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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 00:08

Rumeurs de remaniement ministériel en RDC : Gizenga ne veut pas lâcher son job!

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent à nouveau à Kinshasa à propos d'un remaniement de l'équipe gouvernementale du premier ministre Antoine Gizanga. Rappelons que ce dernier est à la tête du gouvernement congolais depuis février 2007, soit après les élections présidentielles teintées d'irrégularités qui ont légitimé le pouvoir de Joseph Kabila. 

La nomination d'Antoine Gizanga à la primature résulte d'une alliance créée après le premier tour des élections et qui fut dictée par les parrains occidentaux du Congo, ceci afin de faire échec à la montée de popularité fulgurante de Jean-Pierre Bemba dans la partie occidentale de la RDC, particulièrement à Kinshasa. On sait qu'après le premier tour le pays était divisé en deux : l'est votant massivement pour Joseph Kabila, alors que l'ouest se ralliait majoritairement à Jean-Pierre Bemba. Ce clivage est-ouest avait sans doute fait très peur aux parrains occidentaux de Joseph Kabila qui tenaient absolument à l'imposer à la tête du pays, alors que l'ouest risquait de devenir ingouvernable pour ce dernier.

Ce qu'on appelle maintenant l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP en sigle) est donc une invention de l'extérieure pour trouver à Kabila des alliés politiques originaires de l'ouest, notamment Antoine Gizanga du PALU et Nzanga Mobutu (ADEMO et qui plus est beau-frère de l'ex-chairman Bemba).
Pour certains (entre autres pour ces deux partis), cette alliance aurait changé la donne électorale au cours du deuxième tour de l'élection présidentielle dans l'ouest du pays en faveur de Joseph Kabila. Mais selon certains analystes indépendants, sans les irrégularités qui se sont produites au moment du vote, l'alliance de ces deux partis au PPRD n'aurait pas été suffisante pour diminuer de manière suffisante le score de Jean-Pierre Bemba dans la partie ouest du pays. 

Depuis bientôt deux ans que Gizenga est à la tête de la primature, tout le monde semble d'accord pour dire que ce gouvernement "éléphantesque" est caractérisé par l'immobilisme, l'incompétence et l'invisibilité presque totale de la personne du premier ministre sur le devant de la scène. En somme, depuis qu'il a été nommé à la primature, Gizenga s'affiche presque comme un sourd et muet devant tous les problèmes qui accablent le pays. Signalons que l'âge du capitaine du navire congolais ne l'aide sans doute pas, mais il faudrait qu'il ait l'honnêteté intellectuelle de passer la main s'il n'a plus la force d'accomplir sa tâche. Mais dans les démocratures africaines, les politiciens s'accrochent au pouvoir (quel qu'il soit) jusqu'à la fin, parce qu'après il n'y a rien... à voler, ou du moins les ressources disponibles se raréfient grandement.

En dépit de toutes ces faiblesses dans le chef du gouvernement, le premier ministre tient mordicus à garder son poste jusqu'à la fin du mandat présidentiel, en invoquant l'alliance conclue avec le PPRD après le premier tour des élections. Même dans l'entourage de Joseph Kabila, la présence de Gizenga à la primature est de plus en plus perçue comme un boulet, surtout dans la perspective des élections municipales qui doivent se dérouler en 2009. En effet, aucun des cinq chantiers du président (ses 5 chansons, comme on dit à Bukavu) n'a été mis en œuvre jusqu'à ce jour, sans oublier l'insécurité qui règne un peu partout à cause de la pléthore de soldatesque désœuvrée qui traîne dans le pays. À cela, il faut ajouter la corruption, les détournements de fonds public et la mauvaise gestion qui caractérisent les institutions politiques et les entreprises étatiques, pendant que la population croupit dans la misère.

Et parlant de détournement, il faut avouer que la communauté internationale (qui agit presque comme tuteur légal du Congo) ferme carrément les yeux sur la dilapidation de l'aide internationale dont bénéficie le Congo pour tous les programmes et projets de réhabilitation, de réforme du secteur de la sécurité, etc. Prenons le cas de la conférence de paix de Goma qui a accouché du Programme Amani (qui est actuellement affublé du sobriquet de "Money Program"). Une partie importante du budget pour l'organisation de cette conférence et à la mise en œuvre de ce Programme Amani a été détournée, selon des sources bien informées. Mais en dépit de cela, la communauté internationale continue à y engloutir des fonds occidentaux sans qu'on ait justifié l'utilisation des fonds précédemment déboursés. À vrai dire, les leaders occidentaux continuent à tromper leur propre population à propos de ce qui a réellement été accompli au Congo depuis la mise en place du gouvernement de transition en juin 2003. Non seulement la MONUC est-elle la plus importante mission des Nations unies, engloutissant 1 milliard de dollars US par année, sans compter le demi-milliard pour les élections de 2006 et les différents programmes financés de manière multilatérale et bilatérale (Banque Mondiale, FMI, France, États-Unis, Belgique, etc., etc.), mais toujours sans produire de résultats concrets au niveau de la sécurité, des conditions de vie, de la relance de l'économie et de la situation politique générale dans le pays.

Dans ce drame politico-financier qui se joue en RDC, la communauté internationale s'avère être un complice de taille. Soulignons ici que par communauté internationale, nous faisons référence aux grandes puissances internationales et régionales qui, chacune de son côté, avancent des pions selon leurs propres calculs géopolitiques concernant la région des Grands Lacs africains. Ce n'est pas la première fois que le Congo est l'objet de convoitise de la part des grands de ce monde. Quant à l'instauration de la démocratie et la tenue "d'élections historiques" en RDC qu'on ne cesse de nous chanter, il ne s'agit que de la poudre aux yeux pour d'abord dissimuler aux contribuables occidentaux le gaspillage des fonds publics engagés par leurs gouvernements respectifs et pour dissimuler également aux Congolais les véritables enjeux derrière l'imposition de Kabila à la tête du pays.

La rédaction


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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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