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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 13:40

 

 

Renaco et AMP : bipolarisation de la bataille électorale
(Le Potentiel 19/06/2006)
( 19/06/2006)


En face de la Codeco de Pierre Pay Pay et l’Alliance pour la majorité présidentielle, AMP, de Joseph Kabila, il faut désormais compter avec le Regroupement des nationalistes congolais (Renaco) de Jean-Pierre Bemba Gombo, président national du Mlc. C’est autour de ces trois plates-formes que va se jouer la compétition électorale . D’ores et déjà, d’aucuns sont tentés de prédire la réédition du contexte politique qui a prévalu aux premières élections démocratiques au Congo dans les années 60.

Mieux vaut tard que jamais : la classe politique congolaise est en train de prendre la mesure des enjeux politiques. L’approche des échéances électorales suscite l’engouement et favorise entre-temps le regroupement des partis politiques au sein de grands ensembles, mieux des plates-formes électorales. Dès lors le paysage politique se précise progressivement.

Aurait-on compris la leçon de l’union qui fait la force ? En tout cas, la configuration politique actuelle permet de l’affirmer. L’on assiste au rassemblement de principales forces politiques constituées en pôles assez visibles. C’est la preuve que les uns et les autres ont compris que l’on ne peut pas remporter les élections prochaines en y allant en solo ou en ordre dispersé. La naissance de ces alliances est la parfaite illustration que personne ne l’emportera au premier tour.

Après la Convention des démocrates congolais (Codeco) initiée par Pierre Pay Pay et l’Allaince de la Majorité présidentielle de Joseph Kabila, une autre coalition vient de naître. Il s’agit du Regroupement des nationalistes congolais (Renaco). Cette nouvelle plate-forme est l’œuvre du MLC et de quelque 24 autres partis politiques, dont le MDD de Kisombe Kiaku Muisi, le GR de Bofassa Djema, l’Adeco de Jonas Mukamba et la CCD de Lisanga Bonganga.

Le Renaco se veut une plate-forme électorale qui a pour objet la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir politique en RDC par des nationalistes congolais. La sortie solennelle a eu lieu le samedi 17 juin 2006 au Jardin Botanique de Kinshasa. Selon l’acte constitutif, les 24 partis politiques membres du Renaco s’engagent à soutenir le candidat de leur plate-forme à l’élection au premier et au second tour, s’il échet ; de trouver un arrangement particulier dans le cas où le candidat du Renaco ne se retrouve pas au second tour.

Ils disent dresser une carte électorale commune comprenant les listes harmonisées des candidats aux élections législatives, sénatoriales, provinciales et locales dans les circonscriptions suivant l’ordre déterminé par le conseil du Renaco.

De même, les membres du Renaco conviennent d’unir leurs ressources matérielles, financières et humaines aux fins d’affronter solidairement tous les enjeux politiques communs avant et après les échéances électorales. Cette solidarité est également de mise en ce qui concerne la désignation des candidats Premier ministre, gouverneurs, maires de villes, bourgmestres et chefs des secteurs. Bien plus, les membres du Renaco entendent former la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Le coordonnateur François Mwamba a fait savoir que le Renaco a aligné 800 candidats à la députation nationale. Aussi, estime-t-il que sa plate-forme pourrait arracher la majorité à l’Assemblée nationale. Ce qui pourrait lui accorder le droit de désigner le candidat Premier ministre. Il fonde les mêmes espoirs pour ce qui est de la majorité au Sénat.

En ce qui concerne la magistrature suprême, le Renaco compte trois candidats. Il s’agit du Mlc Jean-Pierre Bemba, de la Crd Mboso N’kodia Mpuanga et de l’Adeco Mukamba Kadiata Nzemba. Une harmonisation de vues sera envisagée le moment venu, s’est-il empressé de faire savoir pour écarter toute possibilité de conflits à ce sujet.

La création de cette coalition politique, soutiennent ses membres, est mue par une préoccupation : l’indépendance nationale transite par un leadership congolais totalement désaliéné à la tête du pays. Ceux-ci font de la bonne gouvernance leur cheval de bataille, considérant que la mauvaise gouvernance a été la source de conflits, de division, de perte de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.

Ils demeurent conscients de la nécessité d’ancrer et de consolider la démocratie comme l’unique voie par laquelle les citoyens congolais libérés par le joug de la dictature, doivent se choisir leurs dirigeants afin de conduire dans la liberté les principales transformations de la Rdc.

COMME EN 1960

De ce qui précède, il sied de noter, plus de 40 ans plus tard, la reconfiguration du paysage politique tel que les pères de l’indépendance l’ont vécu dans les années 60. Force est de rappeler qu’en cette année-là, des plates-formes avaient vu le jour. On avait noté le Cartel qui regroupait des partis politiques tel que l’ Abako, les Lumumbistes derrière le Mnc de Patrice Lumumba, sans oublier le PSA de Antoine Gizenga. Des partis qui ne faisaient pas partie de ces grands ensembles ont eu difficile à s’imposer. Tel le cas de Puna de Jean Bolikango. C’est ainsi que ce dernier avait perdu face Kasa-Vubu lors du vote du président de la République à scrutin indirect, Kasa-Vubu ayant bénéficié des voix des lumumbistes.

Plus tard, il y a eu le Radeco et la Conaco de Moïse Tshombe. Grâce à cette coalition Tshombe a été le chef de file de la majoritaire parlementaire. Et lorsque Kasa-Vubu a ignoré cette majorité en nommant Kimba, Premier ministre, cette nomination a été rejetée au Parlement justement à cause de la majorité détenue par Tshombe. Sauf erreur de notre appréciation, l’on s’attend à une réédition de l’ histoire.

J.KABILA – JP BEMBA

La sortie officielle de Renaco pousse à certaines spéculations sur les candidats les plus en vue. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le Renaco a été constitué pour faire face à l’Alliance de la majorité présidentielle. Donc, il est possible que l’on s’attende à un face-à-face entre J. Kabila, candidat de l’Alliance de la majorité présidentielle et Jean-Pierre Bemba, candidat de Renaco.

Un duel qui s’annonce serré quand on sait que les deux personnalités politiques ont de grandes ambitions. Les deux plates-formes qui les soutiennent accusent les mêmes ambitions et poursuivent les mêmes objectifs. C’est-à-dire, remporter les élections dès le premier tour, et dans l’ hypothèse d’un deuxième tour, s’appuyer sur leurs plates-formes pour sortir vainqueur.

Mais en plus, disposer d’une majorité au sein du Parlement pour former le gouvernement. Qu’en pensent les autres formations et leaders politiques ? C’est l’énigme de toute compétition politique.


Par Le Potentiel

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Published by le potentiel - dans POLITIQUE
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