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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 09:24
AU-DELA DES ETHNIES
(Centrafrique-Presse 14/06/2006)


La Centrafrique interpelle et suscite non sans perplexité la curiosité et l'attention de la Communauté Internationale au travers la crise latente qui la couve. C'est vrai, un passant dit la chose suivante: "la mission de paix se déplace dans le Nord". Un autre qui humblement rétorque: "c'est moins bon", et s'explique; la mission de paix a un sens si et seulement si elle est suivie de l'organisation d'un dialogue sur l'état de la Nation centrafricaine. Au travers cette réaction, l'on entrevoit la perspicacité des citoyens à vouloir se parler et débattre des maux qui enflent le relief déjà bridé de la société.

Ainsi donc, ce qui constitue l'obstacle contagieux à cette volonté de rendre homogène le paysage politique autour - d'une seule idée, l'unique, la seule essentielle:"la Centrafrique" c'est-à-dire ses intérêts-, c'est le pouvoir ethnique. C'est la question des éthnies. Leurs places dans la politique. C'est dire l'ethnie au coeur du Pouvoir de l'Etat. Certes, la Centrafrique a connu de nombreuses expériences on ne peut plus embarrassantes, dégradantes, mortifiantes et humiliantes voici maintenant quatre décennies depuis les indépendances. L'on aurait cru que les politiques, notamment ceux qui aujourd'hui accompagnent et collaborent avec Bozizé devront juguler ce mal aux fins de drainer dans l'esprit et le coeur des citoyens la vertu républicaine celle qui se définit par la transcendance des intérêts de la république.

La transcendance des institutions républicaines.

La transcendance du Pouvoir de l'Etat sur le pouvoir ethnique. Si l'on se réclame de la démocratie, de la liberté et de l'Etat de Droit, l'appartenance ethnique n'est pas un critère d'accéder au Pouvoir de l'Etat( l'on entend: Président de la République par Coup d'Etat, Ministres et Hauts cadres). La modernité doit éduquer ceux qui pratiquent la politique. Modernité qui se traduit dans le mécanisme de la démocratie par ce que d'aucuns qualifient partis politiques. C'est vraiment bête de penser que le pouvoir ethnique conduit à solidifier la cohérence de la politique nationale. A vrai dire, ce pouvoir ethnique corrompt et bien sûr construit la platitude du socle de l'Etat c'est-à-dire l' "intérêt national". Celui-ci disparaît. Aussi, le sentiment d'appartenance à la Nation s'évanouit. Cette gêne nourrit la rébellion. Au surplus, le pouvoir ethnique est le terreau de la corruption, des détournements, des violations des Droits de l'Homme, de la mauvaise gouvernance, des pillages des ressources naturelles. L'Administration au sens moderne est ankylosée, puis à terre. L'économie dans les Etats de pouvoir ethnique est contrôlé par ses membres. Ce qui crée en toute proportion non gardée une économie parallèle où le non-droit préside. A voir la Centrafrique sous le prisme du régime Bozizé, l'on est dans le pouvoir ethnique. Ce régime ignore le dialogue mais croit à une mission de paix. Insolite. Incompréhensible. La crise centrafricaine est un tout. Il y a lieu de prendre en compte les préoccupations actuelles des citoyens.

Au-delà des ethnies; c'est la Centrafrique. Cela dit, le pouvoir ethnique, sa consolidation par la force n'est pas la panacée aux crises centrafricaines. Que ceux qui croient dans la démocratie trouvent dans les partis politiques, les tendances des partis politiques, les courants des partis politiques, les cercles de réflexion des partis politiques et les coalitions des partis politiques le vivier qui oriente vers le Pouvoir de l'Etat, le repoussoir du pouvoir ethnique. En d'autres termes les partis politiques doivent remplacer les groupes ethniques. Ce qui est le charme de la démocratie. Ce qui assoie l'autorité du Pouvoir de l'Etat dans le subconscient des citoyens. Qu'on se le dise, la Centrafrique ne doit normalement pas souffrir des questions ethniques. Ce, au vu de son passé. Celui-ci doit le servir de leçon pour construire un Etat dans lequel le citoyen se sent un national. L'appartenance ethnique devrait plutôt être un patrimoine culturel un outil important qui permet de créer, de dire, de penser dans la diversité. Et s'engageant en politique ce patrimoine culturel doit aider le politique à préserver les intérêts nationaux en l'occurrence ceux des centrafricains. Que le citoyen le sache. Que le politique le détermine. Que l'élite se l'impose. "Au-delà des ethnies ; la Centrafrique". C'est pourquoi, il est raisonnable pour tout le gratin politique centrafricain de voir dans le pouvoir ethnique son malheur. Et de décider des maintenant de la tenue d'une nouvelle plate-forme ouverte à toute la classe politique. L'avenir radieux de la Centrafrique réside dans cette plate-forme. Et l'on doit se le dire et ce, à tout moment que: "Au-delà des ethnies; la Centrafrique", en d'autres termes nos intérêts.


par Joseph Nestor Ouamba Patas


Auteur : La Rédaction

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Published by CENTRAFRIQUE PRESSE - dans POLITIQUE
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