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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 21:51
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

S’affranchir des " grands partis " et recomposer l'opposition pour gagner en 2009


Quelle serait l’ossature de la nouvelle opposition recomposée ? S’affranchir des ‘’grands’’ partis UPADS-RDD-MCDDI… serait-il une nécessité ou un paradoxe ? Onze ans après la victoire militaire de Sassou, l’opposition congolaise cherche encore désespérément son unité et son organisation pour en découdre avec le régime fasciste de Sassou Nguesso.

Avec une démocratie décapitée, une paix précaire au bout fusil, une réconciliation impossible, une Constitution consacrant le totalitarisme ou le pouvoir sans partage, plusieurs tentatives de dialogues escamotés et un peuple en désarroi total, le Congo se trouve dans l’impasse et continue de s’enfoncer dans un chaos inédit. La volonté du peuple de bâtir un Etat de droit et de parvenir à la démocratie pluraliste se trouve sérieusement confrontée au régime de dictature incarné par Sassou Nguesso, d’une part et, d’autre part, à l’émiettement d’une opposition nationale adynamique, manquant d’une vision alternative crédible et désarticulé par :

• Un multipartisme sauvage : Né dès l’abolition du monopartisme, au seuil de la Conférence nationale souveraine. l’espace politique congolais a connu une explosion foudroyante des partis politiques (une centaine) apparus comme des champignons libérés de terre après les premières pluies d’une fin de grande saison sèche. Constitués sans base idéologique réelle, sans projet de société ni programme fondamentalement différents les uns des autres, la plupart de ces partis se sont composés sur une base ethnique ou régionale au mépris de la charte sur l’unité nationale ardemment élaborée à la Conférence nationale.

• Une crise des " grands " partis comme le MCDDI, l’UPADS, le PCT, le RDPS, le RDD qui sont ouvertement secouées par des querelles et des divisions politiquement stériles. Tous traversés par une crise, identitaire ou crise statutaire, crise idéologique ou managériale, certains sont au bord de la scission. Enfermés dans la magie du sigle « MCDDI Kolélas, MCDDI Mampouya, MCDDI-Mahouka », UPADS Makita- UPADS Mabiala, UPADS Moukouéké » et de leurs ‘’leaders fondateurs–présidents à vie toujours vénérés, malgré leur incapacité physique et mentale, médicalement déclarée et leur échec politique dûment constaté par le peuple. Ces partis et ces leaders n’ont pas su maintenir la flamme de la démocratie pluraliste allumée à la Conférence nationale souveraine. Miné par des querelles de leadership, pour certains, sanctionné pour leur mauvais positionnement stratégique pour d’autres, victime de déficit démocratique interne pour la majorité, aucun n’a pu défendre ses idéaux coûte que coûte jusqu’au bout.

• L’inconstance politique née des alliances contre-nature. La majorité des « grands leaders » ont sombré dans la médiocrité politique qui n’a pas permis des avancées démocratiques. Leur inconstance politique a créé un paysage politique nébuleux. Tantôt à l’opposition, tantôt à la mouvance, plusieurs leaders ont brillé par un positionnement à géométrie variable. Des alliances contre-nature, sans base idéologique ont plongé notre pays dans une instabilité chronique et une folie meurtrière inédite. Jusqu’ici, de la pratique politique observable, on peut dire qu’ « au Congo, on est à l’opposition un temps mais jamais tout le temps ». Foulant délibérément au pied crédibilité, dignité et probité politique ils font et défont les alliances contre nature au gré de leurs intérêts subjectifs.

Voici les faits indéniables :

• En 1993 Yhombi Opango, ancien président de la République s’est porté directeur de
campagne de Pascal Lissouba qu’il avait expédié en exil lorsqu’il présidait aux destinées du Congo de 1977-1979. En 1997, Pascal Lissouba, sérieusement menacé par le coup d’Etat de Sassou Nguesso confia la présidence de l’ERDDUN et la primature à Bernard Kolelas, chef de l’opposition dont il venait de faire bombarder sauvagement son bastion. En 2002, Jean-Pierre Tchicaya devint président de l’assemblée nationale et venait ainsi spectaculairement de rejoindre Sassou qui n’avait pas hésité à le jeter en prison en 1979 après le renversement du président Yhombi Opango. En 2005, rentré de son exil de façon providentielle, Bernard Kolelas choisit de servir son ancien allié au détriment des affres infligées à ses militants et au martyre subi pendant tout son règne antérieur.



Voilà un ensemble de comportements et d’actes politiques inconstants qui étouffent gravement la démocratie et devraient nous inciter à recomposer le paysage politique pour gagner ensemble le combat de la démocratie au Congo.

Nécessité d’une recomposition du paysage politique

Recomposer le paysage politique pour plus de lisibilité et moins de cafouillage dans le positionnement entre la mouvance et l’opposition. A ce jour le paysage politique congolais est une véritable mosaïque composée d’un conglomérat de partis ou de cartels sans envergure nationale. Loin de condamner cette floraison de partis qui profite plus au pouvoir qu’au peuple, il est indispensable de traduire cette volonté d’un grand nombre de Congolais par une coalition de l’ opposition unie, ingénieuse et capable de terrasser Sassou en 2009.

• Pour atteindre cet objectif, tous les anciens " grands " partis (Mcddi-Upads-Pct-Rdd…) dans leur désorganisation et positionnement hybrides actuels ne peuvent plus incarner le changement. Ils n’ont plus, aux yeux du peuple, ni l’autorité, ni le charisme, ni le discours mobilisateur. Le paysage politique mérite donc d’être clarifié, recomposé, rénové pour éviter l’amalgame et ne plus avoir dans les rangs de l’opposition des " tortues à double carapaces "’ - vous avez par exemple : un UPADS Moukouéké, qui émarge à la mouvance avec Sassou et un UPADS de Tsaty Mabiala plus proche du peuple ; vous avez : d’un côté le MCDDI de Kolélas clairement affiché pour faire gagner Sassou, son ancien bourreau et d’un autre côté les militants désabusés et opposés à leurs instances. Enfin n’oublions pas le PCT rénovateur, érigé en RMP qui confirme sa volonté de piller profondément le pays et le PCT conservateur qui combat pour que ça change.

Recomposer le paysage pour que cessent les leaders bicéphales qui sont : opposant le jour et " mouvanciers " la nuit. Cette recomposition de l’opposition tant souhaitée devrait se faire sur une base simple.

Deux blocs diamétralement opposés en constitueraient l’ossature :

• le premier bloc, dit des « patriotes réformateurs » serrait composé de tous ceux qui revendiquent un changement radical et souhaitent ardemment un nouvel ordre politique national, non seulement avec le départ de Sassou - ce qui n’est pas une finalité en soi - mais aussi et surtout, la liquidation totale de son système politique qui gangrène le pays.

• le deuxième bloc, dit des « conservateurs-pilleurs » comprendrait tous ceux qui ne veulent pas que ça change et qui se contentent de l’immobilisme actuel.

Le paysage devrait donc être recomposé entre ceux qui estiment que le régime de Sassou est un échec et cherchent à refonder le Congo et ceux qui veulent continuer à mettre le peuple souverain à genoux par la dictature, la barbarie d’Etat et la misère.

Ce rêve est possible. Il suffirait de reconnaître que les anciens leaders et leurs partis n’ont pas été en mesure d’apporter au Congo, la démocratie pluraliste et la paix pour lesquelles ils avaient eu les faveurs du peuple. Ils ont tous commis des péchés capitaux dont il est difficile d’être absous et pardonné.

• Un président en exercice, Lissouba, ou un parti au pouvoir, (Upads), ça ne crée pas des
milices mais une armée républicaine.

• Un leader de l’opposition charismatique, Kolélas, ou un parti qualifié de locomotive du Congo, ça ne conclut pas des alliances contre nature, ne brille pas d’inconstance, n’abandonne pas son idéal et encore moins son combat, ne capitule pas, ne pratique pas une opposition à géométrie variable, ne signe pas une alliance qui empêchent son parti et les siens d’accéder à la magistrature suprême.

• Les courants réformateurs de chaque " grand " parti qui aspirent au changement
devraient couper le cordon ombilical avec le courant arrimé à la mouvance pour constituer ainsi un grand ensemble politique qui deviendrait le socle de la nouvelle opposition radicale.

Ce socle de l’opposition serait composé de l’ANR, de l’ARD, de l’aile Upads de Tsaty-Makita et de l’aile PCT conservateur de Lekoundzou, à quoi il conviendrait d’ajouter l’aile du MCDDI " renaissance " dont le nouveau leader devrait émerger des militants dissidents du MCDDI.

• Si par mégarde, l’opposition continue de s’enfermer dans son immobiliste suicidaire et ne
parvient pas à tenir ses états généraux pour afficher sa cohésion et convaincre l’opinion nationale et internationale de sa crédibilité et de la qualité du changement pour lequel il revendique le départ de Sassou, ce dernier s’autoproclamera président en 2009 car son rouleau compresseur de la fraude électorale " version 2009 " est résolument en marche.



Wilfrid BOUTSIELEKA


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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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