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29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 00:01
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

A l’approche du 30 octobre 2006: Tout sur le plan Gbagbo-Mbéki. Ce qui gêne Paris
(Soir Info 28/06/2006)
( 28/06/2006)


A quelques quatre mois de la fin du ‘’bonus’’ de douze mois accordé à Laurent Gbagbo à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, la France aurait concocté un ‘’plan de sortie de crise’’ pour son ancienne colonie. Lequel plan consisterait, à en croire l’hebdomadaire ‘’Jeune Afrique l’Intelligent’’, à mettre en place un ‘’conseil présidentiel’’ pour diriger le pays, duquel seraient exclus tous les candidats déclarés à la présidentielle prochaine, y compris donc l’actuel chef de l’Etat Laurent Gbagbo. Le schéma elyséen pour la Côte d’Ivoire, dit-on, pourrait être discuté à huis clos par des chefs d’Etat africains, en marge du prochain sommet de l’Union africaine (Ua), à Banjul en Gambie, les 1er et 2 juillet 2006. Si Paris presse aujourd’hui la mise en route de son plan ‘’B’’ pour la Côte d’Ivoire, c’est qu’au fond, une contre offensive politico- diplomatique menée, depuis plusieurs mois, par la paire Gbagbo-Mbeki, se concrétise et pourrait contrarier le schéma de l’ancienne puissance coloniale. En effet, le président sud africain Thabo Mbeki, médiateur de l’Ua dans la crise ivoirienne, et son homologue ivoirien Laurent Gbagbo, avaient aussi, depuis l’entame de la transition, un plan pour éviter un blocage imputable au camp présidentiel dans le processus de paix ivoirien. Au bout, il s’agira de réclamer, avec de solides arguments, une nouvelle reconduction du mandat du chef de l’Etat ivoirien si la présidentielle d’octobre 2006 n’avait pas lieu. En tout cas, Thabo Mbeki s’est fortement engagé aux côtés de Laurent Gbagbo pour espérer faire échec au plan ‘’B’’ de Paris. De fait, c’est sur recommandation du président sud africain, confie une source crédible, que le chef de l’Etat ivoirien avait consenti d’énormes sacrifices dans la formation du gouvernement de transition en décembre 2005. C’est presque la mort dans l’âme que Laurent Gbagbo avait accepté d’abandonner l’important ministère de l’Economie et des Finances, avant d’accepter l’entrée, dans le gouvernement, de Louis André Dakouri-Tabley, No2 de la rébellion des Forces nouvelles. Il s’agissait, pour la paire Gbagbo-Mbeki d’enlever à Paris tout argument tendant à accuser le camp présidentiel ivoirien de torpiller la sortie de crise. C’est l’Afrique du Sud qui, apprend-on de bonnes sources, aurait demandé au Premier ministre Charles Konan Banny, de former un tandem avec le président Laurent Gbagbo pour gérer la transition. C’est qu’avant la désignation d’un Premier ministre en remplacement de Seydou Diarra, Prétoria avait exigé de celui qui devait être choisi d’avoir de meilleures relations avec le président Gagbo. En le disant, la médiation sud africaine entendait mettre à l’aise le chef de l’Etat ivoirien dans une transition politique où il était ‘’l’homme à abattre’’ par la France. Aujourd’hui, le tandem Gbagbo-Banny, plutôt profitable, reste encombrant pour l’ancienne puissance coloniale, elle qui avait misé sur ‘’un Premier ministre ivoirien tout puissant’’ et adversaire du président ivoirien. Que non ! Banny semble avoir fait échec au plan français. De plus, les présidents ivoirien et sud africain, de concert, se sont engagés à faire fonctionner toutes les institutions légales ivoiriennes. En février 2006, c’est contre la décision du Groupe de travail international (GTI) de dissoudre l’Assemblée nationale ivoirienne, que l’Afrique du Sud s’était dressée pour marquer publiquement son soutien à Laurent Gbagbo. Le ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, avait été on ne plus clair : “Il est vrai que le Groupe de travail international a estimé que le mandat de l’Assemblée nationale avait expiré. Mais, comme dans le cas de l’expiration du mandat du président Gbagbo, il n’est pas possible de faire avancer le processus de résolution du conflit en Côte d’Ivoire si l’on démantèle les institutions existantes ”, avait indiqué l’émissaire de Thabo Mbeki, qui apportait ainsi un soutien clair et net de la médiation sud africaine au président ivoirien dans sa décision de proroger le mandat des députés ivoiriens. Une décision contre laquelle la ministre française de la Coopération, Brigitte Giradin, membre influent du Gti, s’était dressée. En effet, si elle avait remporté le combat de la dissolution du Parlement ivoirien, la France aurait ainsi de solides arguments pour faire tomber toutes les autres Institutions ivoiriennes, dont notamment la Présidence de la République. Mais l’entêtement du régime Fpi à faire fonctionner l’Assemblée nationale, malgré la décision du Gti, gêne énormément le plan de Paris. Avec le retour des députés de l’opposition dans une Assemblée ivoirienne désormais nationale, c’est un coup dur porté contre le plan ‘’B’’ français, par la paire Gbagbo-Mbeki. A quelques mois de la présidentielle prochaine d’octobre qui ne semble plus sûre, Prétoria refuse, pour l’heure, de se dévoiler, même si au fond, il n’est pas vraiment pour le schéma français. “Il faut se concentrer sur la manière de conduire le processus le mieux possible pour atteindre cet objectif et non se demander ce qu’on fait si on y arrive pas ”, a affirmé, dimanche dernier, le ministre sud-africain de la défense, M. Lekota.




mercredi 28 juin 2006 par Charles TRA BI

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
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