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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 20:06

CENTRAFRIQUE: L'OPPOSITION MONTE AU CRENEAU



 

vue partielle des leaders de l'opposition. Ph. Yaka/Acap
La salle de banquet du restaurant ‘‘L'Équateur'' a servi de cadre à une conférence de presse organisée par les partis politiques de l'opposition. Il s'agit de l'Alliance pour la Solidarité et le développement (ASD), du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), du groupe de réflexion Löndo, de l'Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et du Mouvement Démocratique pour la Renaissance et la Révolution (MDREC), représentés respectivement par MM Yomba Eyamo, Koyamene, Edouard Koyambonou, Henri Pouzère, Olivier Gabirault et Joseph Bendounga. On peut noter la présence du représentant des ambassadeurs du Japon, des Etats-Unis et celui du représentant du Bureau de l'Organisation des Nations-Unies en Centrafrique (BONUCA).
Dans les jeux de question-réponses, les différentes personnalités qui ont représenté leur formation politique ont répondu aux différentes préoccupations des hommes des médias. Henri Pouzère de Lôndô qui assurait la police du débat, a dit que le combat de l'opposition est faire en sorte que le pays puisse sortir de l'ornière actuelle donc, il ne se résume pas à un homme. Ce qui les caractérise le plus est la recherche des idées en vue de les combiner pour trouver des solutions politiques pour la relance de l'économie du pays. Concernant le dialogue national, les voix se sont élevées dans l'opposition pour réclamer un dialogue politique. Les leaders de l'opposition ont noté que lors du dernier forum trois éléments ont manqué bien qu'étant ouvert à toutes les couches sociales. C'est justement à ce moment précis qu'un diagnostic a été fait pour étaler au grand jour tous les maux qui gangrènent le fonctionnement de la société centrafricaine. Malheureusement, seulement 10% des recommandations ont été appliquées. Ce qui amène les hommes de la rue à se poser la question de savoir exactement ce qui se passe sur la non application des ces recommandations, gage d'un développement harmonieux des tissus économiques et sociales du pays. Au travers toujours des réponses données, la situation actuelle du pays est extrêmement grave et qu'il faille des thérapeutiques adéquates, ont déclaré les orateurs. Pour ce qui est de la communication dont aucun aspect n'est relevé, Pouzère a répondu que la communication ne constitue pas un élément qui est au centre de leur préoccupation. Toutefois, elle fait partie de la politique globale pour le combat que doit mener l'opposition. En complément d'information, M. Olivier Gabirault a dit que si l'on parle du dialogue national, c'est d'identifier tous les maux qui gangrènent le pays depuis l'indépendance jusqu'à ce jour. Dans cette optique, des solutions d'urgence appelées communément des recommandations fortes sont élaborées pour remettre le pays sur les rails. Malheureusement, il est à déplorer l'exécution de ces recommandations qui ne sont nullement appliquées dans sa totalité. Selon lui, si toutes les recommandations des actes du dialogue national étaient mises en œuvre dans sa totalité, il ne devrait se poser nullement le problème des arriérés de salaires. Les orateurs ont précisé que la corruption est devenue monnaie courante et vient même du sommet de l'Etat, cause même des arriérés de salaires. Ils ont également relevé les magouilles dans toutes les administrations de l'Etat. Dès l'instant où la société est abandonnée à elle-même, les régimes qui se succèdent enfoncent graduellement le pays. Il a dit que si les gouvernants ne donnent pas les leçons de morale aux gouvernés, aucune avancée significative ne peut être constatée.
En effet, sur la question concernant le paniers des ménagères qui sont vides, Pouzère a dit que puisque tout va mal, l'opposition est en train de prendre ses responsabilités afin de devenir de véritables forces de proposition pour permettre au pays de réorienter la politique qui doit nécessairement prendre en compte tous les aspects du pays pour permettre à chaque centrafricain de vivre plus où moins décemment. A la question de savoir comment les partis de l'opposition ont accueilli le discours du chef de l'Etat lors de l'anniversaire de l'an I après les élections, des voix se sont élevées pour l'analyser tout en faisant la différence qu'il existe entre la version en Sango et celle en français. Selon Pouzère, il faudrait avoir une audace politique pour reconnaître que rien ne marche. Il va plus loin en disant que ce discours n'est uniquement réservé pour le président car, il n'est consommable ni à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. De ce point de vue, M Edouard Koyambonou a relevé une équivoque concernant la politique. Il a dit que la politique ne peut être maîtrisé par les néophytes car le Président Bozizé est acculé par une nébuleuse qui se trouve être le KNK composée de ceux qui n'ont aucune expérience politique. Ce qui s'est traduit dans les faits lors des dernières campagnes électorales, où ils sont incapables de défendre un projet de société digne de ce nom. Pour cette raison, puisque n'ayant pas un projet de société crédible, et à force de s'entourer des personnes non chevronnées en politique, c'est ce qui plonge le pays dans ces moments difficiles. Il a ajouté que le dialogue national est constitué des personnes cooptées dont le seul but est de venir applaudir.
Olivier Gabirault qui est revenu sur le dialogue national a dit qu'un dialogue politique s'avère nécessaire pour identifier tous les maux qui bloquent le développent socioéconomique du pays. Discuter politique, c'est justement sortir politiquement le pays de la gestion scabreuse des autorités actuelles. Concernant la déclaration de Bozizé lors de la date anniversaire de sa prestation de serment, Gabirault s'est étonné qu'il s'est délivré lui-même un satisfecit alors qu'il n'y a aucune satisfaction dans les actions posées. Ainsi, le discours du chef de l'Etat a fait l'objet des critiques acerbes lors de cette conférence de presse, lorsque les orateurs déclaraient que le pays a besoin de toutes les tribus, tous les villages. C'est dans ce contexte que Koyambonou a relevé quelques contradictions dans la déclaration du chef de l'Etat par rapport à la tribalisation qui gagne l'administration ces derniers temps.
Relevant la trêve de l'opposition qui a suivi les élections et le réveil dogmatique des partis de l'opposition sans aucun plan Marshall pour la relance de l'économie du pays, Joseph Béndounga a dit que l'opposition centrafricaine est une opposition responsable qui réagit à chaque fois à tous les débordements du pouvoir en place. Il a affirmé qu'aujourd'hui, le pays est mort et enterré et ce qui est vécu sous le règne du Général Bozizé en une année, démontre de la fin de son règne. Il a déclaré que l'opposition ne veut pas être complice de Bozizé parce que le pays ne peut nullement être géré par un aréopage des retraités, de ceux qui sont ramenés de France pour être placés à la commande du pays. Depuis que Bozizé a chassé Patassé du pouvoir a-t-il dit, il a donné de l'argent à ses parents pour créer des partis politiques. Toutefois, cela ne suffirait pas car, ces partis ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. Il a par ailleurs précisé que l'économie du pays est complètement à terre ainsi que toutes les unités de génie civile. En rappelant la vie des grands hommes qui ont eu à diriger ce pays à un moment de son histoire, il a dit qu'un pays ne peut pas se développer avec un prêtre philosophe mort dans un accident avion ainsi que pour les autres qui ont été à la tête de ce pays selon leur spécialité. Béndounga a précisé que ceux qui nous ont colonisé, ont apporté que la parole contrairement à ceux des colonies anglophones.
En somme, concernant les actions menées par le gouvernement dont les institutions internationales ont relevé un léger mieux, Gabirault a précisé que ce n'est parce qu'ils sont dans l'opposition qu'ils doivent systématiquement rejeté en bloc les actions menées par le gouvernement. Il a déclaré que le premier ministre Elie Doté n'a pas posé que des mauvaises actions. Le contrôle paiement en est un exemple patent mais qui manque un peu d'objectivité car les résultats ne sont pas totalement mis à la disposition du grand public, également les chiffres fiables ne sont pas disponibles. Il a seulement déploré le fait qu'il n'y a pas de cadre juridique qui entoure cette initiative. Tout de même, il a spécifié que si rien ne marche, il faut dénoncer. Concernant la rébellion, le chef de l'Etat a mis du temps pour la reconnaître (le 15 mars 2006), a-t-il déclaré. Ils ont souhaité que les factions rebelles soient associées au dialogue politique sollicité, a déclaré Pouzère. Si cela était fait entretemps lorsque le Général Bozize était encore dans la rébellion, que le pays ne pourra être à ce stade, a-t-il ajouté.

Mardi 20 Juin 2006
Alexis Remangaï

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Published by LE CONFIDENT - dans POLITIQUE
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