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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 16:19

 

Congo-Kinshasa: Un pasteur vole un billet de cent dollars dans les offrandes
Donatien N. Mupompa
2 JANVIER 2009


     Kinshasa — Ce dimanche 28 décembre, jour du Seigneur, l'église «Pesa Obika» de la commune de Matadi est pleine à craquer. Après les louanges, est arrivé le moment des offrandes. Le synthétiseur joue de plus belle et sous un rythme cadencé, les fidèles glorifient l'Eternel avec les cantiques du moment. M. MPK, pasteur adjoint et dirigeant de la chorale entonne : « Pesa makabo, Nkolo akozongisela yo (Ndlr : Donne les offrandes, Dieu te récompensera) ».

Dans cette frénésie, le choriste Luemba est emballé, et se voit déjà au ciel. Dans sa poche se trouvent deux billets de banque. Celui de cent francs congolais est destiné aux offrandes, et l'autre de cent dollars américains est réservé pour la garantie locative.

Emporté par l'euphorie, Luemba s'avance vers le panier à offrandes, en esquissant un pas de danse. Il plonge la main dans la poche. Mais par mégarde, il tire le billet de cent dollars et le jette dans le panier.

Après le culte, il file directement chez son nouveau bailleur pour payer la garantie. Mais au lieu des cent dollars, c'est cent francs congolais qui émergent le billet de sa poche.

Le bailleur trouve là une farce de mauvais goût, et prend ce locataire potentiel pour un homme moins sérieux. Dépassé par la tournure des événements, le choriste tient la tête entre ses deux mains. Après un temps de méditation, il rentre à l'église.

Là, il questionne Wivine, l'une des soeurs en Christ chargées de la collecte. Celle-ci lui confirme : « Si, au moment du comptage, j'ai aperçu un billet vert et me suis exclamée : "Papa pasteur, voici un billet de cent dollars dans le panier à offrandes.

Le pasteur adjoint a rétorqué : «Soeur Wivine, donne-moi ça. Curieusement, ce pasteur chargé de la vigilance l'a enfoui dans la poche droite de son pantalon ». A cette révélation, frère Luemba se met donc à la recherche du pasteur impénitent.

On lui fait comprendre que ce dernier vient de sortir du bureau d'un pas pressé, en disant que son enfant est terrassé par la fièvre à la maison.

Pour frère Luemba, c'est là une nouvelle pas du tout bonne. Il court donc comme une gazelle, dans l'espoir de rattraper celui qui a emporté sa fortune.

Heureusement pour lui, le pasteur est encore à quelques centaines de mètres de l'église. Luemba l'interpelle : « Amen pasteur, je vous ai rejoint pour que vous me restituez le billet de cent dollars que vous avez pris. Cet argent doit me servir pour la garantie locative ».

A ces mots, le pasteur adjoint monte sur ses grands chevaux. Il fulmine et menace de corriger ce fidèle irrévérencieux. Leur dispute attire des curieux. Ces derniers veulent trancher pour les départager. Peine perdue, le ministre de Dieu clame son innocence.

Devant la résistance du pasteur, Luemba opte pour les manières fortes. Les jeunes garçons qui se trouvent sur place l'aident à maîtriser le pasteur adjoint. La fouille porte ses fruits. Les cent dollars reposent bel et bien dans la poche droite du serviteur de Dieu. En guise de correction, le pasteur aux mains longues reçoit quelques coups de poings et des gifles.

Revenu à l'église, frère Luemba annonce la bonne nouvelle au pasteur titulaire et aux membres du comité paroissial. Il en profite pour leur signifier, séance tenante, son départ de cette église. Quant au pasteur adjoint, il est suspendu pour six mois, à cause de cet acte qui venait de ternir l'image de la maison de Dieu.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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