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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 20:12

JOURNALISTE EN DANGER : QUAND LES MILITAIRES DECIDENT DE SUPPRIMER LA VIE D'UN CITOYEN CENTRAFRICAIN



 

On ne dira jamais assez, il n' y a que dans les pays à vocation dictatoriale que les basses manœuvres des princes qui nous gouvernent ne peuvent nullement être dénoncées. La République centrafricaine qui vient de sortir des élections pourtant qualifiées de transparentes par la communauté internationale ne peut pas se permettre le luxe de revivre des actes dignes d'une autre époque tendant à régler le compte de ceux qui s'efforcent à révéler au grand jour, les travers de nos dirigeants en dénonçant leurs mauvaises manières de faire. La plupart du temps, ce sont les hommes en treillis qui ont pour vocation de protéger le peuple centrafricain et défendre l'intégrité du territoire national qui se comportent en de véritable tonton macoute à l'encontre des journalistes. C'est ici qu'il y a lieu de faire écho des menaces de mort qui pèsent sur notre confrère Zéphirin Kaya de la Radio Ndékè Luka. En effet, dans leur parution du 07 janvier 2006, la Rédaction du Journal Le Citoyen et Agbangba ont tiré sur la sonnette d'alarme pour attirer l'attention des autorités centrafricaines sur la nécessité de protéger la vie des hommes de médias en Centrafrique. Et c'est encore des hommes en tenue qui sont indexés par ces deux publications.
Dans Le Citoyen du 7 juin 2006, il s'agit d'une conversation entre deux hommes en uniforme dans un taxi qui ont laissé entendre que « Dis, ce Zéphirin Kaya, on ne doit pas le louper », l'autre de rajouter « Laisse mon cher, on va le tuer ! Ce que les policiers font sur la route-là, il ne voit pas. Pour lui, ce ne sont que les militaires. Mais moi, je vous jure qu'on va le passer par les armes ». Le Journal Agbangba daté du 6 au 7 juin 2006 quant à lui a publié in extenso la correspondance d'un compatriote qui a suivi de bout en bout dans le bus à destination du centre ville, la conversation entre deux militaires pas des moindres de la Garde Républicaine qui voulaient s'en prendre à la personne de ce même Zéphirin Kaya qu'ils considèrent « comme un reporter nuisible et dangereux qui mérite une sentence de mort ». Ils ajoutent que « c'est Zéphirin Kaya ou nous ». Notre compatriote imbu d'esprit républicain et ne voulant pas se laisser peser sur la conscience cette déclaration de mort à l'encontre d'un journaliste qui ne fait que son travail a saisi la Rédaction du journal Agbangba pour qu'il fasse écho de cette déclaration. On pouvait retenir de la correspondance de ce compatriote, la phrase suivante : « taire un dessein macabre, au cas ou il se réaliserait, me ferait mourir de remords ». De tout ce qui précède, l'on se pose la question de savoir si désormais, les forces de défense et de sécurité ont droit de disposer à volonté de la vie d'un compatriote. La Constitution de notre pays en son article 13 dispose que « la liberté d'informer, d'exprimer et de diffuser ses opinions par la parole, la plume et l'image sous réserve du respect des droits d'autrui, est garantie ». Qu'est devenue cette garantie offerte au citoyen par la loi fondamentale ? Ce qui est bien regrettable pour le peuple centrafricain en général et les journalistes en particulier car, travaillant sous la pression de ceux qui pensent qu'en ayant la gâchette facile, ils peuvent valablement taire les professionnels des médias à ne pas dénoncer les travers de la société centrafricaine. Une maxime populaire nous enseigne que « qui tue par l'épée, périra par l'épée ». Le ciel centrafricain a connu des piètres figures qui se disent invincibles, mais qui, malheureusement…


Harly - Schengen (Le Confident)

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