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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 17:30
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Dialogue militaire à Bouaké : Echec sur toute la ligne
(24 heures 30/06/2006)
( 30/06/2006)


Les militaires n’ont pu s’entendre sur aucun des sujets inscrits à l’ordre du jour du dialogue militaire. Hier, au Ranhotel de Bouaké, Fanci et FAFN ont montré leurs profondes divergences sur les sujets de l’état-major intégré et la question délicate des grades.

« L’état-major intégré ne veut absolument rien dire.
Pour nous, le cadre actuel nous convient ».
C’est la réponse du chef d’état-major des Fanci, le général Philippe Mangou à l’exposé de son aîné, le général Michel Gueu, sur la vision des Forces armées des Forces nouvelles.
Hier, au Ranhôtel de Bouaké, les deux forces se sont parlé sans s’entendre véritablement sur les points inscrits à l’ordre du jour de la réunion présidée par le ministre de la Défense, Aphing Kouassi.
Ils ne se sont pas fait de cadeau.
A l’ouverture de la réunion, c’est au ministre général Michel Gueu, qu’est revenu, au nom des Forces nouvelles, d’expliquer le bien-fondé de l’état-major intégré de transition dans la refonte de l’Armée ivoirienne.
Il a proposé la création d’une cellule de commandement mixte placée au dessus des deux états-majors, Fanci et FAFN.
Cette cellule sera en quelque sorte chargée de coordonner les actions des deux états-majors et de suivre la mise en place de la nouvelle armée ivoirienne.
« Négatif », a répliqué l’état-major des Fanci.
Pour le général Philippe Mangou, se sont trop de choses qui vont prendre du temps.
Il a plutôt suggéré aux participants à la réunion de se concentrer sur les actions qui pourraient aboutir.
Les échanges qui se sont déroulés autour de la création de la cellule n’ont pas abouti.
Les forces nouvelles ont fait savoir aux Fanci que la proposition de la création de l’état-major intégré était adressée au gouvernement et non à l’état-major des FDS.
Les deux camps ont tenu à marquer leurs désaccords dans le communiqué de presse.
Finalement, Fanci et FAFN ont convenu de s’en remettre à l’arbitrage du gouvernement.
Pendant plus de quatre heures de réunion (10H 30 à 15h40), les militaires n’ont pas trouvé de compromis sur la situation de la reconnaissance des grades des Forces nouvelles.
Les hommes de Guillaume Soro souhaitent que leurs grades soient reconnus dans la nouvelle Armée.
Réponse sèche du général Philippe Mangou.
« Le président de la République est le seul habilité à donner des grades.
En plus, il y a plusieurs critères qui rentrent en jeu.
Ce n’est pas dans ces cas où des caporaux sont devenus des colonels ».
Pour les Forces nouvelles, l’argument ne prospère pas.
« Depuis quatre ans, nous avons 60% du territoire.
Et nous savons, tous ici, que les ordres de Gbagbo ne s’appliquent qu’au 40% de territoire restant.
Ici, nous ne reconnaissons que Guillaume Soro comme chef.
Nous sommes l’Armée de cette partie du territoire.
Et puis, en matière militaire, le grade consacre l’aptitude à exercer une fonction.
Nous avons fait nos preuves.
Il y a certaines personnes dans cette Armée ivoirienne qui n’ont fait aucun stage, mais qui portent des grades que nous connaissons », nous a confié un officiel des Forces nouvelles.
Le chef d’état-major des Fanci qui est resté sur ses positions a proposé la création d’un comité d’évaluation pour les éléments des Forces nouvelles qui souhaiteraient rester dans l’Armée.
Pour couper certainement court aux discussions improductives, le ministre de la Défense a pris acte de la demande des Forces nouvelles et promis de se référer au gouvernement pour y trouver les solutions.
Au troisième point d’échanges, Fanci et FAFN ont continué leur dialogue de sourds.
La demande de paiement des arriérés de soldes avancée par les militaires Fanci, membres des Forces Armées des Forces nouvelles a laissé un goût amer à la délégation du général Philippe Mangou.
Le patron des Fanci qui s’oppose à cette idée a monté les enchères.
Il exige que ces éléments bénéficient de la même mesure si le gouvernement venait à agréer la demande les Forces nouvelles.
Avant la lecture du communiqué de presse, le ministre de la Défense a tenté de rapprocher les positions des deux parties.
Preuve que les discussions étaient tendues, les questions du démantèlement des milices, du chronogramme et de la démobilisation des 3000 recrues soulevées par le général Soumaïla Bakayoko ont été remises à plus tard.
Certainement le 6 juillet prochain à Abidjan.


Hervé Akache depuis Bouaké

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Published by BOMONGO - dans REBELLION
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