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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 11:47

LIBASSE SAMB DG DU FONDS AFRICAIN DE GARANTIE ET DE COOPERATION ECONOMIQUE (FAGACE) :

 « Un modèle de bonne gouvernance économique »

 

 

Le FAGACE qui comprend 11 membres est ouvert à des Etats non africains et aux institutions financières internationales. Est-ce qu’il y a une politique attractive menée en direction de ces derniers pour les amener à intégrer cet instrument de ’’Garantie des investissements en Afrique de l’Ouest’’, comme c’est le cas avec la Banque mondiale, le FMI ou des partenaires traditionnels de nos Etats, en l’occurrence des pays de l’Union européenne ?

A la dissolution de l’organisation-mère en 1985, l’Ile Maurice s’est retirée la même année ramenant à 8 le nombre des Etats membres du Fonds. L’Institution qui change alors d’appellation devenant le Fonds Africain de Garantie et de Coopération Economique, a accueilli en 1996 le MALI comme 9ème Etat membre. Dès le départ, sa configuration allait au-delà de l’Afrique de l’Ouest. Dans le souci de donner une nouvelle impulsion au développement de l’Institution tout en lui conférant plus de crédibilité et de moyens, j’ai dès mon premier plan d’action triennal émis le vœu de faire du Fonds, une Institution à vocation continentale. C’est ainsi qu’au plan des reformes institutionnelles, une nouvelle convention portant statuts du Fonds a été adoptée le 15 juillet 2005 par le Conseil d’Administration.

Avec cette réforme le Fonds a pris une nouvelle dimension. Son capital social est passé de 7,7 milliards FCFA à 30 milliards FCFA. L’Institution est désormais ouverte en plus des Etats africains à des Etats non africains ainsi qu’aux institutions financières internationales. La politique de coopération, de communication et du marketing a été renforcée et des démarches ont été menées en direction de plusieurs Etats et Institutions. Grâce à toutes ces mesures, la Sierra Léone a rejoint le Fonds en 2004, le Cameroun et la Guinée Bissau en 2006, portant ainsi à 12 le nombre d’Etats actuels. Les démarches sont toujours en cours vers d’autres pays et Institutions. Nous bénéficions présentement d’un appui institutionnel de l’Union européenne à travers le Centre pour le Développement de l’Entreprise (CDE), à l’issue duquel un plan de mobilisation de ressources sera mis en œuvre.

L’Afrique s’est engagée dans un combat qu’elle espère gagner pour son développement : la lutte contre la pauvreté et la lutte contre la corruption. Quel est le degré d’implication du FAGACE à ce niveau ?

La pauvreté et la corruption sont deux maux dont souffre effectivement l’Afrique. Plusieurs mécanismes sont de nos jours conçus et mis en application pour les combattre. La création d’emplois constitue un moyen de lutter contre la pauvreté. A cet effet, le Fonds s’est investi dans des projets à forte intensité de main-d’œuvre. Une attention particulière est entrain d’être accordée aux Institutions de micro-finance en vue de leur permettre de mieux répondre aux besoins des populations à la base, ceci par le biais de lignes de garantie à accorder à ces Institutions. S’agissant de la lutte contre la corruption, le Fonds est une institution financière internationale qui se doit d’être un modèle de bonne gouvernance économique. A cet effet, les dossiers de promoteurs que nous recevons sont instruits au plan interne de manière impartiale et transparente. Au plan externe, le Fonds procède à une évaluation des projets afin de juger de leur conformité par rapport au dossier de demande d’intervention. Le suivi des projets est également effectué afin de s’assurer du bon emploi des ressources mobilisées

Pour l’essentiel les Etats membres du FAGACE appartiennent à la zone franc : Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo entre autres. Quel est le type d’appui que le Fonds apporte dans la consolidation des échanges entre ces Etats qui partagent la même monnaie ? Et parallèlement, quels sont les rapports que le FAGACE entretient avec des organismes comme la CEDEAO, l’UEMOA ou encore la CEMAC ?

Il faut reconnaître qu’en Afrique de l’Ouest, la zone franc se résume à l’espace UEMOA qui est composé de 7 pays francophones en plus de la Guinée Bissau qui est lusophone. Il était donc important pour le Fonds de faire adhérer la Guinée Bissau, afin que tous les pays membres de cette organisation régionale se retrouvent au sein de l’Institution. Evidemment, le Fonds a toujours été très actif dans cet espace d’intégration, en étant présent dans des créneaux de réflexion prospective. Aussi, l’Institution est-elle à l’initiative des recherches pour l’harmonisation de la pratique du métier de garantie avec les institutions sœurs de la région telles que le FSA(Niamey), le FEGECE (Abidjan) le Fonds GARI (Lomé). L’Union a d’ailleurs bénéficié des interventions en bonification et en garantie du Fonds sur nombre de projets d’interconnexion régionale. En cela, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Institution spécialisée de l’UEMOA est notre partenaire privilégié à travers un accord de coopération. Le Fonds a garanti un nombre important de projets financés par la Banque. Pour ce qui est de la CEDEAO, le pont est vite établi puisque tous les membres de l’Union sont aussi membres de la Communauté. Dans le cadre de l’ouverture du Fonds, des démarches sont entreprises et ont abouti, depuis 2004, à l’adhésion de la Sierra Léone. D’autres démarches sont menées en direction des autres Etats. Par ailleurs, le Fonds est actionnaire de la Banque Régionale d’Investissement (BRIC). L’institution est également un membre de l’Association des Institutions Régionales et sous-Régionales de Financement du Développement (AIRFD) qui comprend également la BOAD, le FRDC, le FEGECE et le FSA. S’agissant de l’Afrique Centrale et Australe et en particulier de la CEMAC, la politique du Fonds a toujours été une politique d’approche équilibrée afin d’attirer ces Etats dans l’Institution. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’adhésion du Cameroun en avril dernier (jusqu’alors, seule la République centrafricaine était membre) comme le début d’une série d’adhésions des autres pays.

Pour un pays comme le Rwanda qui a été mis à genou par un génocide sans précédent en 1994, quel a été l’appui du FAGACE pour la reconstruction de l’économie et la confiance des investisseurs ?

Le Rwanda fait partie des Etats qui ont le plus bénéficié des interventions du Fonds en bonification même en faveur du secteur privé. Au cours de la guerre, des infrastructures ont été détruites. Cependant, le Fonds a déployé des efforts pour apporter son appui indéfectible à ce pays. Ainsi une ambulance et des médicaments de première nécessité lui ont été offerts. Plusieurs actions ont été ensuite menées en direction de ce pays notamment la participation à la création d’un Fonds de garantie agricole et les actions de solidarité dont une contribution financière dans le cadre de la commémoration du 10ème anniversaire du génocide. Plusieurs missions d’identification de projets ont permis de recenser des projets bancables et de favoriser leur réalisation.

Dans les formes d’intervention du FAGACE, il y a la prise de participation dans le capital social d’entreprises nationales ou régionales, entre autres. Quel est le nombre d’entreprises qui figurent dans le portefeuille du FAGACE ?

Notre politique de participation obéît à deux préoccupations qui sont d’ordre stratégique et financier Au plan stratégique, ne pouvant être présent dans certains créneaux, le Fonds participe à des structures dont la mission est en phase avec ses objectifs. Ainsi, notre présence aux conseils d’administration nous permet d’influer sur les orientations. Nous avons pris des participations au capital de : Cauris-Investissements S.A., Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, Dépositaire Central, Banque Régionale d’Investissement de la CEDEAO, Société de Commercialisation des Informations d’Entreprises (SCIE-SA). Au plan financier, le souci de rentabilité nous guide avec le Groupe Atlantic Finance, Ecobank Transnational, SONATEL, Groupe Bank Of Africa.

Monsieur le Directeur général, le NEPAD constitue aujourd’hui une chance pour l’Afrique de rattraper son retard afin de s’engager durablement dans la voie du progrès économique et social. Comment le FAGACE s’intègre t-il dans le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique ?

Les objectifs du Fonds et ceux du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) sont en réalité convergents. En effet, ils visent tous la promotion des investissements tant publics que privés en vue de la réalisation de grands projets pouvant permettre à l’Afrique de se doter des infrastructures de base nécessaires à son développement. La lutte contre la pauvreté, la promotion ainsi que l’intégration complète et profitable à l’économie mondiale de l’Afrique font également partie de leurs objectifs principaux. Les Institutions comme le FAGACE doivent donc être des vecteurs de la mise en oeuvre effective du NEPAD.

PROPOS RECUEILLIS PAR DOUDOU SARR NIANG (Suite etfin)

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Published by FAGACE - dans ECONOMIE
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