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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:55
Coup d’Etat” de l’assureur : Une banale affaire d’escroquerie
(Fraternite-Matin 11/10/2008)


Le procès relatif au présumé coup d’état impliquant l’avocat Ayé Ayé s’est ouvert hier au tribunal de première instance.

La fameuse tentative de coup d’Etat découverte en février dernier et qui impliquait l’avocat Ayié Ayié Alexandre, l’assureur Togba Bonaventure, le pasteur Goué Emmanuel et Guéi Paul, n’était en réalité qu’une banale affaire d’escroquerie. Qui a été requalifiée de trouble à l’ordre public par l’instruction.

C’est à l’occasion du procès qui s’est ouvert, hier, au tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, que les dessous de cette affaire ont été rendus publics.



En fait, il est reproché à Togba Bonaventure d’avoir fait sur support vidéo, une déclaration de prise de pouvoir, en remplacement du Président Laurent Gbagbo.



Au regard des débats à l’audience, il ressort que Togba Bonaventure, traversant alors des moments difficiles, rencontre, par le canal de son épouse, le pasteur Goué Emmanuel. Rencontre à la suite de laquelle l’assureur voit ses affaires prospérer à nouveau. Dès lors, il s’établit une confiance entre les deux hommes qui deviennent très proches. C’est alors que le pasteur va bénéficier des largesses de Togba qui ne jure désormais que par lui. En 2005, le pasteur Goué révèle à Togba qu’il a reçu une prophétie qui ferait de ce dernier le président de la République de Côte d’Ivoire, après le Président Laurent Gbagbo. Mais pour la réalisation de cette prophétie, il fallait que Togba remplisse certaines conditions, entre autres, construire un nouveau temple de 10.000 places, réhabiliter l’ancien à hauteur de 100 millions, payer les dîmes de ses revenus et se séparer de son épouse, pour se remettre en ménage avec celle d’avec qui il avait divorcé.



Togba satisfait aux conditions, sauf la dernière. Entre-temps, le pasteur lui recommande de faire une vidéo dans laquelle il se proclame Président de la République. Lequel support servirait à faire les dernières prières pour l’accomplissement de la prophétie. Comme envoûté, Togba, qui croit fortement à son pasteur, approche son avocat Me Ayié Ayié, pour lui produire une déclaration de candidature à la présidentielle qu’il rendrait publique devant la presse. L’avocat, qui se veut prudent, approche le pasteur qui lui confirme l’information. Me Ayié Ayié satisfait donc à la demande de son client. Entre-temps, le pasteur Goué recommande à Togba de se séparer de son avocat, parce que sa présence à ses côtés pourrait être un obstacle à la réalisation du projet. Ainsi depuis 2006, Togba a pris ses distances vis-à-vis de Me Ayié Ayié. Pendant ce temps, l’assureur Togba continuait de couvrir le pasteur Goué de présents, dont une maison de plus de 60 millions, plusieurs grosses voitures, d’imptantes sommes d’argent et bien d’autres objets de valeur.



Pour la déclaration de prise de pouvoir sur le support vidéo, Togba reconnaît s’être inspiré du texte de Me Ayié Ayié, auquel il a ajouté des éléments nouveaux du genre « Ivoiriens, Ivoiriennes, mes chers compatriotes, le Président Gbagbo vient de mourir… » Ainsi que la dissolution des institutions et l’appel du peuple à la désobéissance civile. Tout cela sur conseil du pasteur. Avant de filmer la déclaration, Guéi Paul rencontre à son tour le pasteur qui confirme encore l’information, avant de promettre de brûler sa bible, si jamais la prophétie ne s’accomplissait pas. Ainsi l’élément vidéo est réalisé par un téléphone portable. Et copié plus tard sur l’ordinateur de Guéi Paul. Dont le frère découvrira le film, à l’origine de l’ébruitement de l’affaire.



A la barre, Togba explique que le pasteur lui a dit que la mort du Président, dont il parle dans le film, n’est pas une mort physique, mais plutôt spirituelle qui marque la fin de son règne. Le pasteur qui a nié les faits à la barre a été confondu par ses co-détenus.



Le ministère public pour sa part a estimé que dans l’ensemble, le délit de trouble à l’ordre public est constitué, de par les propos tenus dans la vidéo. En répression, il a requis 5 ans d’emprisonnement ferme contre le pasteur Goué, 3 ans contre Togba et 1 an contre Ayié Ayié et Guéi Paul.



Pour la défense, le délit n’est pas constitué puisque l’élément vidéo n’a pas été diffusé pour susciter des troubles.



Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 17 octobre.



Marc Yevou

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans JUSTICE
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