. La finalité est d’arrêter des recommandations qui seraient appliquées. Le souci premier de tous les acteurs avertis est de ne pas tomber dans un dialogue national « bis » comme nous l’avions déjà à plusieurs reprises expérimenté sans succès parce que les recommandations ont toujours été sabordées par manque de garantie.

Comment faire ?, Comment réussir ce dialogue politique inclusif de la dernière chance alors que certains acteurs politiques de poids sont toujours à l’extérieur du pays ? Alors que différentes organisations politiques démocratiques de la diaspora n’ont pas été conviées dans le cadre d’une concertation et d’échanges d’idées qui s’est déroulé le 31 août à Bangui ? Comment faire confiance au régime pour l’application des dites recommandations qui sortiront de ce dialogue alors qu’il a toujours brillé dans le passé par le non respect de ses engagements ? , Quels sont les moyens de contraintes dont disposent l’opposition pour amener le régime à accepter d’appliquer complètements les nouvelles recommandations ?

Nul doute que tous les opportunistes au mépris de la souffrance que nos compatriotes endurent s’en iront gaiement dans le but de négocier pour la énième fois un gouvernement d’union en prétextant la patrie en danger et la contribution de toutes les filles et les fils de notre pays à l’effort de reconstruction. Ce qui justifierait le don de leur personne pour une participation à un gouvernement quelconque. Ne peut-on pas participer à la reconstruction de notre pays autrement que dans un gouvernement ?

Bozézé a été reconnu malgré tout vainqueur des dernières élections présidentielles, à lui de gouverner. Par conséquent s’il appartient à la majorité de gouverner, il est du devoir de l’opposition de s’opposer. Qu’apporterait de plus un gouvernement d’union dans un environnement où les règles du jeu ne sont pas respectées ? D’autant plus que nous l’avions déjà essayé sans succès dans le passé. Le faire c’est revenir à des années en arrière et se foutre complètement de nos morts.

Ne serait-il pas plus responsable et ce au nom de la démocratie, de tous ceux qui sont morts, de ceux qui se sont réfugiés un peu partout, de ceux qui sont arbitrairement détenus et pour la concorde nationale que l’opposition exige plutôt sans délai au régime l’application pure et simple de notre constitution ainsi que celle des recommandations prises auparavant comme préalable au dialogue , sinon à quoi servirait un autre dialogue pour ne pas dire un autre bavardage stérile ?


 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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