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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 23:49

DEMOBILISATION, REINSERTION DES EX COMBATTANTS : UNE OPERATION QUI CONTINUE DE FAIRE DES AGITATIONS



 


L'on se souvient que depuis décembre 2005, le gouvernement centrafricain avec le concours du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en Centrafrique a initié l'opération dénommée « Démobilisation et Réinsertion des ex-combattants ». Cette opération visait à identifier, recenser les ex-combattants et les réinsérer dans la vie active selon que ceux-ci optent soit pour la vie civile ou leur incorporation à nouveau dans l'armée centrafricaine. Les soubresauts militaro politiques que le pays a connu depuis une décennie, l'absence de paix, l'insécurité totale qui a élu domicile en Centrafrique, les multiples sévices et exactions de toute sorte qu'a subi la population et qui sont commis par les porteurs de tenues, sont autant des raisons valables qui ont présidé à cette opération.
Malheureusement, force est de constater que, c'est tout le contraire que l'on observe durant la mise en œuvre de la première phase de ce projet lequel, n'a pas produit les effets attendus et par contre, a fait plus de mécontents que de satisfaits. Mardi matin, suite à l'annonce de l'instruction ministérielle relative aux modalités de mise en œuvre des opérations d'identification et d'établissement des listes des ex-combattants à démobiliser, des remous de protestation se sont élevés parmi les premiers ex-combattants identifiés et recensés qui ont opté pour la vie civile mais qui attendent que le projet PRAC les prennent en charge pour leur réinsertion.
Selon ces derniers qui se disent mobilisés pour appeler au boycott de la seconde phase du projet, les objectifs fixés en ce qui concerne le financement des projets dont ils seront porteurs n'ont pas été réalisés à la hauteur des attentes et qu'il y a eu beaucoup de cas de détournement associé au népotisme des responsables chargés de la gestion de ce programme. En clair, ils soutiennent que les ex-combattants qui ont réellement été satisfaits ne sont que ceux issus de l'ethnie Baya et qui ont des affinités avec les princes qui nous gouvernent. Selon le plan conjoint d'accélération de ce projet, la fin juin 2006 serait la date butoir pour une évaluation à mi parcours afin de montrer si oui ou non ce programme a connu un succès. Mais avec les mécontentements qui fusent de partout et surtout la déclaration sur les ondes de RFI par Francis Bozizé, Directeur de cabinet du Ministre de la Défense Nationale François Bozizé que l'opération a maille à partir dans les provinces, il y a lieu de se poser la question sur l'effectivité de la poursuite de ce programme. Il est temps que les bavures constatées dans la gestion de cette première phase soit corrigée car à défaut, on risque d'accroître le nombre des mécontents qui pourront alimenter le rang des rébellions en gestation dans le nord et le nord-est du pays.
Par ailleurs, l'on ne le dira jamais assez du comportement de certains compatriotes détenteurs d'une parcelle de pouvoir de gestion et qui, avides de tout avoir, s'enrichissent illicitement sur le dos des autres en mettant en œuvre, des manoeuvres lugubres pour atteindre leur but. Il n'est un secret pour personne que tous ceux qui qui ont appris à manipuler l'arme de guerre ne peuvent s'en débarrasser que lorsqu'ils tombent l'arme à la main. C'est autant dire que les ex-combattants qui ont pris goût des armes n'hésiteront pas à y recourir quand la situation se présente. C'est justement ce qui se passe non seulement au su et au vu de nos autorités politiques et administratives mais aussi des responsables des institutions internationales partenaires au développement du Centrafrique qui ne cherchent pas à le corriger. Cette situation est assez dangereuse et risque un jour d'éclater emportant ainsi le pays hors de son processus de développement. Alors, il est très important que pour la suite du processus opérationnel de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, que les rôles et les responsabilités des parties prenantes soit bien précisés, que des mesures soient prises pour sanctionner les cas de déviation de sorte que l'impunité qui est le facteur propulseur des faussetés dont est victime le commun des centrafricains soit annihilée.

Jeudi 08 Juin 2006
Grand. Petit-Jean

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