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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 02:08
Bradage de la souveraineté

QUAND LES POLITICIENS CONGOLAIS se déchaînent, ils perdent le nord. Ils soutiennent mordicus ce qu’ils dénonçaient hier dans les circonstances semblables. Hier, lorsque l’opposition politique dite radicale avait le vent en poupe, sa volonté était souveraine. C’est en vain que le chef de l’Etat de l’époque lui demandait de réduire ses ardeurs à se considérer comme seule émanation du peuple pour lequel elle avait le mandat exclusif de parler en son nom. C’est en vain que Mobutu avait demandé à la conférence nationale souveraine de tenir compte des autres opinions. Alors qu’il n’y avait eu aucun référendum, cette opposition estimait que la voix du peuple étant la voix de Dieu, la demande de Mobutu n’avait pas droit de cité. cirInvité au conclave pour « requalifier le processus », l’opposition radicale pilotée par Tshisekedi a dit niet. Même le président du Hcr-Pt n’a pas fait le déplacement du Palais de la Nation après la rencontre de N’Sele. Finalement, le dialogue du Palais de la Nation a eu lieu sans cette opposition et sans Mgr Monsengwo. N’ayant pas les moyens de sa politique, cette opposition a été contrainte d’aller aux concertations du Palais du Peuple. Le Dialogue a eu lieu, mais il a divisé l’opposition autant que l’avait fait la Cns et le conclave du Palais de la nation. C’est de ces concertations qu’est née la troisième voie qui a consacré le divorce d’une part entre Kengo et quelques uns de ses amis de l’opposition radicale et de l’autre entre cette opposition et Mgr Monsengwo. Le dialogue que d’aucuns considèrent à tort comme une panacée, n’a résolu aucun problème. Bien au contraire. Mais ces négociations, contrairement à ce qu’on veut nous imposer aujourd’hui, se tenaient dans le cadre institutionnel mis en place par la Cns. Quand l’Afdl prend le pouvoir en 1997, un nouvel ordre politique est mis en place. L’opposition à laquelle se joindront les marionnettes des agresseurs, dira ne pas se reconnaître dans cet ordre politique. Il fallait donc une solution extra- constitutionnelle. Le dialogue de Sun City se justifiait. Il a mis en place un nouvel ordre politique. Il peut avoir échoué, il peut également avoir mal fonctionné, il ne revient cependant pas à certains individus - dont la seule qualité est d’avoir créé un parti politique - de le remettre en cause. Car, cet ordre politique avait prévu des mécanismes de sa liquidation, notamment l’adoption d’une nouvelle constitution qui inaugure un nouvel ordre politique. Cette constitution a été adoptée par référendum. Si on la met de côté pour de nouvelles négociations, c’est-à-dire pour une solution extra - institutionnelle, on fait un coup d’Etat. Qui peut prendre telle responsabilité ? Quelle garantie qu’en agissant ainsi on n’ouvrirait pas une boîte à pandore ? On peut tout faire, même dialoguer chaque jour, mais personne n’a le droit d’usurper la souveraineté nationale, de s’improviser chercheur de solutions aux problèmes en lieu et place des institution qui sont issues d’un ordre institutionnel consensuel et qui ont été légitimées par le peuple à travers la nouvelle constitution, même de façon seulement transitoire.

L’Avenir

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
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