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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 23:33

LE DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF SOMBRE DANS L'OUBLI

Bientôt un mois, le Dialogue Politique Inclusif a du plomb dans l'aile et des grains de sable dans son processus. La pomme de discorde a surtout été les trois projets de lois d'amnistie proposés par le gouvernement à l'Assemblée Nationale.



Mais dès le départ, la mise en place du Comité d'organisation, taillée sur mesure pour verrouiller le Dialogue Politique Inclusif avait semé la discorde entre certains entités et le gouvernement. Pour l'opposition démocratique et certains mouvements armés, les autorités ont fait le plein au sein du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif pour contrôler le déroulement du forum de bout en bout.

Comme il appartenait à ce fameux Comité d'organisation de lancer les invitations, il pouvait à sa guise inviter qui il veut, en omettant de faire participer les indésirables. Les trois projets de lois d'amnistie querellés démontrent à suffisance la sourde stratégie qui a prévalu à la mise en place d'un Comité d'organisation aux ordres. Malheureusement pour le pouvoir de Bangui, la supercherie a été découverte et les réactions n'ont pas tardé à émerger. L'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), vigilante à l'époque de la mise en place du Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif ne s'est pas privée d'élever une protestation qui fera tâche d'huile. Si l'UFVN n'avait pas fait preuve de dextérité en menaçant de boycotter le forum lors de la mise en place du Comité Préparatoire, le dialogue aurait connu des dérapages qui auraient fait éviter d'évoquer les vrais problèmes qui minent la République Centrafricaine et qui mettent à rude épreuve la paix, la sécurité des personnes et des biens, ces facteurs qui constituent un frein au développement du pays.

Des entités infantilisées ?
Le processus fonctionnait au ralenti car la pomme de discorde n'avait pas été résolue. L'UFVN adresse une correspondance au Chef de l'Etat et fait une proposition de texte portant organisation et fonctionnement du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif. Alors que cette question très sensible n'avait pas encore trouvé de solution, le gouvernement jette le pavé dans la mare avec les trois projets de lois d'amnistie. En préparant ces projets, les autorités n'avaient certainement pas prévu toutes les réactions qu'ils ont provoquées.

Voulant infantiliser les autres entités, le gouvernement croyait faire avaler la pilule et il s'est fait prendre à son propre jeu. Déjà excédées par un Comité d'organisation sujet à caution, les différentes entités et non des moindres ont commencé à geler les unes après les autres leur participation au processus du dialogue. Dans un premier temps, le gouvernement a cherché à minimiser l'ampleur des dégâts causés par ses projets de lois avant de se raviser sous la pression de la communauté Internationale. Le climat devenait délétère et l'inquiétude grandissante. Le gouvernement a fini par comprendre le danger du raidissement de sa position. Il a commencé à faire preuve de modération dans les déclarations, mais qui jusqu'à lors n'a pas été concrétisée par la proposition d'un projet de loi qui puisse être consensuel.

Le gouvernement joue à la distraction
Alors qu'après sa grogne, l'Assemblée Nationale est à pied d'œuvre, les autorités hésitent toujours à confectionner un texte qui puisse créer un climat d'apaisement. Bien au contraire, les autorités ont chargée d'avis pour endormir les communautés nationale et internationale. Comme si l'amnistie n'était plus à l'ordre du jour, les autorités ont changé de stratégie en médiatisant à outrance le projet de réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, une autre question qui fâche. Inondant les médias le Ministre de la Justice est monté au créneau pour fustiger la Magistrature, Centrafricaine, qui serait un Etat dans l'Etat et qui fonctionnerait selon ses propres principes tout en étant allergique aux réformes. Mais pendant que le ministre Thierry Savonarole Maleyombo faisait la démonstration de son talent d'orateur, six organisations de défense des droits de l'homme demandent le retrait du projet de réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Dans une déclaration concise, les organisations de défense des droits de l'homme s'insurgent contre l'intrusion de l'Exécutif dans le pouvoir judiciaire. Pour les ONG des Droits de l'Homme, si cette loi était votée en l'état, elle sonnerait le requiem de l'indépendance de la Justice et constituerait un obstacle pour la garantie des droits du Peuple centrafricain et des investisseurs, désireux de s'engager aux côtés de la République centrafricaine. Cette stratégie du gouvernement de focaliser le débat sur la Réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, constitue pour beaucoup de politique, une sorte de distraction pour reléguer le dialogue politique Inclusif aux oubliettes. Pour les hommes politiques avertis, la priorité est d'abord la tenue du dialogue dont le processus vient d'être obstrué par les projets de lois d'amnistie. La session extraordinaire de l'Assemblée avait d'abord été convoquée à cet effet.
Le Dialogue Politique Inclusif ne peut pas sombrer dans l'oubli par des artifices et des calculs distractifs.



Vendredi 29 Août 2008
Dinawade Mokambo Junior


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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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