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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 19:22
DÉCLARATION DU BUREAU POLITIQUE DU FODEM Relative à la situation politique nationale
(FODEM 25/09/2007)


L’appui décisif, en novembre 2006 et mars 2007, des Forces Françaises aux Forces Armées Centrafricaines (FACA), soutenues par la FOMUC, ayant permis d’endiguer la menace que faisaient peser sur Bangui les rebelles du l’U.F.D.R., avait rendu possible la signature des Accords de Paix du 02 février 2007 à Syrte, en Lybie, avec le groupe rebelle d’Abdoulaye MISKINE, et du 13 avril 2007 à Birao, avec Monsieur Zakaria DAMANE, au nom de l’U.F.D.R.

Les nominations d’Abdoulaye MISKINE et de Zakaria DAMANE comme Conseillers à la Présidence de la République, en apaisant la situation sécuritaire, ouvraient la voie au Dialogue Politique Inclusif, incontournable porte de sortie de tout calcul politique dommageable à la stabilité politique du pays.



Parallèlement à la préparation du Dialogue Politique, cette paix des braves donnait toute latitude au Gouvernement, pour préparer dans la sérénité son agenda économique avec les Institutions Financières Internationales, notamment le passage du dossier économique du pays devant les Conseils d’Administration du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, les 27 et 28 septembre 2007, avec, à la clé, l’admission au point de Décision de l’Initiative des Pays Pauvres et Très Endettés (P.P.T.E.), et la Table Ronde du 26 octobre 2007 de Bruxelles, avec, comme finalité un ballon d’oxygène financier pour les Projets de Développement Economique.

La réussite d’un tel programme constituerait la fin de dix années de traversée de désert de la pauvreté et de la misère du Peuple Centrafricain.

Alors que le paiement régulier des salaires assurait, depuis le retour à l’ordre constitutionnel normal le 11 juin 2005, une paix sociale appréciée de tous les Centrafricains, voilà que l’horizon politique, économique, social et sécuritaire s’assombrit brusquement de lourds nuages porteurs de tous les dangers :

1. Le rejet, par Abdoulaye MISKINE, de sa nomination comme Conseiller à la Présidence de la République et l’absence remarquée à son poste de responsabilité de Monsieur Zakaria DAMANE, dont la signature a été récusée par une grande faction de l’U.F.D.R., notamment ses dirigeants Abakar SABONE et Monsieur DJOTODIA, encore détenus à Cotonou, au Bénin.

2. Le contentieux opposant l’Etat Centrafricain à TOTAL, à la suite des réformes du secteur pétrolier aval, avec des effets collatéraux sur la Cour Constitutionnelle et des conséquences susceptibles d’affecter la SOCATRAF (Société Centrafricaine de Transport Fluvial) et AIR France.

3. L’opposition du Gouvernement à la transaction entre la Société de droit centrafricain URAMINES, exploitant le gisement de l’uranium de Bakouma et la société française AREVA, ayant acquis, le 03 août 2007, par une O.P.A. régulière à la Bourse de Londres, l’ensemble des titres détenus par URAMINES dans ses mines d’uranium de Centrafrique, d’Afrique du Sud et de Namibie, pour un montant de 2,5 milliards de dollars US, soit 1.300 milliards de F. CFA.

Le Gouvernement Centrafricain qui affirme, dans un communiqué officiel, avoir été tenu dans l’ignorance de cette transaction, prétend qu’elle s’est faite contre les intérêts du Peuple Centrafricain, alors qu’il s’est gardé d’informer le même Peuple sur le contenu de la Convention Minière qu’il a signée le 26 février 2006 avec URAMINES, avec toutes les retombées financières en terme de bonus.

4. Par ailleurs, des rumeurs persistantes et concordantes font état de la suspension de l’Accord de Coopération Militaire entre la France et notre pays, à la suite des incidents du 14 juillet 2007 à la Résidence de France entre les éléments de la Garde Présidentielle et les gendarmes français.

Les mêmes rumeurs annoncent le prochain retrait des Forces Françaises positionnées à Birao et des soldats tchadiens affectés à la sécurité du Chef de l’Etat et au Contingent de la FOMUC.

Cette situation expliquerait, selon les mêmes sources, l’arrivée à Bangui des soldats sud-africains ou ougandais pour faire compenser le retrait des soldats français et tchadiens.

5. La grève d’avertissement de cinq jours, déclenchée le 17 septembre 2007, par la Centrale Syndicale U.S.T.C., pour appuyer la revendication du paiement immédiat de deux mois de salaires et l’apurement de huit mois d’arriérés, a eu des effets néfastes dans les régies financières au moment même où les caisses de l’Etat, vides, auraient grand besoin d’être renflouées.

6. Le Rapport d’une O.N.G. américaine, Human Rights Watch (H.R.W.), soutenu par Amnesty International, faisant état des atteintes massives aux Droits de l’Homme, avec l’exécution sommaire des populations civiles des villes du Nord, l’incendie de milliers de maisons, aussi bien par les Forces Armées Centrafricaines, la Garde Présidentielle que les mouvements rebelles, est rendu public au moment même où la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) va débuter ses enquêtes, à la suite d’une plainte déposée par le Gouvernement Centrafricain contre l’ancien Président Ange Félix PATASSE et le congolais Jean-Pierre BEMBA, pour des exactions similaires commises entre 2002 et 2003.

Après avoir longuement débattu de l’ensemble de ces problèmes, le Bureau Politique du FODEM fait la mise au point suivante :

1. S’agissant des dossiers TOTAL et AREVA, il note avec satisfaction la volonté du Gouvernement d’aboutir à des solutions négociées acceptables par toutes les parties.

Toutefois, il exige, sur le dossier uranium, que le Gouvernement fasse œuvre de transparence en publiant le contenu de la Convention Minière qu’il a signée avec URAMINES le 26 février 2006.

Il en va de sa crédibilité et de la condition sine qua none du soutien de la Nation face à AREVA.

Le cours mondial de l’uranium ayant atteint un taux record, le gisement de Bakouma étant estimé à plusieurs centaines de milliards de F. CFA, il est important que le Gouvernement informe la population sur le cours auquel il a négocié avec URAMINES, l’uranium dont l’exploitation devrait procurer à l’État les ressources financières capables de mettre notre pays à l’abri des conditionnalités des Institutions Financières Internationales et les moyens de lui assurer l’ensemble de ses dépenses de souveraineté, notamment celles liées au paiement, à terme échu, des salaires, pensions et bourses.

Pour ce qui est de la crise provoquée au sein de la Cour Constitutionnelle par le dossier TOTAL, du fait du choix de son Président de mettre sa Décision en délibéré jusqu’en février 2008, contre l’Avis de la majorité des Conseillers, il va sans dire qu’elle a perdu tout crédit et ses Membres n’ont que la démission collective comme moyen de sauvegarder l’existence et l’image de la plus Haute Institution Judiciaire de notre pays.

2. Le Bureau Politique du FODEM voudrait solliciter du Chef de l’État qu’il rassure rapidement les Centrafricains sur l’état des relations, au plan militaire, entre la France, le Tchad et la République Centrafricaine, tout en situant la Nation sur la nature de la présence des soldats sud-africains ou ougandais dans notre pays.

3. Pour la situation sécuritaire, l’ouverture rapide du Dialogue Politique, qui n’est plus un Dialogue National, réunissant autour d’une Table Ronde, dans le cadre de la Constitution du 27 décembre 2004, les Représentants du Gouvernement, les Leaders des Partis Politiques de la Majorité et de l’Opposition, et tous les Chefs des mouvements rebelles, avec un Ordre du Jour réaliste, dans un temps limité, devrait permettre d’apporter les vraies solutions aux vrais problèmes qui sèment la discorde entre les Centrafricains, afin de voir restauré un État de Droit véritable et impartial, respectueux de la Constitution.

4. Une fois encore, le Bureau Politique du FODEM note avec amertume, qu’en dépit de l’appel pressent qu’il ne cesse de lancer en vue de concertations permanentes entre le Chef de la Majorité Présidentielle et les Leaders Politiques qui soutiennent son action, sur les grands problèmes d’intérêt national, force est de constater que la culture de la méfiance qui pousse au cloisonnement des débats, marginalisant l’ensemble des partis politiques de la Majorité, et donnant à une poignée de personnes le pouvoir de réfléchir et d’agir à la place du plus grand nombre, continue de produire des effets néfastes sur la Nation.

En effet, il paraît incompréhensible, s’agissant des problèmes aigus comme les contentieux avec TOTAL et AREVA, les difficultés de mise en application des Accords de Paix signés avec les rebelles, l’éventuelle dissension entre la France, le Tchad et notre pays, l’arrivée de soldats sud-africains ou ougandais, que le Chef de l’Etat, Chef de la Majorité Présidentielle, n’ait pas encore jugé utile de recevoir les dirigeants des Partis Politiques de la Majorité pour de plus amples échanges d’informations. Une règle qui s’exécute dans toutes les Démocraties et dans toute Majorité respectueuse des règles, même non écrites.

L’attention des hauts responsables du pays, le Président de la République, celui de l’Assemblée Nationale et le Chef du Gouvernement, est sollicitée pour créer les meilleures conditions en vue de mettre fin au climat délétère en cours, où l’accumulation des problèmes, sans solutions immédiates, ne jette, une fois encore, notre pays, dans l’abîme où ont échoués tous les régimes précédents.

Fait à Bangui, le 24 septembre 2007

Pour le Bureau Politique,

1er Vice-Président, Porte Parole



Joachim GOYANGO

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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