Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 18:57

L'OPPOSITION CENTRAFRICAINE FAIT MAL QUAND ELLE LE VEUT !

deputes_centros.jpg

L'opposition centrafricaine, si elle est organisée, structurée et dynamique, peut faire mal. Très mal, même à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.



 

Il n'y a que les régimes totalitaires, dictatoriaux et de pensée unique qui parviennent souvent à museler toute une opposition ou à la réduire à sa plus simple expression. Il en allait ainsi sous le règne de Bokassa où les tracts et les mouvements clandestins aux dénominations symboliques (« L'ange de la mort ») ont remplacé une opposition inexistante ou broyée.
A part les tentatives de coups d'Etat souvent éventrées avant leur déclenchement, il était difficile voire impossible d'envisager des velléités rebelles ou des mouvements de nature irrédentistes comme c'est le cas aujourd'hui. Mais chaque fois qu'il y a un début de protestation organisée, structurée et courageuse, les régimes de dictature sanguinaire perdent souvent leur contenance et réagissent très souvent à l'aveuglette, comme des « géants aux pieds d'argile », des « tigres en papier » qui n'ont que la répression hystérique et aveugle comme réponse à un éveil de la conscience démocratique et populaire.
Nous l'avons vu sous Bokassa avec la grève des écoliers et des étudiants qui, courageux, étaient parvenus à remettre en cause les fondements même d'un des régimes les plus féroces et les plus sanguinaires. C'est comme une « feuille morte » que ce régime a été cueilli le 29 septembre 1979 par « l'Opération Barracuda » lorsque la France avait fini par admettre que l'Empereur Bokassa n'était plus que comme un lion qui bat sa queue mais a perdu toutes ses griffes et tous ses crocs. Les dictatures ne durent que le temps qu'elles durent jusqu'à ce qu'elles soient ébranlées par une lame de fond venant des couches populaires organisées. Les élèves et étudiants centrafricains ont bien joué ce rôle patriotique et historique en 1979.
Le régime de parti unique (RDC) du Général Kolingba n'avait pas non plus résisté à un mouvement de contestation populaire, conduit par les syndicats d'abord avant d'être récupéré par la société civile (« 4 CN »), puis par les hommes politiques en embuscade. L'opération profitera à l'ex-président Patassé, mais jamais l'armada répressive du colonel Mantion et de son patron Kolingba n'a vraiment émoussé la détermination d'une opposition dormante qui a bien fini par se réveiller et donner du fil à retordre au pouvoir en place. Le prix de la mobilisation !
La même dynamique a bien fonctionné sous le régime pseudo-démocratique de l'ex-président Patassé avec les mouvements de protestation d'une opposition organisée au sein de l'UFAP ou du GPPO et supplantée plus tard par la rébellion armée du général Bozizé à laquelle les forces loyalistes et la garde prétorienne de Patassé se montreront inefficaces et inopérantes. Résultat, le régime ubuesque de l'ex président Patassé allait voler en éclats comme un écran de fumée. Un autre prix d'une réelle mobilisation de l'opposition !
Depuis, l'opposition existe, essaye de s'organiser avec les moyens de bord, mais n'inquiète pas outre mesure le pouvoir en place qui a parfois tendance à fonctionner comme un régime de pensée unique ou de parti unique. L'attitude de l'opposition centrafricaine organisée dans l'UFVN répond-elle d'un légalisme outrancier et participatif ? A-t-elle des difficultés réelles de mobilisation des foules ? En dehors des communiqués de presse, de l'opposition épistolaire et de quelques sorties sans suite, l'opposition centrafricaine doit rassurer en donnant des gages de son existence, de son dynamisme et de sa détermination à conduire à terme une véritable logique d'alternance démocratique. L'UFVN a d'ailleurs annoncé récemment au coin d'un « point de presse » au siège du RDC, qu'elle était déjà en ordre de bataille pour la conquête et la gestion du pouvoir en 2010.
Le ton est donné, la couleur annoncée, mais il reste que la même opposition doit rassurer sur sa capacité réelle à mobiliser et à drainer des foules vers la conquête du pouvoir. Car au fond, lorsqu'au fond une opposition est mieux organisée et plus déterminée, elle peut faire mal quand elle veut. Et à l'occasion de la visite en France du Président Bozizé, l'opposition centrafricaine a démontré qu'elle pouvait faire mal si elle veut ! Vouloir c'est pouvoir !
En effet, le déplacement du général Bozizé a été considérablement gêné par une certaine agitation avant et pendant la visite du Chef de l'Etat. Le rapport de Human Rights Watch n'était pas en fait anodin. Il visait à présenter la nature du régime en place aux partenaires au développement de la République Centrafricaine. Et nous ne sommes pas sans savoir que des Centrafricains, voire des opposants, ont coopéré, créé la confection de ce rapport sulfureux qui a fait très mal au général Bozizé. Ce n'est pas sans raison qu'il a imputé ce rapport aux opposants politiques. Vrai ou faux ? Quelque part, ce rapport a fait mouche avec des tâches visibles.
Le défenseur des droits de l'homme, Me Goungaye Wanfiyo, a personnellement adressé une correspondance au vitriol au Président Nicolas Sarkozy et contre le régime du Général. Une correspondance qui a mis à nu le côté pervers et anti-humanitaire du régime tout en lui demandant d'obtenir du Chef de l'Etat centrafricain la convocation urgente du dialogue politique inclusif. Internet a fonctionné à plein tube, et il y eut même selon certaines informations, des manifestations sporadiques de l'opposition organisées sur la place. Des manifestations qui ont considérablement gêné cette visite officielle du Général Bozizé qui a évoqué avec le Président français la question du respect des droits de l'homme en République Centrafricaine. Tant il est vrai que lorsqu'une opposition bouge au lieu de s'affaler et de dormir sur ses lauriers, elle parvient souvent à se faire entendre parce qu'elle peut faire mal, très mal. Quoiqu'on dise aujourd'hui !
 

Dimanche 25 Novembre 2007
Oscar Banalé
 

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES