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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 17:51

 Pascal KOYAMENE récuse la présence du fils Kolingba au Gouvernement

« Le RDC  n'a jamais conclu un accord de gouvernement avec le KNK. Par conséquent, le RDC n'a pas un Ministre au gouvernement ».



Pacal Koyamene, SG du RDC
Pacal Koyamene, SG du RDC
Présentez-vous à nos lecteurs ?
Je suis Pascal KOYAMENE, Secrétaire Général du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC).

Quelle analyse faites-vous de la situation actuelle de Centrafrique ?
Notre pays traverse une crise grave. Tous les fondamentaux de l'économie nationale sont au rouge. La crise sociale est profonde. Il y a des bruits de bottes partout dans le pays, notamment dans le Nord Ouest, le Nord Est et, maintenant l'Est, marqué par la présence des rebelles ougandais. Le Nord qui naguère était le grenier de notre pays est exsangue.
En sus de cela, notre démocratie naissante est malade à cause de ses dirigeants. Je puis dire que les moyens d'expression de la démocratie que sont : les marches pacifiques, les meetings, les sit-in, les protestations sont interdits. L'accès des partis politiques, surtout ceux de l'opposition, au média d'Etat est prohibé. L'impunité, la mal gouvernance, le tribalisme outrancier, l'amateurisme sont devenus les règles de gestion des affaires de l'Etat. Les institutions républicaines sont malades de leurs dirigeants.
Sans pousser l'analyse plus loin, vous conviendrez avec moi que la société  centrafricaine est malade et connaît une misère sans précédent. Chaque  foyer centrafricain doit faire face à une misère criarde. A cela vous y ajoutez la hausse incontrôlée des produits de première nécessité, alors que le salaire des fonctionnaires est bloqué depuis un quart de siècle. Cependant la classe dirigeante s'enrichie impunément !
Tout ce sombre tableau  interpelle la classe politique et particulièrement le RDC et l'opposition dans son ensemble. C'est pourquoi nous avons demandé à hue et à dia et obtenu le principe du dialogue politique inclusif dont la préparation tire à sa fin

Comment expliquez-vous le sommeil, disons-le très profond, du RDC ?
Qu'appelez vous sommeil très profond du RDC ? Cela prouve que vous, Journalistes centrafricains, vous ne suivez pas les activités des partis politiques. Vous ne chassez pas l'information comme cela se fait sous d'autres cieux !
Je puis vous informer que le RDC a renouvelé ses structures de base à Bangui comme dans l'Est et l'Ouest de notre pays, je veux parler des Préfectures de la Ouaka, du Mbomou, de la Haute Kotto, du Haut Mbomou, de la Basse Kotto, de la Mambéré Kadeï de la Sangha Mbaéré, etc…
En plus nous organisons à une cadence régulière, des assemblées générales et récemment, la Jeunesse de notre parti, a organisé une semaine culturelle retentissante, du 23 au 28 février 2008.
Le RDC est aussi l'un des principaux animateurs de l'opposition regroupée au sein de l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN).

Avec ce silence, doit-on considérer le RDC comme un parti politique appartenant à l'opposition ou à la mouvance présidentielle ?
Le RDC est résolument dans l'opposition. Votre question prouve encore une fois que votre journal ne suit pas l'actualité politique de notre pays. Le Secrétaire général du RDC que je suis est Porte Parole de l'UFVN. Il me paraît inconcevable de demander si mon parti appartient à la mouvance présidentielle.

N'empêche que le RDC a un représentant au Gouvernement ?
Le RDC  n'a jamais conclu un accord de gouvernement avec le KNK. Par conséquent, le RDC n'a pas un Ministre au gouvernement.
On dit aussi que le Général Kolingba, président du RDC, jouerait le jeu de son frère d'arme Bozizé. Son silence devant des sujets d'extrême préoccupation, tels les actes de barbaries recensés ça et là à travers le pays est considéré par certains comme de la complicité passive. Qu'en dites-vous ?
 Vous voulez prêcher le faux pour connaître le vrai ! Le Président Kolingba est un Homme d'Etat qui est imbu d'une sagesse légendaire. Il est aussi visionnaire et pour exemple, le peuple centrafricain se souvient avec amertume de tout ce qu'il avait annoncé à la fin de son régime (la famine, l'insécurité, la paix que nous recherchons ardemment aujourd'hui).
Son silence est justifié par le non accès de l'opposition au média d'Etat.
‘ Laisser ceux qui ont gagné (sic) les élections gérer le pouvoir avait-il déclaré. Son discours même teinté de sagesse est mal accueilli par le cercle du pouvoir qui lui cherche tout le temps des poux sur un crâne rasé.
Par conséquent, il n'y a pas de complicité passive ou je ne sais quoi. Le RDC a toujours dénoncé la barbarie, l'impunité, la mal gouvernance etc, qui caractérisent le pouvoir du Président Bozizé.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que le RDC est un club d'amis ?
Je ne comprends  pas qu'on puisse demander à moi, Secrétaire Général d'un Parti qui à 16 fédérations correspondant aux 16 Préfectures de la RCA et 3 fédérations à Bangui, en un mot l'un des rares partis de dimension nationale, que mon parti est un club d'amis. Soyons honnêtes !
C'est peut-être votre journal qui l'affirme, mais cela n'engage que vous. Mais aucun Centrafricain sérieux et observateur politique ne peut dire ce que vous insinuez sournoisement.
Je me permets de conclure sur cette question par ce proverbe chinois » L'ignorance es la nuit de l'esprit, et cette nuit n'a ni lune, ni étoiles ».

  Mais vous-même (le RDC), ne faites rien pour faire taire cette considération. En exemple, l'année dernière, pour peu qu'un journaliste ait critiqué le groupe ethnique ayant plus d'adhérant au sein de ce parti, pour que nous soyons servis d'un droit de réponse très salé ?
Si vous avez lu  la « réponse salée » dont vous parlez, votre question n'a plus sa raison d'être. C'est par devoir de vérité que nous avons concocté ce droit de réponse. Il était temps de rétablir la vérité et de montrer, preuve à l'appui, que le Président Kolingba a eu à travailler avec toutes les filles et tous les fils de ce pays, quelque soit leur appartenance régionale, clanique ou tribale.
Il vous appartient, à vous journalistes, d'écrire la vérité au lieu de vous complaire dans le mensonge et la haine tribale qui tue ce pays. Comparativement à ce qui se passe sous le régime du Président Bozizé, il n'y a pas de commentaires. Mêmes vous autres journalistes et surtout ceux qui étaient toujours prompts à jeter l'anathème sur le régime Kolingba, vous restez tous muets comme des carpes.

Que doit-on dire de l'Etat de santé, si je peux me permettre cette métaphore clinique, du RDC ?
Le RDC n'est ni malade, ni comateux, encore moins dans un état clinique comme vous le persiflez et je sais quel médecin viendra le soigner. Le RDC pète la santé comme on dit. C'est un parti politique qui se respecte et qui a sa stratégie, même s'il y a des détracteurs qui répandent ces nouvelles sur son compte, pour gagner quoi, je ne sais. Mais en tout cas, le RDC se porte très bien. Ses structures fonctionnent à merveille.

Trouvez-vous normal que le RDC n'a plus tenu un congrès après celui de Berberati ?
Encore une fois la vérité est tronquée. Le RDC a organisé trois congrès constitutif en février 1987, deux ordinaires dont un à Berbérati en 1990 et un à Bangui en 1994. J'ajoute qu'il a eu le Congrès extraordinaire de 1991 en plein multipartisme naissant.

A quand le prochain congrès du RDC ?
Pour se mettre en ordre de bataille pour les échéances électorales futures, le RDC organisera son congrès en 2009.

Où en sommes-nous avec la dissidence des Zingas, Léna et Beladé qui ont rejoint en 2005, avec armes et bagages, les rangs du vainqueur des élections ?
Il n'y a pas match sur la question. Ils étaient sous le coup de la loi en utilisant le sigle, le logo du RDC et la justice de notre pays a tranché, il ne leur reste qu'à créer leur parti.

Que pense votre parti au sujet du dialogue politique inclusif ?
Mon parti est l'un des géniteurs du dialogue politique inclusif. Compte tenu de l'ampleur de la crise que traverse notre pays, c'est à mes yeux, la seule solution de sortie de crise.

Que vous inspire les derniers développements au sujet de ce dialogue, notamment l'élection de
l'ancien ministre de Patassé, Demafouth en qualité de président de l'un des groupes rebelles centrafricains, en occurrence l'APRD ?

L'élection de Démafouth à la tête de l'Armée populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) dérange ceux qui ont des choses à se reprocher. Que je sache, il a géré les affaires de l'Etat avec eux. On serait bien curieux de connaître le contenu de leur pomme de discorde et en tirer les leçons pour la paix durable dans notre pays. Pour garantir le caractère inclusif du dialogue, il doit être présent.

Ce dernier est poursuivi pour son rôle présumé dans l'assassinat des proches du président de votre parti, quelle est la position du RDC sur la question ?
L'affaire que vous évoquez est pendante devant la justice. Si Démafouth doit répondre de ses actes devant la justice de son pays, quoi de plus normal ? Le RDC ne s'immisce pas dans les affaires de la justice. Il appartient à cette dernière d'aider le peuple centrafricain à connaître la vérité, rien que la vérité et de sanctionner les auteurs de ces actes odieux.

Seriez-vous prêts à travailler avec celui-ci au sein d'un Gouvernement d'Union Nationale ?
S'il n'est pas reconnu coupable par la justice, mais c'est un centrafricain ! Si on  doit travailler avec lui dans un hypothèque gouvernement d'union nationale, pour la paix, pourquoi ne pas le faire ? Nous sommes un parti de rassemblement et de fraternité, prêt au pardon, comme notre Président Fondateur, le Général d'Armée André Kolingba l'a fait en son temps. Mais nous ne distribuions pas des étiquettes aux centrafricains comme vous.

Quel est votre message de fin ?
 
Notre parti, le RDC et son Président Fondateur, ont toujours prôné la paix en Centrafrique, notre beau pays. Cette paix, le RDC, est prête à l'offrir au peuple centrafricain en 2010.



cb[Commentaire de la Rédaction: étant donné qu'il s'agit d'une interview muette, c'est-à-dire réaliser à distance par le biais d'un protocole soumis à l'interviewé, ce qui ne donne pas lieu à un droit de suite, la rédaction de L'indépendant se voit dans l'obligation de faire les observations qui s'imposent. Les affirmations pour les moins insolites, voire même fantaisistes, teintées de suffisance et d'orgueil mal placé, contenues dans cette interview n'engagent que l'auteur. En aucun cas, notre journal, n'insinue sournoisement ni même ne persifle, encore moins n'attribue des étiquettes à qui que ce soit, surtout pas à son parti ô combien très grand. Oublie-t-il, qu'un parti, quel qu'il soit, n'existe que dans la mesure où il émette des avis sur des sujets graves qui touchent l'avenir du pays ? Le MLPC par exemple, pourtant membre de l'UFVN ne manque pas l'occasion de s'exprimer par le biais des communiqués de presse sur les questions hautement sensibles qui peuvent surgir. Tel n'est malheureusement pas le cas du RDC. Comme les lecteurs et les cyber-lecteurs peuvent s'en rendre compte, pour des questions sommes toutes claires, nous avons eu droit à des réponses plein de fioritures. Quant à ses leçons de journalisme il peut les garder, car il nous semble que le RDC n'était pas demandeur de cette interview. Enfin, si l'ignorance est la nuit de l'esprit comme il affirme fièrement, il n'en reste pas moins certain que l'arrogance est méprisable et le Moi, haïssable. ]cb

L
Propos recueillis par Adrien Serge Poussou


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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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