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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 19:46
Dernière chance avant le chaos
Le "Dialogue politique inclusif" rassemble à partir de lundi à Bangui des politiques, mouvements rebelles et la société civile de Centrafrique, dans l'espoir de ramener la paix dans ce pays déstabilisé par des années de crise sociale, l'insécurité et des rébellions. Cette concertation, qui s'achèvera le 20 décembre, "est celle de la dernière chance pour notre pays", estime le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Cyriaque Gonda, également coordonnateur du Dialogue.
Figureront à l'agenda, selon lui, des questions "politiques et de gouvernance", "de sécurité et des groupes armés", "de développement économique et social" de ce pays enclavé de 4,5 millions d'habitants, un des plus pauvres d'Afrique, confronté depuis 2005 à l'insécurité dans le Nord, avec des exactions de rebelles, "coupeurs de routes" et militaires.

La Centrafrique est également en proie à une crise financière et sociale, se traduisant notamment pour les fonctionnaires par des mois de retard au paiement des salaires.

Selon le comité d'organisation du Dialogue, "entre 125 et 200 personnes", représentant pouvoirs publics, partis politiques, société civile et groupes armés, prendront part à ces assises, sous la direction de l'ex-président burundais Pierre Buyoya, déjà présent à Bangui.

Y sont annoncés plusieurs opposants et chefs de rébellions en exil, dont certains bénéficient de la loi d'amnistie promulguée en octobre par le président François Bozizé, en prélude au Dialogue.

Parmi les plus en vue: l'ex-président (1993-2003) Ange-Félix Patassé, vivant au Togo, et le président de la rébellion de l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), Jean-Jacques Demafouth (photo), établi en France.

M. Demafouth, auparavant poursuivi par la justice centrafricaine sous des accusations d'assassinat, a aussi assuré ne pas avoir de crainte, mais une "appréhension" de trouver des populations dans la misère. "Mon premier acte sera de demander pardon au peuple centrafricain", a-t-il confié jeudi à Libreville, en route pour Bangui.

Un autre chef rebelle est sur place depuis mercredi soir: le capitaine Abacar Sabone, du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la Justice (MLCJ), vivant au Bénin. Il a annoncé à l'AFP la signature par le MLCJ, pour samedi, d'un cessez-le-feu avec le gouvernement, puis d'un accord global de paix "grâce à une médiation tchadienne".

L'accord global de paix, prévoyant notamment les désarmement, démobilisation et réinsertion des combattants, a été paraphé en juin à Libreville par Bangui et deux rébellions: l'APRD et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), ce, grâce à une médiation du Gabon.

La médiation gabonaise avait déjà permis un accord séparé entre le gouvernement et l'APRD, obtenu en mai après deux agréments similaires: le premier avait été signé en février 2007 avec le Front démocratique pour le peuple centrafricain (FDPC) à Syrte (Libye), le second en avril 2007 avec l'UFDR à Birao (Centrafrique).

Le leader du FDPC, Abdoulaye Miskine, ne s'est pas exprimé sur un éventuel retour de son exil en Libye. Le gouvernement souligne cependant que le Front est représenté par Marcel Bagaza au comité d'organisation du Dialogue, dont "personne n'est exclu".

Ismaïla Sy, un professeur de droit, espère cette fois une vraie chance pour la paix, car, dit-il, "il y a eu plein de rencontres de ce genre. Beaucoup de résolutions et recommandations ont été adoptées" sans réel changement.

Publié le 7 décembre 2008.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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