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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 23:22
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Libreville : Le danger de refaire Sun City
(L'Avenir Quotidien 28/06/2006)
( 28/06/2006)


Libreville, une rencontre pour rien. *Car, l’Udps n’acceptera pas tout dialogue qui partirait sur base de maintien de la date du 30 juillet comme celle des élections. *Les délégués vont à Libreville, mais ils n’ont pas le même contour ni le même contenu de ces négociations. *Hier, la même opposition refusait que les négociations aient lieu dans une ville francophone, qu’est ce qui a changé pour que Libreville redevienne intéressant. *Il faut éviter une querelle des « Afriques » dans laquelle le Congo n’aura rien à gagner.

Hier du domaine de spéculation, les concertations politiques entre Congolais sont presque acquises aujourd’hui. Cependant, personne ne sait avec précisions ce qu’en seront le contour et le contenu. En plus des questions sur le contour et le contenu de ces concertations, il y a une question essentielle, celle de savoir à quoi elles vont servir. Ces négociations, honnêtement, sont de trop. Les observateurs découvrent à travers le souci d’aller aux négociations, une tentative de livrer l’Afrique encore une fois dans une lutte d’influence dans laquelle le Congo n’a rien à gagner. Il en est de même des concertations elles-mêmes dans la mesure où elles auraient pour motivation première de faire plaisir à quelques individus en les caressant dans le sens des poils. Et pour cause, ils menaceraient de provoquer l’apocalypse dans le pays. Pour ce faire, ils usent et abusent de menaces et d’intimidations.

Ces négociations, honnêtement, sont de trop. Les observateurs découvrent à travers le souci d’aller aux négociations, une tentative de livrer l’Afrique encore une fois dans une lutte d’influence dans laquelle le Congo n’a rien à gagner. Il en est de même des concertations elles-mêmes dans la mesure où elles auraient pour motivation première de faire plaisir à quelques individus en les caressant dans le sens des poils. Et pour cause, ils menaceraient de provoquer l’apocalypse dans le pays. Pour ce faire, ils usent et abusent de menaces et d’intimidations.

Une voie sans issue pour Bongo

Une chose est pour le président Omar Bongo de commencer les consultations des Congolais en prévision du dialogue politique, une autre est d’arriver au port. On sait que les Congolais ne lui donneront pas cette occasion. Encore faut-il que le président gabonais sache où il va et qu’est-ce qu’il veut obtenir en organisant ce dialogue. S’il le sait, il y a plus de chance que ce qu’il sait et veut, ne soit pas ce que sait et veut Tshisekedi. On est engagé dans la répétition de l’histoire des crises politiques congolaises. Le premier pas de la répétition de l’histoire, c’est le fait que le plus grand demandeur du dialogue n’est pas le plus enthousiaste pour y participer. On aurait voulu que le président de l’Udps se rende en personne à Libreville. Non seulement il exprimerait mieux que quiconque sa pensée, mais aussi ce serait un engagement sans équivoque de sa part. Car, chaque fois que le leader de l’Udps envoie des délégués quelque part, il n’adhère toujours pas aux conclusions qu’on lui apporte. Cela lui permet de rester dans sa position pendant que son parti se décharge sur les émissaires accusés de tous les maux. C’est pourquoi à l’Udps, tout le monde se trompe sauf Tshisekedi. En outre, lorsque Tshisekedi envoie Mubake pour négocier en son nom, ce dernier est obligé de discuter sur des positions arrêtées. On doit d’avance se mettre en tête que le leader de l’Udps n’acceptera pas les conclusions des rencontres de Libreville.

Libreville diabolisé hier

On ne sait pas ce qui a changé en Omar Bongo pour que Tshisekedi lui fasse confiance maintenant. On sait que l’opposition congolaise avait dit niet à toute négociation qui aurait pour centre un pays francophone. Avant Sun City, c’est Libreville qui était prévu. Il en est de même de Cotonou qui était prévu avant Gaborone pour accueillir les travaux préparatoires de ce dialogue. Si à Cotonou c’est la délégation gouvernementale qui avait refusé d’y aller à cause de la démarche utilisée par le facilitateur, à Libreville l’opposition avait justifié son refus par le fait que le pouvoir de Kinshasa étant dans les bonnes grâces de Paris (sic), il fallait éviter que les Congolais aillent se réunir dans un pays considéré comme pré carré de la France. Le même Chirac qu’on voulait éviter de peur qu’il manipule les négociations, on ne sait pour quel intérêt, est toujours là. Il en est de même du président Omar Bongo. Avec le nouveau dialogue à Libreville, les Congolais, les mêmes qui avaient rejeté les facilitateurs et villes francophones sont prêts à opposer les présidents africains. Hier ils étaient pour l’Afrique anglophone aujourd’hui leur cœur bat la chamade pour l’Afrique francophone. Mis à part ces écueils, il est presque sûr que l’Udps n’acceptera pas le dialogue tel que préconisé par ceux qui le convoquent. Car, si les élections ne doivent pas être différées et la transition requalifiée, on ne voit pas pourquoi l’Udps se serait battu pour que ces négociations aient lieu. En outre, si on ne peut pas répondre aux revendications de l’Udps, à savoir, rouvrir les bureaux de vote et organiser une autre transition à gérer consensuellement, pourquoi perdrait-on le temps et de l’argent pour organiser un dialogue sans lendemain ? Car, au lieu d’apaiser les esprits, le dialogue de Libreville ne fera que relancer la crise. Dans certaines circonstances, on doit accepter le conflit afin d’éviter la paix de cimetière. Si les marches et toutes sortes d’agitation permettent à l’Udps d’exister après avoir, par sa faute, raté le train électoral, on ne doit pas le lui refuser.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
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