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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 17:08

logo_ocbg1-1-2.gifCENTRAFRIQUE : QUAND LE PASSE GOUVERNE LE PRESENT



 

L'Oubangui-Chari a été le dernier né des colonies françaises installées en Afrique vers la fin du 19è siècle.
Cette position de chérubin devait lui valoir beaucoup d'égards et d'entretiens pour sa croissance harmonieuse. Malheureusement elle lui a amené toutes les convoitises du monde. Les dernières sociétés occidentales d'exploitation des matières premières qui avaient raté leur part de gâteau dans d'autres contrées se sont rabattues, comme des rapaces, sur les riches sols oubanguiens.
Ainsi en 1897 les forêts de la Lobaye et de la Sangha devinrent le domaine de l'Etat français par un décret de la métropole. Immédiatement la France les concéda aux 40 concessionnaires réunies dans la compagnie des produits et de caoutchouc qui les lotirent.
Ces concessionnaires installèrent des factoreries et les confièrent à des agents recrutés parmi les inadaptés sociaux de divers pays africains. Leurs tâches : récupérer le caoutchouc, les peaux d'animaux, les noix d'amende, l'huile de sésame, le café, le coton, l'or, le diamant et divers produits récoltés par les indigènes.
Pour amener ces autochtones à livrer la quantité nécessaire de produits demandés, un régime de terreur s'installa et un impôt de capitation vu le jour. Ainsi naquit l'Oubangui-Chari dans un contexte de soumission et d'exploitation à outrance de ses richesses par les compagnies sans son avis. Les dés ont donc été pipés au départ. Cette pratique amena Barthélemy Boganda, élu député au Parlement Français en 1946, et dont les deux parents payèrent comme beaucoup d'autres Oubanguiens par leur sang, à présenter en novembre 1949 une proposition de Loi réprimant les abus d'exploitation en Territoire d'Outre-Mer. L'intitulé du motif de sa proposition de loi se résumait ainsi : « En Oubangui-Chari, lorsqu'un colon, nouvellement arrivé, veut s'installer, il choisit un terrain habité ou non, constituant ou non la propriété de familles, de clans ou de tribus. Il adresse alors une demande à l'administration et autour d'un apéritif tout se règle. Quant au propriétaire, il est le dernier averti. On ne lui demande pas son avis… Cette injustice criante qui est passé en habitude, constitue en Afrique Equatoriale Française une des nombreuses causes de mécontentement de la population. Nous ne pouvons laisser se perpétuer un pareil état de choses, persuadé qu'un jour ou l'autre, les peuples d'Outre-Mer en auront assez de ces mesures arbitraires avec les quelles on les gouverne depuis plus d'un siècle ».
La méthode continue à gouverner aujourd'hui les rapports entre les centrafricains et ses partenaires. Les entreprises occidentales installées en Centrafrique font fi de certaines dispositions contenues dans les Lois et conventions comme au bon vieux temps. L'ignorance de l'entourage est la règle. Les responsables des Etats producteurs de matières premières sont des mineurs qui n'ont pas le droit d'être consultés sur les décisions qui engagent la vie de leurs concitoyens.
Pire, ces entreprises s'emparent de ces matières premières pas pour les exploiter immédiatement mais pour les garder et les gérer par rapport aux autres en exploitation quelque part tout en disant : ‘‘En attendant, s'il y a famine, maladie ou mort d'hommes, ce n'est pas notre problème pourvu que les matières premières soient intouchables. Quel dilemme !
Cette logique, les responsables d'AREVA, les contemporains des 40 concessionnaires de jadis, la maîtrisent, la tiennent à l'appliquer. Et pourtant, il y a contraste dans le positionnement de cette multinationale et celui de la République Centrafricaine.
Dans la compréhension d'AREVA, l'exploitation de l'Uranium doit être faite dans le respect strict des principes du marché composé de l'offre et de la demande. AREVA ayant acquis quasiment tout l'uranium de l'Afrique, ne peut se permettre de tout exploiter au même moment parce que :
1°) ses capacités d'exploitation ne lui permettent pas ;
2°) une exploitation abusive risquerait d'entraîner une offre excédentaire dépassant ainsi la consommation, ce qui conduirait systématiquement à une baisse de prix et à la longue, des pertes pour AREVA ;
3°) pour garantir la pérennité de ses activités, AREVA est tenu de retarder l'exploitation de certains gisements ;
4°) enfin, pour garantir la consommation en matière d'uranium des futures générations occidentales.
Toutes ces raisons amènent à croire que l'uranium nigérien étant encore en exploitation, celui de Centrafrique peut toujours attendre. Mais par contre, les autorités centrafricaines optent pour l'exploitation immédiate de ses richesses en général et de l'uranium en particulier afin de renflouer les caisses de l'Etat et répondre aux pressions sociales qui minent le développement du pays.
Le bras de fer est donc engagé pour la défense des intérêts de chaque camp. Que le plus fort gagne !
 

Jeudi 27 Septembre 2007
Jean Gatafalana
 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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