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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 20:27
Sarkozy met el-Béchir sous pression

Le président français Nicolas Sarkozy a mis lundi la pression sur le président soudanais Omar el-Béchir en affirmant qu'il devait "faire le choix" de la paix au Darfour dans "les jours qui viennent", estimant qu'il avait "son avenir dans les mains".
"Nous avons besoin du gouvernement soudanais pour trouver enfin la paix au Darfour, nul ne le conteste, mais le président Béchir a bien peu de temps pour décider, il a son avenir dans les mains", a déclaré M. Sarkozy lors d'un discours prononcé à l'Elysée pour le 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme.

"Soit il change d'attitude, et la communauté internationale peut discuter avec lui, soit il ne change pas d'attitude, alors il sera face à ses responsabilités, notamment devant la Cour pénale internationale (CPI) qui est un progrès de l'humanité", a-t-il poursuivi.

"C'est un choix qu'il doit faire non pas dans les semaines qui viennent, mais dans les jours qui viennent", a insisté le président en exercice de l'Union européenne (UE).

"Quand on a dans son gouvernement un homme qui est poursuivi pour crimes, alors la communauté internationale ne peut pas parler avec vous", a également souligné Nicolas Sarkozy, évoquant les mandats d'arrêts délivrés en 2007 par la CPI contre un ministre soudanais poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la province soudanaise du Darfour.

Le président Béchir a jusque-là toujours refusé de livrer à la justice internationale son ministre aux Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, ainsi qu'un chef de milice pro-gouvernementale janjawid, Ali Kosheib, également recherché par la CPI.

"J'ai eu l'occasion de le lui dire à Doha de la façon la plus claire", a également rappelé le président français en évoquant son entretien avec son homologue soudanais le 29 novembre dans la capitale du Qatar, en marge de la conférence de l'ONU sur le financement du développement.

"Je sais bien qu'un certain nombre de gens ont dit +mais comment osez vous parler avec le président Béchir ?+", a-t-il ajouté. "Mais si on n'en parle pas au président soudanais, comment trouvera-t-on la solution dans cette partie du monde ?".

"Si le président soudanais ne change pas de politique, alors plus personne ne lui parlera", a-t-il conclu.

Nicolas Sarkozy avait proposé en septembre de suspendre la procédure de justice visant le président Béchir, accusé par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de "génocide" dans la province soudanaise du Darfour, en échange d'un changement "radical" de la politique de Khartoum et de sa coopération pour résoudre ce conflit.

Il avait également demandé que "des gens qui sont accusés de génocide ne restent pas ministres dans le gouvernement soudanais".

Ce "marché" a suscité l'inquiétude de nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme, qui craignent une remise en cause de la procédure engagée par la justice internationale.

Publié le 8 December 2008.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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