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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 23:18

LES POLEMIQUES ONT LAISSE UN GOÛT AMER AU DPI

Tout le monde pensait qu’après les journées agitées du lundi 15 décembre 2008 et du mardi 16 Décembre, le dialogue politique inclusif allait revenu au pragmatisme et à la sagesse avec une journée du mercredi 17 plus calme.



Ceux qui ont fait ce pari du réalisme n’ont pas réussi le pronostic, car la journée du mercredi 17 décembre a été plus agitée que toutes les autres journées au point qu’à plusieurs reprises par un rappel à l’ordre surtout aux représentants des pouvoirs publics, le Major Pierre Buyoya, ancien Chef d’Etat du Burundi, président du praesidium du dialogue a menacé de déposer son tablier. Les représentants des pouvoirs publics en tête desquels les membres du gouvernement se sont installés dans une proposition bien inconfortable de la défensive. Très virulents parfois dans le langage, les ministres participant au dialogue n’acceptent pas les critiques formulées par les délégués sur la gestion du régime actuel. Les débats devenant parfois harassants, certains délégués préféraient prendre de l’air soit dans les couloirs ou s’installer carrément au bar de l’Assemblée nationale pour éviter ce climat qui devenait de plus en plus électrique et délétère. Les règlements de compte verbaux et les diatribes sinon insanités déguisées n’ont pas manqué. A un moment, on se croirait dans la rue et lors des disputes de quartier où il n’y a aucune retenue. Les participants ont même oublié que les débats étaient retransmis en direct à la radio et à la télévision nationale. Quand on voit un ministre de la République se lever en pleine séance, brandir des muscles et effectuer des exercices de ‘’kata’’, on se demande si le dialogue ne se transformera pas en gala de pugilistes.

La cohérence du raisonnement a fait défaut
L’attitude de défense a lourdement pénalisé les pouvoirs publics et la majorité présidentielle qui ont donné l’impression d’avoir pris part à ce dialogue sans préparation. De sources bien informées, la majorité présidentielle a bel et bien préparé ce dialogue et des documents avaient bel et bien été distribués. Mais les délégués issus de cette entité, optant pour la passion dans les débats ont perdu tout contrôle et ne se sont pas référés aux documents qui leur avaient été distribués et qui comportaient des justifications assez sérieuses sur tous les aspects des problèmes évoqués.

L’opposition démocratique, les mouvements politico-militaires et parfois la Société Civile, constatant que les pouvoirs publics et la majorité présidentielle cumulaient les failles et voulant procéder par intimidation dans les déclarations, ont exploité à fond les brèches qui étaient ouvertes par des interventions qui frisaient la provocation. Ce sont des stratégies utilisées lors des négociations difficiles pour affaiblir l’adversaire et lui imposer ses points de vue. La colère étant l’arme des faibles, la cohérence du raisonnement disparaît avec cet état d’esprit. Refusant systématiquement de voir leur gestion être passée au peigne fin, les ministres participant au dialogue politique inclusif ont fait front commun. Parfois les interventions sont tellement intempestives que le président du présidium décide de faire appel aux pouvoirs publics pour assurer la police des débats. Si jusque-là, le dialogue n’a pas connu d’incidents majeurs et malheureux, cela est dû à la dextérité du Major Buyoya et tous ceux qui l’assistent au sein du présidium. Mais l’activisme des pouvoirs publics dans les débats n’a pas empêché de faire passer des recommandations pour lesquels, elles étaient au départ hostiles.

Certains tabous sont tombés
Les polémiques lors des débats se sont focalisées autour des questions très sensibles. Mais malgré une plaidoirie très farouche des membres du gouvernement, la voix de la majorité a prévalu et certains tabous sont tombés. C’est ainsi que le principe d’un gouvernement d’union afin de matérialiser la réconciliation dans les grandes institutions de l’État notamment dans une des branches de l’Exécutif qu’est le gouvernement. L’un des points les plus délicats était la dernière loi sur la Réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Les pouvoirs publics, qui n’ont pas souhaité une relecture de cette loi, l’ont défendue becs et ongles. Tous les arguments ont été avancés allant jusqu’à déclarer que c’est la Cour constitutionnelle qui a commis une forfaiture professionnelle. La décision rendue par la Cour Constitutionnelle en lieu et place de l’avis que lui avait demandé l’Exécutif a soulevé l’ire des pouvoirs publics qui se refusaient de voir la vérité en face.

Malgré le compromis d’une commission spéciale, séance tenante et la lecture de la décision de la Cour Constitutionnelle, qui leve toute équivoque, les esprits surtout dans les rangs des pouvoirs publics ne se sont pas apaisés. S’accrochant à une loi qui pose problème par l’inconstitutionnalité de certaines de ses dispositions. Finalement, la sagesse a prévalu et le texte va être renvoyée à la relecture.

Tout s’est passé comme l’impréparation et l’approximation des pouvoirs publics et la majorité présidentielle ont joué en leur défaveur. Les carences dans la défense de certains dossiers de la part des pouvoirs publics résultent selon certains observateurs des atermoiements des gouvernants quant à l’organisation du dialogue politique inclusif. Ce forum est maintenant une réalité. Même des problèmes qui fâchent ont été abordés. Mais qu’au sortir de ces assises, le linge sale aura été lavé en famille. Que les polémiques au cours des débats ne laissent pas un goût amer. Il y va de la sincérité du dialogue politique inclusif quant à la situation future de la République Centrafricaine.



Jeudi 18 Décembre 2008
Madimba Nimba

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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