Si de l'avis même des observateurs crédibles, le boycotte de la garden-party du 14 juillet à la résidence de France à Bangui, s'inscrit dans la droite
ligne des coup de théâtre dont le président centrafricain s'est fait une spécialité, ils sont quasi unanimes à prendre au sérieux ses sauts d'humeurs de ces jours-ci et sa colère,
semble-t-il, contre son ministre de la communication, organisateur du dialogue politique, Cyriaque Gonda.
D'après plusieurs sources crédibles, François Bozizé serait très en colère contre son ministre de la communication, qu'il aurait accusé de sabotage et de copinage avec les groupes
armés. Il semblerait que le président centrafricain n'a pas du tout apprécié la manière avec laquelle Cyriaque Gonda a négocié les accords de cessez-le-feu de Libreville. D'où son
refus d'autoriser, un peu moins d'un mois après la signature de ces accords, le gouvernement à soumettre à l'Assemblée Nationale, la loi d'amnistie tels que convenu à Libreville.
Au pied du mur
Afin de retrouver la bonne grâce du vizir de Bangui, son ministre de la communication multiplie des déclarations tapageuses et des injures à l'égard des chefs de l'opposition dite
démocratique.
L'on se souvient de l'interview qu'il a accordée à notre confrère Le Confident, interview au cours de laquelle monsieur Gonda s'en est vertement pris au principal leader de
l'opposition, Martin Ziguélé. «Ce qui est malheureux, ce qui à la limite même me dégoûte en tant que ministre en charge du dialogue, c'est le fait que M. Ziguélé, qui a montré ses
limites, arrive à vouloir s'en prendre à des personnalités comme moi et m'amener malheureusement à des situations où je peux sortir de ma réserve. Si M. Ziguélé était capable de gérer
une crise, il n'allait pas rejoindre une ambassade en pagne et prendre l'avion pour disparaître », avait-il dit.
Ces propos pour les moins insolites et dégoutants démontrent si besoin en était encore, le manque de sérénité de ceux qui ont été bombardés ministre chez nous, et la panique qui a
toujours guidé leurs pas à la moindre crise.
En l'espèce, ayant conscience de sa position très délicate, sachant qu'il est assit sur une chaise éjectable et que le vrai pouvoir est détenu par les gbaya Boyes, ceux-là même qui
forment le derniers cercle familiale de François Bozizé et qui prennent les importantes décisions à sa place, Cyriaque Gonda a été obligé d'utiliser le langage des aigris et des
faibles d'esprits, à savoir, l'injure. Car nous assistions ces derniers jours à un festival de propos déplacés de la part de ce ministron sur les antennes de Radio-Centrafrique contre
les leaders de l'opposition.
Par ailleurs, c'est pourtant un secret de polichinelle, François Bozizé n'a aucune estime pour son ministre de la communication. L'on se souvient encore de sa mise à l'écart après les
élections de 2005. Il a fallut le décès des ministres Pierre Gonifeï Ngaïbonanou et Charles Hervé Wénézoui, deux têtes pensantes de la galaxie bozizéenne, pour que le président
centrafricain se résolve à confier un poste de responsabilité à monsieur Gonda. Ceci peut expliquer cela.
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