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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 21:35
T
Centrafrique
Gros malheur, gros malheur, gros malheur ...

Elle en a eu des gros malheurs, la Centrafrique, et pas des moindres !
Six présidents depuis l'indépendance en 1960, et pas n'importe lesquels. Si l'adage qui veut que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent, qu'ont donc fait aux Dieux les Centrafricains pour avoir de tels "chefs" ?
Trois militaires, dont un particulièrement fêlé. Deux civils, dont un particulièrement "étrange". Et un brave curé, qui n'est resté au pouvoir que quatre petits mois.
D’abord, tout juste avant son indépendance. Son « premier président » (en fait premier « Premier ministre » de la République centrafricaine, proclamée comme telle mais pas encore indépendante, le 1er décembre 1958), ne sera au pouvoir que quatre mois. Du 1er décembre 1958 au 29 mars 1959, jour où il est mort dans un accident d’avion des plus étranges. Pas de chance.
Pour lui d’abord, Barthélemy Boganda, et pour les Centrafricains ensuite, qui vont se payer pendant des années et jusqu’à nos jours des « présidents » tous plus « décalés » les uns que les autres.


Premier gros malheur

Barthélemy Boganda, c’était le bon gars, ordonné prêtre en 1938, très vite député à l’Assemblée nationale française, mais trop enclin sans doute pour la France de l’époque aux idées panafricanistes. Il crée le Mouvement pour l'Evolution Sociale en Afrique Noire (MESAN) en 1948 en caressant le rêve d’un regroupement des anciennes colonies dans de grands ensembles politiques, une ambition inacceptable pour la métropole, dans l’optique de la période post-coloniale. Son idéal ? Une vaste République englobant le Cameroun et la République centrafricaine, prémices des Etats-Unis d’Afrique latine qui auraient aussi englobé les anciennes colonies belges et portugaises voisines. Un fou, très certainement, aux yeux de gens comme Jacques Foccart, le tout puissant conseiller de De Gaule aux affaires africaines à l’époque.Donc, Barthélemy Boganda, on en parle plus. Il est mort.
Premier malheur. Son poulain, héritier de ses idées, le professeur Abel Goumba, n’assurera l’intérim de la présidence du gouvernement que pendant un petit mois. Entre temps, la France met en scène un cousin de Boganda, David Dacko, beaucoup plus « docile » et francophile que Goumba. C’est ce brave Dacko, jeune - il a à peine trente ans - qui est donc élu 5 mai  1959 Président et qui reçoit des mains du représentant de la France, André Malraux, le 13 août 1960, jour de la proclamation officielle de l'Indépendance, les clefs du nouvel Etat et du pouvoir.

Deuxième gros malheur

Ça, c’est le deuxième gros malheur, parce que Dacko va très vite se montrer un homme à poigne. Il fait arrêter son seul opposant, Abel Goumba, et dissout le parti d’opposition que Goumba venait de créer, le Mouvement pour l'Evolution de l'Afrique Centrale (MEDAC).
Le brave Dacko réinstaure aussi le travail forcé, une pratique honnie des Centrafricains. Pas officiellement bien sûr, mais à coup de décrets comme celui qui fixe des objectifs de production à atteindre pour les travailleurs, des récompenses comme le « tableau d’honneur des paysans » et de l’autre côté de la balance, de lourdes amendes pour les fainéants qui produisent peu.
Petite touche démocratique du 1er régime Dacko : en mai 1963, il fait voter une loi constitutionnelle qui fait du MESAN le parti unique auquel tous les citoyens doivent adhérer. Entre temps, en 1962, Goumba, après deux ans de résidence surveillée, avait été envoyé en exil. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que le pays part à la dérive. Et Dacko commet l’erreur fatale, celle d’établir des relations diplomatiques avec la Chine communiste. Il signe un accord avec Pékin le 29 septembre 1964 et signe en même temps son arrêt de mort, « politique » s’entend. Foccart veille au grain sur les anciennes colonies françaises. On est en pleine guerre froide. Pour Paris, l’axe du mal est toujours à l’Est : Moscou et Pékin. Aussi, Foccart aura eu beau jurer ses grands dieux que la France n'était pas derrière Bokassa quand il renversa le président Dacko, le soir de la Saint Sylvestre 1965, bien peu ne peuvent le croire.
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Troisième gros, gros malheur

L'arrivée au pouvoir de Jean-Bedel Bokassa, à l'époque colonel, c'est le troisième gros malheur pour les Centrafricains, même si quelques nostalgiques regrettent aujourd'hui cette "belle époque". Mais ça, c'est du gros, gros malheur. Bokassa, c'est le doux dingue, cruel, rusé, ignare, formé dans sa jeunesse à l'école de la guerre par l'armée française puisqu'il a fait la guerre d'Indochine, sous le drapeau tricolore. Ca n'arrange pas un cerveau fragile. Le résultat fut sanglant, catastrophique, et fort révélateur des compromissions et de la responsabilité de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies.
On vous épargne le détail du règne de Bokassa. Ça a duré quatorze ans. On va directement à l'essentiel : quand il décide de se faire couronner empereur, en 1976, il était tout simplement :  "Président à vie de la République, président du gouvernement, Président à vie et secrétaire général du MESAN, Garde des sceaux, ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants et des victimes de guerre, ministre de la Fonction publique, de la Sécurité sociale, du Commerce, de l'Industrie et des mines, ministre des PTT et ministre de l'Information".
En dix ans, entre janvier 1966 et décembre 1976, il a procédé à 44 remaniements ministériels, soit une moyenne d'un remaniement tous les deux mois. La plupart des têtes de l'armée ont été liquidées après avoir été accusées de complot, vrai ou faux selon les cas. La prison de Ngaragba était devenue un lieu maudit pour qui y entrait. Qu'à cela ne tienne. Le président français Giscard d'Estaing se faisait un plaisir d'aller chasser le gibier en terre centrafricaine, chez son "cher parent et ami" Jean-Bedel.
Lorsque Bokassa se fait couronner empereur, c'est la France, officielle et officieuse qui est aux cuisines pour les préparatifs du sacre qui a lieu, avec faste, le 4 décembre 1977.
Bokassa "tombe" finalement en 1979, après avoir fait réprimer dans le sang des manifestations d'écoliers qui protestaient contre l'obligation de porter des tenues scolaires à des prix exorbitants. C'est encore la France qui intervient, et cette fois sans scrupules, pour se débarrasser du jouet encombrant qu'était devenu l'empereur. Le 20 septembre 1979, Paris déclenche l'opération Barracuda, avec les gros bras du SDCE, ancêtre de la DGSE, les services secrets français, alors que Bokassa est en visite en Libye, chez Kadhafi. David Dacko revient au pouvoir, convoyé dans un avion Transall de l'armée française. Au moins c'était clair. Bokassa passera des années en exil, avant son retour en Centrafrique le 24 octobre 1986. Arrêté puis jugé, à l'issue d'un procès de plusieurs mois, il est condamné à mort. Sa peine sera commuée en détention à perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion. Libéré le 1er août 1993, il meurt  le 3 novembre 1996.
Vous vous dites : quatorze années d'un régime de dingue, ce n’est pas la fin du monde. D'autres pays ont connu le même sort. Soit. Mais le règne de Bokassa a marqué durablement la Centrafrique. Une génération d'intellectuels décimée, une population totalement "abrutie" par un régime délirant. Et le plus grave, c’est que l'on va retrouver les « rescapés » du régime Bokassa aux affaires. Et quand on dit « rescapés », mieux vaudrait dire les « acteurs ».
Revenons-ens à 1979 et à l'opération Barracuda.
Notre brave Dacko reprend donc le pouvoir. A-t-il changé, quatorze ans après avoir été renversé par Bokassa ? Pas vraiment. Et pourquoi d’ailleurs aurait-il changé ? Il revient au pouvoir dans un Transall de l’armée française, comme aux plus belles heures de l’époque Foccart. Le sort de l’Afrique se décide toujours à Paris. Alors reprenons les bonnes vieilles habitudes.
Le 20 Mars 1980, il crée son nouveau parti, l’Union démocratique africaine  UDC) et en fait un … parti unique. En février 1981, sous pression, il fait adopter une nouvelle constitution qui réinstaure le multipartisme. A l’élection présidentielle qui suit, le 15 mars 1981, David Dacko est élu avec 50,23% des suffrages devant un certain Ange-Félix Patassé, leader du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).
Tout va bien ! De quoi se plaignent les Centrafricains ? Ils ont eu une élection présidentielle « démocratique » ! Oui, sauf que Dacko est incapable de gérer son nouveau pouvoir. D’abord, les fraudes. Son élection a été vivement contestée. Dès le mois de mai, grèves et attentats ponctuent la vie quotidienne à Bangui, à tel point que Dacko décrète l’état de siège le 21 juillet. C’est la porte ouverte aux militaires qui ne se feront pas priés pour entrer en scène.
Le 1er septembre 1981 le général André Kolingba fomente un  coup d'État  et exit Dacko. La Constitution est suspendue, les partis interdits. Le général André Kolingba a beau promettre qu’il va rapidement remettre le pouvoir aux civils, il n’est pas prêt de retourner dans ses casernes. Il crée son parti, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), nouveau parti unique. Pourquoi se gêner ? Toute l’Afrique ou presque est la même enseigne.
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Quatrième gros malheur

Kolingba, c’est le quatrième gros malheur pour les Centrafricains. Arrivé en libérateur, il ne partira du pouvoir qu’en septembre 1993, battu dans une élection présidentielle pluraliste, imposée la France. Mitterrand et son discours de La Baule sur la démocratisation de l’Afrique étant passés par là. Avec Kolingba, les Centrafricains se sont repris douze ans de régime militaire, un régime tribaliste dont la caractéristique principale était la redistribution des maigres richesses du pays aux membres de l’ethnie de Kolingba, les Yakomas. Et pour bien faire – là c’est une des mega-contradictions de la politique des socialistes français en Afrique -, le général président s’était attaché les bons offices d’un conseiller de l’ombre, homme à tout faire, omniprésent, tout puissant, gardien du temple et de l’armée, un certain colonel Mansion, « ex » ou « futur » ou « toujours » agent des services secrets français. Pas une mouche ne pouvait arriver à l’aéroport de Bangui sans que Mansion n’en soit informé et qu’il décide du bien fondé ou non du nouvel arrivant dans le pays. C’est lui qui a géré le retour au pays de Bokassa, son arrestation, sa détention, voire même sa « protection » en cellule. Mansion gérait aussi les opposants, à sa manière.
Aussi, en ce mois de septembre 1993, au deuxième tour de l’élection présidentielle, le 19 septembre, Ange-Félix Patassé est élu avec 53,45% des voix, devançant Abel Goumba, le général André Kolingba ayant été éliminé dès le premier tour.
On vous sent optimiste : enfin la démocratie, enfin un vrai président, élu à la régulière.
Excusez-nous. Tout est de notre faute. Nous avions omis de vous parler de Patassé avant d’en arriver à ce mois de septembre 1993.
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Cinquième "énorme" gros malheur

Patassé, Ange-Félix, c’est le cinquième « énorme » malheur pour les Centrafricains qui n’en demandaient pas tant après s’être « cogné » les régimes de Bokassa et de Kolingba. Patassé, c’était un « civil », direz-vous, ingénieur agronome qui plus est. Certes, mais quel civil ! Un doux dingue, qui n’est pas sorti de terre un beau matin de 1993. Patassé fut Premier ministre de Bokassa, à l’époque du délire impérial. Patassé a fait toutes ses classes chez l’empereur. Excusez du peu, mais son C.V. se présente ainsi quand il est élu président de la République : ancien ministre du Développement (janvier 1966-avril 1968), ancien ministre du Développement rural (mai 1972-avril 1973), ancien ministre du Tourisme, de l'Eau, des Bois, de la Chasse et de la pêche (juin 1974-octobre 1975), et ancien Premier ministre (décembre 1976-juillet 1978). A ce titre de Premier ministre, c’est lui qui fut le grand ordonnateur des cérémonies du sacre de l’empereur Bokassa, en décembre 1977. C’est dire si l’irréel, la mégalomanie, la déviance cérébrale, il connaît.
Patassé, c’est le gars qui, en conseil des ministres, lorsque les ambassadeurs étrangers étaient conviés à y assister (c’était une des particularités du régime de Bokassa), montait sur la table et leur criait en imitant le singe : « On va tous vous manger ». Patassé, c’était aussi l’ingénieur agronome qui, pendant la campagne électorale de la présidentielle de cette année 1993, face à une population arriérée, n’hésitait pas à sortir de sa poche un gigantesque épi de maïs et à lancer aux paysans que ça, c’était le maïs « made in Patassé » et que fort de ses connaissances en agronomie, il allait en faire pousser partout des épis de maïs gros comme ça. Cinquième gros malheur, disions-nous, car le régime de Patassé a été sanglant.
Autant, si ce n’est davantage que le régime de Bokassa. Patassé ne sera renversé par un coup d'État le 15 mars 2003.
22 octobre 1993- 15 mars 2003. Ça fait un peu moins de dix ans. Dix ans ponctués de mutineries, de tentatives de coup d’Etats, d’assassinats, de misère, de terreur, d’interventions de l’armée française pour sauver un régime en miettes, d’interventions de l’ONU, d’interventions de troupes étrangères comme les rebelles du Congolais Jean-Pierre Bemba. Dix ans ponctués de violence inter-ethnique, entrecoupés d’une Conférence nationale inutile, de tentatives de coup d'Etat
Coup d’Etat … coup d’Etat…coup d’Etat … coup d’Etat ? Ça vous dit quelque chose ?
Et qui nous le fait ce beau coup d’Etat ? Un jeune et vaillant rebelle progressiste, façon Thomas Sankara, l’idéaliste burkinabé ? Un militaire rectiligne, façon Amadou Toumani Touré, ce sacré malien qui remit le pouvoir au civil, un an après sa prise du pouvoir ?
Excusez-nous encore, mais vous n’avez pas bien suivi. On est en Centrafrique, le pays des « Gros » « Gros » malheurs.
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Sixième gros malheur

Alors voici le sixième gros malheur. Qui déloge du pouvoir par la force le président Patassé ? Le général François Bozizé, son ancien chef d’état-major, aidé dans cette tâche par l’armée tchadienne et en sous-main, la France, comme d’habitude.
La ligne de Paris vis-àvis de la Centrafrique a toujours été simple : on soutient le régime en place, fut-il pourri jusqu’à la moelle, et quand le cancer est généralisé, on remplace par une autre marionnette.
Dacko viré par Bokassa. Bokassa, viré par Dacko. Dacko, viré par Kolingba. Kolingba viré par Patassé. Patassé viré par Bozizé, et Paris toujours aux manettes.
François Bozizé, comme Patassé n’est pas un jeune premier. Lui aussi a sévi sous le régime de Bokassa. Il était aux commandes des opérations de maintien de l’ordre, avec le général Mayomokola, pour réprimer les émeutes des étudiants et des lycéens en 1979. C’est dire s’il a de l’expérience !
Il fut aussi partie prenante dans une tentative coup d’Etat contre Kolingba en mars 1982, avec Patassé, tentative infructueuse qui conduisit les deux hommes à l’exil. Réfugié au Bénin, il a été « lâché » par le régime béninois de l’époque et rapatrié manu militari par des mercenaires à Bangui le 31 août 1989. Il passera un an de détention dans des conditions très dures. A l’époque, rappelons-le pour l’histoire, c’était notre brave colonel Mansion, qui orchestrait la sécurité du régime de Kolingba. Ça laisse des traces.
Acquitté par la Haute Cour de Justice de Bangui, à l’issue d’un procès tenu sous la pression internationale et grâce à l’opiniâtreté de son avocat, Me Nicolas Tiangaye, il sera finalement libéré le 1er décembre 1991. En 1993, il s’était présenté sans succès à l'élection présidentielle, remportée par Ange-Félix Patassé. En 1996, il est nommé chef d'état-major des forces armées centrafricaines (FACA) par Patassé, son « frère » du Nord de la RCA. Tous deux sont d’ethnie Gbaya. Mais le désamour entre les deux hommes arrive à grands pas. Le 26 octobre 2001, cinq mois après un coup d'Etat avorté en mai 2001 attribué à l'ancien président André Kolingba, il est limogé. Il résiste par les armes à des tentatives d’arrestations et se réfugie au Tchad, puis en France, d’où il aura tout loisir d’organiser sa prise du pouvoir et le renversement de Patassé.
Le début du régime de Bozizé se passe dans l’euphorie. La Centrafrique semble retrouver un peu d’air pur. Tous les exilés politiques et militaires rentrent au pays. Patassé se réfugie au Cameroun, puis au Togo. Mieux, Bozizé prend comme Premier ministre, l’éternel opposant, Abel Goumba, le seul homme politique centrafricain qui n’ait pas de sang ni de casserole derrière lui.
Mais dès le début aussi, Bozizé donne des signes inquiétants. Il passe la deuxième semaine de son pouvoir à faire le tour de toutes les chapelles et autres lieux de cultes : cathédrale, temple, église évangélique, mosquée, tout y passe. Un véritable marathon œcuménique. La ferveur religieuse du nouveau chef d’Etat, qui est membre de l’Eglise du Christianisme céleste (voir page Bénin) n’a guère de limite.A tel point qu’à la fin de l’année 2006, son ministre de l’Intérieur met la nation à la diète et décrète « trois jours de jeûne et de prières de repentance, de pardon et de remerciements à Dieu l'Eternel Tout-Puissant », à l'occasion de la célébration de la fête de nouvel an 2007. Bigre !
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A-t-il un peu « honte » de son passé en tant que général sous Bokassa ? Pas le moins du monde. Quand l’hebdomadaire Jeune Afrique lui demande pourquoi il est allé fleurir la tombe de Bokassa et si c’était pour réhabiliter l’ex-empereur, il répond : «  Tout à fait. On peut reprocher beaucoup de choses à Bokassa, mais à son époque, la Centrafrique était un havre de paix et de stabilité. L'économie tournait. Les salaires étaient payés. J'ai beaucoup appris auprès de lui. » Re-bigre !
La fin du régime de transition, instauré après sa prise du pouvoir, le 15 mars 2003, a pris corps lors des élections législatives et présidentielle qui ont eu lieu le 8 mai 2005. Bozizé l’a emporté au deuxième tour de la présidentielle, face au candidat du MLPC (le parti de l’ancien président Patassé), Martin Ziguélé. Aux législatives, une coalition soutenant Bozizé qui n’a pas de parti politique, coalition dénommée "Kwa na kwa" (le travail rien que le travail, en langue nationale sango), a obtenu 42 députés sur les 105 de l’Assemblée nationale.
Pour l’heure, en ce milieu d’année 2008, le régime du Général d'Armée François Bozizé qui est aussi ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants, des Victimes de guerre, du Désarmement et de la Restructuration de l'Armée, à ne pas confondre avec son fils, Francis Bozizé qui, lui, est seulement ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, des Anciens Combattants, des Victimes de Guerre, du désarmement et de la restructuration de l'Armée chargé du Désarmement, de la restructuration de l'Armée, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre – inspirez, soufflez – est empêtré avec les mouvements rebelles qui sévissent dans le Nord du pays, et mise sur l’appui de l’EUOFOR. L'Union européenne a donné son feu vert le 28 janvier 2008 au déploiement de cette force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la Centrafrique pour protéger les réfugiés soudanais et les déplacés tchadiens et centrafricains dans ces régions.
Sur le plan de la politique intérieure, un laborieux « dialogue national » entre le président Bozizé et ses adversaires politiques tente de voir le jour sous l'égide de la communauté internationale. Des divergences persistent sur le lieu de la tenue d’une "conférence du dialogue politique" et sur son ordre du jour. C’est le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui joue les médiateurs entre notamment le président Bozizé et les Forces républicaines nouvelles (FRN), une rébellion armée, dirigée par un certain Christophe Gazam Betty.
Par ailleurs, la Centrafrique est confrontée aux pillages, exactions et autres meurtres commis par des bandes de bandits de grands chemins, dénommés les Zaraguinas, qui sévissent aux confins du Cameroun et du Tchad. Parmi eux, des mercenaires tchadiens qui avaient aidé Bozizé dans sa conquête du pouvoir, mais qui ont été abandonnés à leur sort par la suite et qui, aujourd’hui, se payent sur la bête, en l’occurrence les populations villageoises et les éleveurs nomades. Le phénomène est si grave qu’une armée d’autodéfense, totalement illégale (dénommée l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie), s’est constituée pour répondre aux exactions des Zaraguinas.

C’est donc un peu la loi de la jungle à l’état pur. La jungle, l’Etat sauvage ? Ça ne vous rappelle rien ? Un roman de Georges Conchon, «L’Etat sauvage», dont le cinéaste Francis Girod a fait un film en 1977. L’histoire se déroule dans une toute jeune République africaine. Au menu :  magouilles, trafics, délires, meurtres … Rien que des gros malheurs.
N’allez surtout pas penser que Georges Conchon s’était inspiré de la Centrafrique. Il avait seulement été pendant un an premier secrétaire général de l'Assemblée nationale de Centrafrique, avant d’embrasser une carrière de journaliste-écrivain. Pure coïncidence sans doute.
R-J Lique

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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