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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 17:11
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

BÉDIÉ-OUATTARA : L’ALLIANCE SE FISSURE
(Fraternite-Matin 23/06/2006)
( 23/06/2006)


Des divergences apparaissent entre les houphouétistes à la veille des consultations générales au point que la plate-forme a une concurrente créée par le RDR.
Les leaders du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, alliance du PDCI-RDA, du RDR, de l’UDPCI et du MFA) ne filent plus le parfait amour. A l’initiative du RDR, une nouvelle plate-forme politique va bientôt être portée sur les fonts baptismaux: l’Union des forces pour la démocratie et le changement ou UFDC. Des formations politiques sans envergure, qui sont peu ou prou des satellites du RDR, ont déjà exprimé leur adhésion à ce groupement politique: l’Union des socio-démocrates (USD) de Coulibaly C. Jérôme, l’houphouétiste de gauche, le Parti africain pour la renaissance et l’indépendance (PARI) de l’ancien ministre Daniel Anikpo et du Mouvement populaire ivoirien (MPI, créé par le défunt Téhé Emile) de Yao Sansan et du Parti pour le progrès et le socialisme (PPS) de Mathias Kacou, etc.
Ainsi, le RDR, dans la perspective des consultations générales à venir et particulièrement de la présidentielle, prend ses distances vis-à-vis du RHDP. Il ne rejette pas de voler de ses propres ailes et de faire cavalier seul. C’est à Adama Bictogo, secrétaire national du RDR chargé des Relations avec les partis politiques et fidèle parmi les fidèles d’Alassane Ouattara, qu’est revenue la mission de piloter l’opération de formation d’un groupement politique de soutien à la candidature exclusive du président du RDR.
L’alliance politique créée en grande pompe, à Paris, le 18 mai 2005, n’inspire plus confiance aux Républicains. Aux différends et lourds contentieux que le temps n’a, en réalité, pas réussi à évacuer (nationalité du président du RDR, soutien à la rébellion armée, etc.), les suspicions à la vie dure se sont ajoutées et ont contribué à dégrader, au fil des mois et des actions politiques, les relations entre les deux principaux leaders du RHDP. La candidature unique à la présidentielle à venir, proposée par Anaky Kobenan, a divisé Bédié et Ouattara qu’une sourde guerre de leadership ne rapproche que du bout des lèvres. Le premier n’y avait pas trouvé d’inconvénient, soutenant la proposition du président du MFA; le second, avec l’appui de Mabri Toikeusse (président de l’UDPCI), s’y était ouvertement et vertement opposé, se référant au communiqué final de la naissance du RHDP.
Mais, c’est la gestion de l’actuelle mutinerie parlementaire des députés de l’opposition qui risque d’être la goutte d’eau faisant déborder le vase. Depuis bientôt trois mois, Koulibaly Mamadou, président de l’Assemblée nationale, a suspendu les indemnités et primes des députés qui ont choisi de boycotter les travaux parlementaires au motif que, depuis le 16 décembre dernier, le mandat des députés a pris, constitutionnellement, fin. Le mouvement de grève a commencé à s’essouffler; des députés, affamés, ayant fait défection pour reprendre leur place à l’hémicycle, au grand dam d’Anaky Kobenan qui a invité les alliés à “aller jusqu’au bout”. “On ne doit pas reculer. C’est cela l’engagement politique. Tant qu’on lie l’engagement politique à des avantages matériels, il sera très difficile que dans nos pays, on fasse vraiment de la politique”, a-t-il protesté, avant de s’élever contre les tergiversations du PDCI-RDA et de son président.
Car, alors que Bédié semblait s’accommoder du retour des députés grévistes à l’Assemblée nationale, Ouattara aurait encouragé ceux-ci à maintenir le cap du boycott, sans lâcher prise. A ce titre, il aurait, selon un confrère, donné 40 millions de nos francs aux députés du RHDP. En pure perte. Car, la grève s’est dégonflée comme une baudruche et les élus du peuple signeront, bientôt, leur retour au Parlement. Tirant les leçons de cet échec et de celui du Front républicain (alliance signée en 1995 avec le FPI), le RDR s’attelle à parer au plus pressé et à pallier toute déconfiture. Il se propose donc de créer une structure qui est le sosie du RHDP dans son fonctionnement. L’UFDC a un directoire dont la présidence (d’une durée de trois mois) est tournante. Mieux, elle sera dotée d’un secrétariat permanent exécutif et d’une commission technique.

Auteur: Bi Bally Maurice FERRO

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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