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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 19:58

Pourquoi évoquer les causes exogènes et endogènes de la mort de Barhélémy BOGANGA pose t'il de graves soucis aux autorités Françaises et Centrafricaines ?
                                                                FONDATION«PANAFRICAN UNION»

POUR UNE AFRIQUE EN UN SEUL ETAT FEDERAL
 ET EN CINQ (5) ETATS FEDERES
Tél. : (236) 75 50 80 30 / 75 04 22 86 Bangui (RCA)

 


Bangui, 14 avril  2008


LETTRE OUVERTE


A

 LA TRES HAUTE ATTENTION
DE MONSIEUR NICOLAS SARKOZY
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
PALAIS DE L’ELYSEE
RUE DU FAUBOURG SAINT HONORE
75 008 PARIS (France)


OBJET : la plainte en diffamation intentée contre nous par le gouvernement français qui se cache derrière le régime de Bangui qui, à son tour, se cache lui-même derrière le général Xavier Sylvestre YANGONGO ; demande pour la levée du secret défense relatif à l’affaire de l’enlèvement et de la déportation du président Barthélemy BOGANDA, de Albert FAYAMA et de Prosper KANGALA le 29 mars 1959 et pour le rapatriement de leur dépouille.


 Monsieur le Président de la République française,


Le 15 janvier 2008, suite à une correspondance de l’honorable Alphonsine BOGANDA, la première fille du président fondateur de la RCA, présidente du Comité Ad Hoc pour le triomphe de la vérité sur la déportation du président BOGANDA, correspondance adressée au ministre centrafricain de la justice pour dénoncer les pressions du gouvernement français tendant à obtenir des autorités centrafricaines notre arrestation et notre empoisonnement à la suite de la révélation de la déportation du président BOGANDA, le 29 mars 1959, nous avons donc été convoqués le 15 janvier 2008, Alphonsine BOGANDA, le Conseiller Jean-Pierre SILAKAMAKO et moi-même, et avons tous été arrêtés, illégalement, bien sûr, durant neuf (9) jours, sans avoir été présentés au parquet à l’issue du délai légal de deux jours. Officiellement, nous avions été entendus à la gendarmerie, sur procès verbal, sur notre prétendue implication dans le durcissement de la grève des travailleurs du secteur public. C’est honteux !

Cependant, et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, le 24 janvier 2008, nous avons été enfin conduits au parquet et, au lieu de nous inculper et de nous faire juger, l’on nous avait plutôt proposé notre libération, à l’initiative du ministre de la justice, un certain Thierry MALEYOMBO, et de signer, en contrepartie, un engagement écrit en vertu duquel nous n’allons plus évoquer, publiquement, la déportation du président BOGANDA classée secret défense. Et cela, afin d’éviter des troubles à l’ordre public pouvant découler d’éventuelles révoltes antifrançaises, d’une part et, d’autre part, de laisser l’Etat et la justice régler cette affaire avec la France. Après deux heures de vaines protestations, nous avons finalement signé cet engagement, en présence de nos avocats.
 Mais, depuis lors, nous nous sommes rendu compte que le pouvoir de Bangui, suite aux pressions de la France, a plutôt mis en place une véritable stratégie de nature à étouffer cette affaire en essayant de faire croire que cette odieuse déportation n’est pas vraie. C’est ainsi que l’on a pu assister, le 29 mars dernier, à un véritable cirque, pour le moins indécent, lors duquel le régime BOZIZE a essayé de faire croire qu’un membre du cabinet présidentiel, à savoir le prétendu général Xavier Sylvestre YANGONGO, qui n’a jamais franchi le cap de l’école primaire, serait devenu un grand professeur d’histoire et un génie de la science politique capable d’éclairer la nation sur cette affaire. Et cela, notamment en mettant à sa disposition la radio et la télévision d’Etat pour une conférence de presse à laquelle nous n’avons pas droit.
Pire, la France elle-même n’a ménagé aucun effort pour empêcher la diffusion de cette révélation à la radio et à la télévision centrafricaine et surtout à Radio France Internationale, notamment en taisant notre arrestation, à la différence de celles du journaliste centrafricain Faustin BAMBOU et du nigérien Moussa KAKA qui roule pour la France.

Mais, malheureusement pour la France, le peuple n’est pas dupe, car il a vite compris que si cette déportation n’était pas vraie, la moindre des choses, c’est que nous aurions plutôt dû être invités à la radio et à la télévision nationales pour en débattre, et jamais nous n’aurions dû être arrêtés, jamais l’Etat centrafricain n’aurait dû arrêter l’honorable Alphonsine BOGANDA et la radio RFI en aurait abondamment parlé.

Mieux, jamais le Président BOZIZE n’aurait pu refuser de recevoir les veuves FAYAMA et KANGALA ainsi que Alphonsine BOGANDA qui lui avaient demandé, collectivement et officiellement, d’être reçues en présence du professeur GOUMBA, de monsieur ADAMA-TAMBOUX, des ministres encore vivants du président BOGANDA, du général YANGONGO et de nous même. Et cela, afin qu’elles puissent lui dire, publiquement, à la radio et à la télévision, qu’à l’époque, les trois familles n’avaient pas vu de corps, n’avaient pas procédé à la reconnaissance formelle des dépouilles des leurs et que, pire que cela, elles avaient été convoquées, à tour de rôle, les 09, 13 et 15 avril 1959, au tribunal de Bangui, où le procureur DONZEAU, un français, leur avait rendu, et INTACTS, les effets de leur mari, notamment les habits qu’ils portaient ce jour là. Sans compter que, à ce jour, aucune des trois familles n’a pu se faire délivrer un acte de décès.
Pire, le 04 février 2008, le même régime du président BOZIZE, à la demande probable du général YANGONGO qui avait acheté notre livre quelques jours plus tôt, a cru devoir faire saisir cet ouvrage par la gendarmerie à son lieu de vente, en plein centre ville, avant de faire encercler notre domicile et de le perquisitionner, sans mandat, pour rechercher d’autres exemplaires de cet ouvrage qui empêche la France de dormir.

Ainsi, désormais, quoi que fassent la France et le régime de Bangui, le peuple centrafricain et le monde entier savent, mieux que jamais, que le pays de René CASSIN, qui prétend être la championne du monde en matière de défense des droits de l’homme avait, bel et bien, organisé l’enlèvement et la déportation du président BOGANDA déguisés en accident d’avion, le 29 mars 1959, comme ceux, jadis, de bien d’autres leaders africains, dont Ahmed BEN BELLA d’Algérie, Habib BOURGUIBA de Tunisie, Abdel KRIM et MOHAMED V du Maroc, SAMORY TOURE de Guinée, la reine RANAVALONA III de Madagascar, le roi BEHANZIN du Dahomey, KARINOU NGAÏNOUBEM de l’Oubangui-chari, MATSOUA du Congo et Léon M’BA du Gabon, pour ne citer que ceux-là.

 Aussi, le régime de Bangui ayant été incapable de prendre ses responsabilités, dès lors qu’il n’est pas libre, pour exiger de la France de restituer la dépouille du président BOGANDA et de libérer Albert FAYAMA et Prosper KANGALA, avons-nous l’honneur de Vous prier, au nom du peuple centrafricain et de tous les peuples des autres anciens territoires membres des futurs Etats-Unis d’Afrique latine chers à feu le Président fondateur de la République centrafricaine de bien vouloir restituer à ces pays, et plus spécialement à la Centrafrique, la dépouille de cet illustre fils de l’Afrique, enlevé par les services secrets français, faut-il le répéter, le 29 mars 1959 et déporté probablement aux Antilles où il aurait trouvé la mort en mars 1986.

Veuillez croire, Monsieur le Président, que l’Afrique et les Africains, dans leur ensemble, Vous seraient infiniment reconnaissants d’ordonner, en ce sens, la levée du SECRET DEFENSE qui frappe, depuis 1959, les conclusions de l’enquête du célèbre aviateur Maurice BELLONTE relative à cette affaire. Et cela, afin que:

1) Les lieux de détention et d’inhumation du président Barthélemy BOGANDA soient rendus publics pour que la Fondation et la famille de cet illustre fils de l’Afrique, conduite par sa première fille, Alphonsine BOGANDA, et son vrai neveu, Paul KONGA, puissent enfin aller ouvrir sa tombe, là où il a été déporté, pour procéder à un test ADN de vérification avant de rapatrier ses restes pour les enterrer dans son pays qui lui était très cher et, le cas échéant, dans la cour d’honneur du Palais de l’Assemblée nationale, à Bangui. Et cela, à l’instar de l’empereur NAPOLEON BONAPARTE, décédé et enterré en 1821 sur l’île d’ELBE, sous souveraineté britannique, avant que sa dépouille ne soit déterrée, dix neuf (19) ans plus tard, en 1840, pour être rapatriée en France où elle fut enterrée aux Invalides, au cœur de Paris; à ce propos, il faudrait noter qu’un livre a été publié en décembre dernier, en France, après de longues recherches scientifiques, pour préciser que, en fait, cet empereur français n’était pas mort de maladie, mais plutôt suite à un empoisonnement. Et, Vous en conviendrez avec nous, son auteur n’a été ni jeté en prison, ni poursuivi pour diffamation par un quelconque descendant;

2) L’on puisse savoir, enfin, si le député Albert FAYAMA, né en 1928, et Prosper KANGALA, né en 1929, adjoint au maire de la ville de BERBERATI, enlevés et déportés ensemble avec le président BOGANDA à l’époque, sont encore en vie, auquel cas ils devraient alors être remis en liberté et, dans le cas contraire, que leur sépulture respective nous soient aussi indiquées pour que leurs restes soient déterrés et rapatriés pour être enterrés en Centrafrique.

Monsieur le Président de la République française,

En acceptant, le cas échéant, de satisfaire à cette demande, la France donnerait la preuve absolue que le pays du général Charles de Gaulle de l’an 2008 n’est point celui de 1959 attaché maladivement au colonialisme et au néo-colonialisme, une forme à peine voilée de l’esclavagisme qu’avait dénoncé et combattu, héroïquement, de dignes et prestigieux fils de la même France, dont Victor SCHOELCHER (1804 -1893).

D’ores et déjà, Monsieur le Président, nous tenons, aussi bien au nom des dirigeants de la Fondation qu’à celui des peuples des pays de l’ex AEF, à Vous féliciter et à Vous rendre un hommage particulier pour le silence que la République française a bien voulu observer depuis que nous avons révélé, par voie de presse, le 08 novembre 2007, l’enlèvement et la déportation du président BOGANDA et de ses deux compagnons par les services secrets français sur ordre du général de Gaulle.

 Et cela, d’autant que, après la plainte que nous avons déposée le 15 janvier 2008 contre la France et ses principaux dirigeants d’alors, à la demande expresse et réitérée du régime de Bangui, alors que nous étions plutôt pour des négociations diplomatiques, la République française a continué à observer ce même silence, pour le moins significatif et majestueux, magnanime même, qui atteste non pas seulement qu’elle reconnaît sa culpabilité, mais aussi et surtout qu’elle regrette très sincèrement cet épisode de la guerre froide. Et, logiquement, cela ne peut que forcer respect et admiration, contrairement à un éventuel et malencontreux démenti ou une hypocrite plainte en diffamation contre notre modeste personne, de la part de la France, qui aurait plutôt contribué à décrédibiliser davantage le pays de Jean JAURES et d’Aristide BRIAN que tout Africain, de plus en plus, a plutôt tendance à haïr.

Cependant, Monsieur le Président, certains milieux officiels français, peut être à Votre insu, n’ont cessé, depuis décembre 2007, d’exercer de très fortes pressions sur le régime de Bangui qui, dans un premier temps, avait cru devoir procéder, illégalement et de la manière la plus lâche et la plus grossière qui soit, à notre arrestation dont il est question ci-dessus.

Dans un deuxième temps, le régime de Bangui, toujours soumis aux pressions des milieux français dont il est question ci-dessus, avait illégalement ordonné à la gendarmerie, sans obtenir au préalable une décision de justice, de saisir notre opuscule de quatre vingt cinq (85) pages publié à partir du 14 janvier 2008 en attendant la parution en France de notre livre de près de cinq cent (500) pages qui révèle l’enlèvement et la déportation du Président BOGANDA. Aussi, nous ne pouvons que saisir cette occasion pour Vous informer que nous avons mis, très gracieusement, à Votre disposition, auprès de l’ambassade de France à Bangui, deux (2) exemplaires de cet ouvrage qui étale, au grand jour, de la manière la plus irréfutable qui soit, après vingt (20) ans d’enquête, les preuves de ce crime pour le moins odieux.

Enfin, ces mêmes milieux français, réputés pour leur finesse et leur subtilité, de sources françaises concordantes, auraient mis en place un plan diabolique et lâche destiné à obtenir notre arrestation, une nouvelle fois, afin que nous soyons, pendant cette nouvelle détention, empoisonné. L’objet de cet empoisonnement, loin de nous donner la mort, serait plutôt de nous rendre fou, et cela, afin de permettre à la France de soutenir que la déportation clandestine du très populaire Président BOGANDA que nous avons révélée n’est qu’une vue de l’esprit qui serait due aux prémisses de cette future folie.

Ainsi, pour obtenir cette arrestation, toute une stratégie aurait été mise en place depuis Paris, consistant notamment à faire croire que l’Etat français et le régime de Bangui n’ont rien à voir avec cette nouvelle interpellation programmée et que ce serait la famille BOGANDA, à travers le soldat Xavier Sylvestre YANGONGO, qui aurait porté plainte contre notre modeste personne pour avoir diffamé le président BOGANDA.
Aussi, dès lors qu’un huissier de justice vient de nous notifier, par citation directe, le jeudi 10 avril 2008, que nous sommes cité à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Bangui le jeudi 24 avril 2008, pour diffamation contre le Président BOGANDA, que nous défendons plutôt, nous tenons ici, au nom des peuples des ex territoires de l’AEF, en général, très attachés au président BOGANDA, et au nom du peuple centrafricain, en particulier, à attirer, à travers Vous, l’attention du peuple français, attaché à la liberté, à la Charte des nations unies qui pose le principe du droit des peuples à l’autodétermination et de l’égalité souveraine des Etats, sur ce qui suit :

1) Le monde entier, en lisant notre ouvrage de 85 pages, sait, pertinemment, que loin de diffamer le président BOGANDA, les patriotes, dont sa fille Alphonsine BOGANDA, son vrai neveu Paul KONGA, Jean-Pierre SILAKAMAKO (le neveu du député FAYAMA lui aussi déporté), les autres patriotes et moi-même ne faisons, au contraire, que défendre cet illustre personnage;
2) Même si les dirigeants français s’imaginaient encore que les Noirs sont des êtres arriérés, nul n’est cependant dupe et d’aucuns savent que s’il y a lieu de se plaindre en justice pour cause de diffamation, c’est naturellement du côté de l’Etat français et des familles des dirigeants français de l’époque contre lesquels l’honorable Alphonsine BOGANDA et moi-même avions déposé plainte le 15 janvier 2007, à la demande pressante du régime de Bangui, précisément de son ministre de la justice, pour enlèvement et déportation, actes constitutifs de crime contre l’humanité, donc imprescriptibles;
3) Ainsi donc,  il est clair et évident que la plainte déposée par le fameux général Xavier Sylvestre YANGONGO contre notre modeste personne, paradoxalement au nom de la famille BOGANDA est, en réalité, une plainte déposée par le cabinet présidentiel du général BOZIZE sur lequel la France ne cesse d’exercer de très fortes pressions, cabinet dont  le général YANGONGO est membre ; et c’est le monde à l’envers car la question se pose, tout logiquement, de savoir pourquoi la famille BOGANDA, victime de la France, se plaindrait-elle en justice contre ceux-là même qui se battent, au prix de leur vie, connaissant la cruauté des services secrets français, pour obtenir le triomphe de la vérité et le rapatriement des dépouilles des trois héros du peuples disparus le 29 mars 1959 ? Surtout que, selon le code de la famille, donc selon la Loi, les enfants naturels et les enfants légitimes, aussi bien en RCA qu’en France, ont les mêmes droits et sont en priorité les ayants droits de leurs père et mère : en conséquence, juridiquement, puisque l’honorable Alphonsine BOGANDA est elle-même la Présidente du Comité Ad Hoc pour le triomphe de la vérité dans cette affaire BOGANDA, de quel droit le général YANGONGO peut-il usurper le titre de représentant légal de la famille BOGANDA pour s’opposer à la manifestation de la vérité, étalant au grand jour qu’il n’est qu’un traître au service de la France ? Parce qu’il serait le neveu du président BOGANDA ? Et, dès lors que les neveux, juridiquement, ne passent pas avant les enfants naturels et les enfants légitimes, le général YANGONGO, qui n’est que le fils du demi-frère du président BOGANDA, aurait-il plus de droit que Paul KONGA, le fils de la propre sœur (même père et même mère) du président BOGANDA, qui, lui, soutient la Fondation et le Comité Ad Hoc ?
4) En vérité, tous les centrafricains et le monde entier ont compris que le soldat Xavier Sylvestre YANGONGO, abusivement nommé général, a bel et bien agi plutôt au nom de la Présidence de la République dont il est membre du cabinet. Et cela, suite aux pressions françaises exercées dans le but d’étouffer cette affaire tout en cherchant, parallèlement, à nous discréditer, le général BOZIZE ne pouvant pas s’impliquer davantage et directement dans l’exécution du plan français ourdi pour étouffer cette affaire. Et cela, du fait de ses conséquences politiques, notamment électorales.
En effet, dès lors que notre livre a mis en cause l’Etat français et ses dirigeants de l’époque, cités nommément, si la France croit devoir nier l’enlèvement et la déportation du président BOGANDA par ses services secrets, pourquoi, depuis novembre 2007, a-t-elle préféré observer un silence assourdissant au lieu de faire un vibrant démenti et d’engager elle-même des poursuites judiciaires contre nous ? Pourquoi  le gouvernement français a-t-il exercé de très fortes pressions sur le régime de Bangui pour que ce dernier s’oppose à la demande signée par l’honorable Alphonsine BOGANDA, par les veuves FAYAMA et KANGALA, en date du 14 novembre 2007 et déposée aussi bien à la présidence de la République qu’à l’Assemblée nationale, à Bangui, aux fins de procéder à l’ouverture de la fallacieuse tombe de BOBANGUI devant les organisations de défense des droits de l’homme et de grandes chaînes de télévision du monde entier afin de voir le contenu du cercueil et, surtout, de procéder à un test ADN ?
Logiquement, subséquemment, après cette vérification scientifique, s’il s’avérait que le président BOGANDA n’avait pas été déporté, mais qu’il était bel et bien mort et enterré à BOBANGUI, nous même nous serions le premier à exiger d’être jugé et d’être condamné; par contre, en exigeant du régime de Bangui de refuser l’ouverture de la tombe et de nous faire plutôt arrêter et de nous obliger à signer un engagement par lequel nous renonçons à évoquer cette déportation, la France a, incontestablement, tout avoué et devrait plutôt faire preuve d’honorabilité en acceptant de rapatrier les dépouilles et de dédommager le peuple centrafricain;

5) Et cela est d’autant plus indéniable que notre petit opuscule qui a été saisi le 04 février 2008 alors qu’il était en vente en ville ne l’a pas été à la demande de la famille BOGANDA, ni suite à une décision de justice, mais probablement sur ordre de l’ambassade de France à Bangui : c’est dire que le procès qui aura éventuellement lieu le 24 avril 2008 n’est pas une action de la famille BOGANDA, qui ne peut être représentée que par Alphonsine BOGANDA, mais celle, bien sûr, de l’Etat français qui navigue, comme à son habitude, à visage non découvert.
 Et cela, pour essayer de nier la déportation du président BOGANDA en essayant d’en faire une AFFAIRE JUDICIAIRE CENTRAFRICANO-CENTRAFRICAINE, alors qu’il s’agit, bel et bien, d’une affaire POLITIQUE CENTRAFRICANO-FRANCAISE.
Et, de toute façon, puisque toute la RCA, notamment le général YANGONGO lui-même, admet que le président BOGANDA appartient au patrimoine national et ne peut être réduit à des considérations bassement familiales, s’il y a lieu d’engager des poursuites contre qui que ce soit qui aurait diffamé le Fondateur de notre pays, c’est à la collectivité nationale, à travers l’Assemblée nationale, d’engager ces poursuites, et non à un demi neveu, traître à sa patrie et qui est à la RCA ce que PETAIN, LAVAL, DARLAN, ou DALADIER furent à la France.

Monsieur le Président de la République française,

 Il conviendrait de relever, par ailleurs, que le cabinet de la Présidence de la République centrafricaine qui a succombé aux pressions françaises en acceptant de nous poursuivre hypocritement en diffamation à travers l’un de ses membres, à savoir le nommé Xavier Sylvestre YANGONGO, en essayant de faire croire que c’est au nom et à la demande de la famille BOGANDA que ce dernier agit, ce qui est bel et bien faux, est, Vous en conviendrez avec nous, d’une étourderie et d’une lâcheté sans nom, car l’enquête sur la mystérieuse disparition du président BOGANDA ne résulte pas de notre initiative personnelle, mais d’une mission officielle qui  nous a été confiée par les plus hautes autorités de l’Etat suite au Dialogue national de 2003. En effet :

1) C’est le général François BOZIZE lui-même qui avait, par Décret N. 03/219 du 26 août 2003, convoqué le Dialogue national (ANNEXE 1);

2) C’est encore lui qui, par Décret N. 03/220 du 26 août 2003, nous avait nommé REPRESENTANT DE L’EXECUTIF, avec le colonel Paul DIMASSI, dans le Bureau de ce Dialogue national, de concert avec le professeur Abel GOUMBA, son Premier ministre d’alors, dont nous étions le Conseiller politique (ANNEXE 2);

3) Le 14 octobre 2003, jour anniversaire du général BOZIZE, ce dernier s’était rendu au palais de l’Assemblée nationale où se tenait le Dialogue national où il avait délivré son message de PARDON ET DE PAIX;

4) Mais le général BOZIZE sait très bien ce qu’il avait dit en aparté à certains membres du Bureau du Dialogue et surtout à ceux du Bureau de la Commission « VERITE ET RECONCILIATION », alors présidée par l’un de ses cousins, ce qui a conduit cette Commission, le lendemain, à  adopter une RECOMMANDATION datée du 15 octobre 2003 (voir page « 51 » du Rapport de cette Commission) et selon laquelle la lumière n’ayant pas été faite par le Dialogue sur la mystérieuse disparition du président BOGANDA, le 29 mars 1959, il fallait, après la fin du Dialogue, réactiver la Commission « VERITE ET RECONCILIATION » afin de poursuivre l’enquête sur la mort du président  BOGANDA  (ANNEXE 3);

5) Et, le 05 avril 2004, le même général BOZIZE avait, en sa qualité de chef de l’Etat, signé, de sa propre main, une lettre de mission officielle par laquelle il avait expressément chargé le professeur Abel GOUMBA, alors Vice-président de la République, de veiller à la mise en application de la Recommandation relative à la survie de la Commission VERITE ET RECONCILIATION chargée de poursuivre l’enquête sur la mystérieuse disparition du président BOGANDA (ANNEXE 4);

6) Le professeur GOUMBA, alors Vice-président de la République, en conséquence de la lettre de mission officielle ci-dessus, nous avait alors chargé de lui élaborer le projet d’un Arrêté portant création du COMITE AD HOC destiné à préparer la relance de la COMMISSION VERITE ET RECONCILIATION, notamment en allant en Afrique du sud pour s’inspirer des modalités d’organisation et de fonctionnement de leur très célèbre commission de ce type (voir ANNEXE 5);

7)  En outre, le Vice-président de la République, par un autre Arrêté, daté du 03 septembre 2004, avait nommé douze (12) personnalités dans ce Comité, dont nous-même, alors Conseiller politique et diplomatique du Vice-président de la République, pour représenter ce dernier dans le Comité puis dans la Commission (ANNEXE 6);

8) L’actuel ministre de la justice, monsieur Thierry MALEYOMBO, notre ancien collègue au cabinet du Premier ministre Abel GOUMBA, celui-là même qui, depuis janvier 2008, fait tout, de concert avec les généraux BOZIZE et YANGONGO, pour étouffer l’affaire BOGANDA, exactement comme s’ils n’avaient pas pris part aux travaux du Dialogue national, était, à l’époque, Haut commissaire aux droits de l’homme à la Présidence de la République et avait demandé, expressément, par courrier, au Vice-président de la République, de bien vouloir accepter que les parents des victimes (donc familles BOGANDA, FAYAMA et  KANGALA) fassent partie de ce Comité Ad Hoc (ANNEXE 7).

Aussi, Monsieur le président de la République française, Vous en conviendrez avec nous que les recherches que nous avions engagées, depuis 1987, sur la mystérieuse disparition du président BOGANDA, ont dû prendre un caractère officiel à la demande des plus hautes autorités de l’Etat et que les agissements des généraux François BOZIZE et Xavier Sylvestre YANGONGO, dans cette affaire, relèvent, simplement, d’une certaine lâcheté de leur part vis-à-vis de l’Etat français à qui ils auraient dû demander des comptes, notamment le rapatriement des restes du Président BOGANDA et la libération inconditionnelle de deux innocents moins âgés que le professeur GOUMBA, nous  voulons citer, bien sûr, Albert FAYAMA et Prosper KANGALA.

Monsieur le Président de la République française,

Le professeur Abel GOUMBA qui s’est tu durant près de cinquante (50) ans en feignant d’ignorer la déportation du Président BOGANDA a cru devoir affirmer, sur les ondes de Radio Centrafrique, les 27 et 28 décembre 2007, en langue SANGÖ, que « les autorités françaises avaient fait faire une enquête sur l’accident d’avion du président BOGANDA, mais qu’elles ont décidé que les résultats de celle-ci doivent rester secrets durant trente (30) ans, délai prorogé, en 1989, à cinquante (50) ans » : ce secret, monsieur le Président, c’est lequel, si ce n’est que Maurice BELLONTE, l’aviateur chargé de cette enquête, avait découvert que l’avion tombé près de BODA n’était pas celui du fondateur de la RCA, les numéros de série du moteur et de la carlingue étant différents ?

Et, le même professeur GOUMBA, notre compagnon de lutte de depuis assez longtemps, d’oser affirmer, publiquement, à la radio nationale,  le 29 mars 2008, à propos du président BOGANDA, en SANGÖ, que « ils l’ont tué, ils l’ont tué délibérément » : et quand les journalistes lui ont demandé, avec insistance, « qui a tué délibérément le Président? », il a répondu ceci : «mais, qui étaient à l’époque aux commandes de l’appareil de l’Etat, si ce n’est les Blancs, les colons ? »  C’est dire que les langues, désormais, ont commencé à se délier car, et on le voit, il n’est plus question d’accident d’avion, mais d’assassinat, plutôt. C’est dire que le professeur GOUMBA ou le Président ADAMA-TAMBOUX finira par avoir, enfin, bientôt, le courage d’affirmer, publiquement, que ce secret de cinquante (50) ans est bel et bien celui de la déportation de notre illustre et bien aimé Président fondateur.

Ainsi, monsieur le Président, il est clair que ce n’est pas nous, mais l’ensemble du peuple centrafricain (représenté par les trois cents cinquante (350) Délégués du Dialogue national qui n’a, en fait, jamais cru à la mort du président BOGANDA, dès lors que personne n’avait vu de dépouille et qu’il n y a jamais eu d’acte de décès, ni pour lui, ni pour FAYAMA et encore moins pour KANGALA) qui a décidé de poursuivre cette enquête, sous l’autorité du Président BOZIZE.
Mais, puisqu’il a choisi de se dérober, en oubliant sa lettre de mission au Vice-président de la République Abel GOUMBA, nous avons décidé de publier les résultats de notre enquête et de les assumer, politiquement et historiquement, devant Dieu et devant le monde entier. Au prix de notre vie et de notre liberté, comme le polonais COPERNIC puis l’italien GALILEE qui révélèrent, tour à tour, que la terre n’est ni plate, ni immobile, mais ronde et en rotation, autour d’elle-même et autour du soleil.

En prenant connaissance de notre livre, Vous voudrez bien Vous rendre compte, Monsieur le Président de la République française, qu’il n y a point l’ombre d’un doute que le président BOGANDA avait été déporté. Et, quand nous avions, en tête à tête, dit au professeur GOUMBA, le 28 mars 2007, chez lui, que cette déportation est un complot très grave et que lui et moi devrions en informer le chef de l’Etat par NOTE confidentielle, il m’avait regardé, très longuement, fixement et silencieusement, et n’avait rien dit. Nous lui avions alors dit que nous allions le faire seul. Même attitude. Et, deux jours après, le 30 mars 2007, nous nous étions rendu chez monsieur Michel ADAMA-TAMBOUX, le tout premier Président de l’Assemblée nationale de la RCA, en 1960, celui-là même qui, publiquement, à la tribune du Dialogue national en 2003, dans une déclaration radiodiffusée, avait promis de révéler, le lendemain, le secret de la mystérieuse disparition du président BOGANDA du 29 mars 1959, avant de se rétracter, le lendemain, en affirmant, tout aussi publiquement, qu’il a été menacé toute la nuit, sans dire par qui. Et nous étions restés ensemble, de 09 h00 à 17h45, ce 30 mars 2007.

Monsieur le Président de la République française,

Comme Martin LUTHER KING l’avait déclaré le 03 avril 1968, la veille de son assassinat, nous savons, nous aussi, que « tout homme aspire à vivre très longtemps, mais qu’il se peut que ce ne soit pas notre cas…Nous sommes allé trop loin, et nous ne pouvons plus reculer ». Oui, nous sommes allé trop loin, depuis notre plus jeune âge, dans la lutte de notre pays, de notre continent, pour une vraie indépendance, pour le progrès et le mieux être, sur les traces du Président BOGANDA, de NASSER, N’KRUMAH, LUMUMBA, BOUMEDIENE, MANDELA, KHADAFI et des autres patriotes africains.

En conséquence, au nom de la Fondation PANAFRICAN UNION, organisation patriotique de l’Afrique centrale en général et de la RCA en particulier dont les dirigeants, militants et sympathisants sont obligés de vivre dans la clandestinité, à l’instar de ceux de l’ANC, hier en Afrique du sud, nous Vous demandons, très respectueusement, mais très vivement, de bien vouloir sauvegarder l’honneur de Votre prestigieux pays dont l’attitude officielle, depuis la révélation de la déportation du Président BOGANDA, force respect et admiration, dès lors que la République française, répétons-le, a, majestueusement, préféré garder le silence, un silence lourd de significations, témoignant ainsi qu’elle regrette ce que ses agents avaient cru devoir faire le 29 mars 1959 au Président BOGANDA.

Mais les peuples d’Afrique centrale, par la voix de la Fondation, Vous demandent, solennellement, d’aller plus loin, en rompant le silence et en faisant lever le secret défense décrété jadis par le général de Gaulle, selon Philippe DECRAENE, et de prendre les mesures qui s’imposent pour que la dépouille de l’illustre fondateur de la RCA soit rapatriée et que ses compagnons, Albert FAYAMA et Prosper KANGALA, soient libérés. Il en va de l’honneur de la France, de sa crédibilité et de ses relations avec l’Afrique, aujourd’hui et demain. Surtout demain.

Car, en reconnaissant la déportation, en faisant rapatrier la dépouille du Président BOGANDA, la France ferait enfin admettre au monde entier que le général de Gaulle n’était pas un homme d’Etat ordinaire,  mais un grand homme. Car il faut bien être un homme d’Etat de nature exceptionnelle pour se permettre, en pleine guerre froide, de refuser les propositions et de résister aux pressions des milieux politiques, des colons et des services secrets qui exigeaient l’élimination physique du Président BOGANDA. Et cela, en leur imposant, par humanisme, par magnanimité, une simple déportation plutôt qu’un attentat contre son avion.

Monsieur le Président de la République française,

Rendons justice et hommage au général de Gaulle : car, malgré les enjeux de la guerre froide, faut-il le répéter ici, il n’a jamais ordonné l’assassinat du Président BOGANDA, il n’a jamais décidé de faire couler son sang. Et cela doit être su et salué.

Quant à notre modeste personne, en refusant les conseils du professeur Abel GOUMBA puis ceux du président ADAMA-TAMBOUX qui  nous ont demandé, expressément, chacun de son côté, de ne pas révéler la déportation du président BOGANDA, c’est que nous avons, délibérément, décidé, après sept (7) mois de réflexion et de méditation, choisi de prendre ce risque, car, de notre point de vue, notre vie vaut moins que celle des quatre (4) millions de Centrafricains et des huit cents (800) millions d’Africains qui ont le droit et la soif de savoir la vérité, cette vérité qui va sans doute, à un moment donné, leur donner la force de se battre davantage pour libérer, réellement et totalement, puis d’unifier, les différents pays de notre cher continent noir.

C’est dire que, si les services secrets français, que ce soit directement ou par des traîtres Africains interposés, venaient à se venger en nous faisant assassiner ou empoisonner pour nous rendre fou, cela importe peu, car l’essentiel est que nous avons honorablement rempli notre mission, décidée par le Dialogue national, sur cette pitoyable terre des humains.
Et, malgré tout, après notre assassinat ou notre folie ourdie, programmée, chaque fois que notre nom sera évoqué, toute la France, sans exception, sera obligée de baisser la tête, des siècle et des siècles, voire des millénaires.

 Mais la France peut, comme elle sait le faire souvent, rester en hauteur en reconnaissant sa faute, en proposant elle-même des réparations, ce qui, naturellement, ne pourrait qu’à nouveau forcer respect et admiration de la part de tous. Surtout qu’elle a la chance d’avoir pour Président, depuis l’an 2007, un homme qui est tout aussi grand et qui pourrait être encore plus grand que le très prestigieux général de Gaulle.

Tel est, Monsieur le Président de la République française, l’objet de cette lettre ouverte dont copie a été envoyée aux chefs d’Etat africains les plus anticolonialistes et au Secrétaire général des Nations unies, de même qu’aux partis politiques et à la presse, aussi bien en RCA qu’en France, avec diffusion sur l’Internet./.


     Pour la FONDATION
 SON PRESIDENT
  Moammar BENGUE-BOSSIN




 

 



 

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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