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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 23:16

LE CSADN A CESSE D'EXISTER DEPUIS DECEMBRE 2004, DIXIT J. BENDOUNGA



 

Le Confident (LC): Joseph Bendounga, vous êtes le Président du MDREC, vous aviez refusé de prendre part au dialogue national. Vous réclamez à cor et à cri un dialogue politique. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rejeter le dialogue organisé précédemment et pourquoi vous tenez cette fois ci à l'organisation d'un dialogue politique ?
Joseph Bendounga (JB) : Je remercie Le Confident de me donner cette opportunité pour ouvrir mon cœur au peuple centrafricain tout entier. Le MDREC fut le tout premier à demander au Président Patassé une amnistie pour Bozizé et Kolingba et aussi le tout premier à solliciter du régime MLPC, le dialogue national. Bozizé a eu à renverser Patassé. Par la suite, Bozizé a instauré le dialogue national. Le MDREC a automatiquement apprécié cela et a donné son point de vue. Ça devrait être un dialogue politique avec des tours d'exécution à court, moyen et long terme avec un suivi réel. Malheureusement, comme la marche du 28 mars 2003, le Général Bozizé à organiser un grand forum pour plébisciter son coup d'Etat. Les partis politiques sont allés sans mettre des gardes fous. Le régime Bozizé à phagocyter les partis politiques à telle enseigne que ceux-ci ont été noyés par la société civile. Ils n'ont pas pu jouer le rôle qui est le leur afin que la démocratie puisse s'asseoir en République Centrafricaine. Quand nous avons vu ce danger et ne voulant pas être complices du Général Bozizé, nous avons écrit au Pasteur Isaac Zokoé pour lui dire clairement qu'en tant qu'homme de Dieu et homme de foi, vous ne pouvez pas organiser le dialogue national sans les principaux acteurs de la vie politique nationale. On ne peut tenir de dialogue en Centrafrique alors que certains compatriotes sont en exil. On chasse vers le Sud et on fait revenir ceux du Sud et on chasse au Nord. Malheureusement, l'homme de Dieu a profité de la tribune du dialogue national pour nous répondre que « ceux qui n'ont pas péché, qu'ils jettent la première pierre ».
Nous lui disons ceci ; aujourd'hui, la République Centrafricaine est dans une impasse parce que le dialogue national a été juste l'œuvre des courtisans du régime Bozizé. Voila pourquoi, le MDREC n'avait pas pris part au dialogue national qu'il ne reconnaît pas. Le MDREC a pris position aujourd'hui et l'histoire lui donne raison. Aussi, face au danger qui menace la RCA, le MDREC a proposé un dialogue politique. On a été le tout premier à écrire au Général Bozizé, à attirer l'attention de la communauté nationale et internationale et à discuter avec la presse pour dire que la RCA est dans une situation d'impasse, il faut un dialogue politique. La majorité qui gouverne et qui a mis le pays dans cette situation et l'opposition doit s'entendre pour que très rapidement, nous puissions trouver des voies et moyens pour sortir la RCA de l'impasse. Aujourd'hui, notre pays ne peut pas continuer dans la situation où elle s'était trouvée suite à l'incapacité et à l'incompétence du Général Bozizé ainsi que l'absence d'un programme de société pour pouvoir sortir la RCA de l'impasse.

LC : Quelle est votre appréciation du fonctionnement des structures qui étaient mises en place notamment le Comité des sages, le Comité de Suivi des Actes du Dialogue National (CSADN) ?
JB : Ces deux structures sont l'émanation de la communauté internationale qui doit aider les centrafricains à trouver des voies et moyens pour sortir le pays des crises, militaro-politiques à répétition. La communauté internationale s'est substituée au peuple centrafricain pour créer des mécanismes qui renferment des gens qui leur plaisent avec la complicité du Général Bozizé pour mettre en place, un Comité des sages. Dans ce Comité dits de sages, vous ne verrez pas figurez l'opposition. Le Pasteur Isaac Zokoé, c'est en quelque sorte le cube maggi de la République Centrafricaine qu'on accommode à toutes les sauces. Ce Comité de sages, quel rôle à-t-il jouer pendant et après les élections et pendant les crises de Paoua et de Birao ? Aucunement pas. Le Général Lamine Cissé qui représente la communauté internationale, il fait partie des sages et est en même temps juge et partie. Quant au CSADN, le Comité a cessé d'exister depuis le mois de décembre 2004. Pourquoi le MDREC dit cela ? C'est que dans les recommandations du dialogue national, le CSADN doit se réunir une fois le mois pour évaluer l'exécution des recommandations du dialogue national. Force est de constater que depuis décembre 2004, ce Comité n'a plus siégé et son Vice Président, un homme politique clairvoyant M. Olivier Gabirault, Président de l'ADP, se rendant compte de ce dysfonctionnement grave s'est retiré de cette structure. Donc grosso modo, ceux qui font partie du CSADN « sont en quelques sortes comme des fonctionnaires » qui émargent sur le budget de l'Etat et sont véhiculés pendant que les fonctionnaires, retraités et boursiers tirent le diable par la queue pour survivre. Et si le CSADN ne produit plus de rapport, ça veut dire qu'il n'existe pas. On me dira que le CSADN a publié quelques communiqués. Selon moi, ces communiqués sont laconiques et à mon humble avis se mettent du côté de Bozizé et non du côté des recommandations du dialogue national. Et aujourd'hui, à propos des recommandations du dialogue national, sur 830 recommandations, seules 83 sont exécutées soit 10%. Pour ce bilan négatif, on continue de maintenir une structure qui ne donne pas satisfaction.

Mardi 13 Juin 2006
Propos recueillis par MCNM

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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