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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 00:15

RWANDA
Le gouvernement accuse la France de soutien au génocide des Tutsis

par La Rédaction du DL | le 06/08/08 à 08h05

          


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Un rapport accusateur commandé par le gouvernement rwandais a relancé, hier, la polémique sur les responsabilités éventuelles de la France dans le massacre des Tutsis par les Hutus, en 1994. Ce carnage avait fait plus de 800 000 morts, selon les chiffres de l'Onu.
Lors d'une conférence de presse, Tharcisse Karugarama, le ministre rwandais de la Justice, a dévoilé les conclusions de ce document de 500 pages écrit en français. Elles sont accablantes pour Paris. Selon ce rapport, la France "était au courant des préparatifs du génocide, a participé aux principales initiatives de sa mise en place et à sa mise en exécution". "Des militaires français ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis [...] Et ils ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", a accusé le ministère.

Treize dirigeants français dans le viseur

"Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais a enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice", a poursuivi Tharcisse Karugarama. Concrètement, le Rwanda demande que vingt militaires et treize hommes politiques français de l'époque soient poursuivis en justice, dont François Mitterrand (décédé en 1996), l'ex-Premier ministre Édouard Balladur, l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et son directeur de cabinet d'alors Dominique de Villepin ainsi que l'ex-secrétaire général de l'Élysée Hubert Védrine.
Le Rwanda reproche aussi à la France d'avoir "laissé en place les infrastructures du génocide, à savoir les barrières tenues par les Interahamwe (extrémistes hutus)". Ces barrières avaient été installées pendant l'opération militaro-humanitaire "Turquoise", entre la fin juin et la fin août 1994. Toujours selon le rapport, les Français "ont demandé de façon expresse que les Interahamwe continuent à contrôler ces barrières et à tuer les Tutsis qui tenteraient de circuler".

Pas de réaction française pour le moment

Hier, le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter ces accusations. "Nous n'avons pas encore pris connaissance de ce rapport qui ne nous a pas été communiqué par le gouvernement rwandais, et nous ne sommes donc pas en mesure d'y réagir", a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.
Ce rapport a été établi par une commission spéciale composée d'historiens et de juristes rwandais qui ont commencé leurs travaux en octobre 2006. Or, la France n'a officiellement plus de relations diplomatiques avec Kigali depuis la fin du mois de novembre 2006, date à laquelle le juge Jean-Louis Bruguière a réclamé des poursuites contre Paul Kagame et huit de ses proches. Le magistrat soupçonnait l'actuel chef d'État rwandais d'avoir participé à l'attentat contre l'avion de l'ex-président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Cette attaque avait été perçue comme étant l'élément déclencheur du génocide.


Paru dans l'édition 38H du 06/08/2008 (90890)

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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