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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 17:51
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Philippe Mangou rejette tout en bloc / Communiqué de presse relatif à la poursuite du dialogue militaire / Entretien de la presse avec le Général Mangou / Propos du Général Soumaïla Bakayoko (FAFN)
(Le Patriote 30/06/2006)
( 30/06/2006)


La troisième rencontre entre les Etats majors des FDS et FAFN qui au eu lieu, hier, à Bouaké a échoué sur la question de l’Etat-major intégré. Les FDS ont rejeté toutes les propositions des FAFN.

Le visage renfrogné, l’air grave, les participants à la rencontre du dialogue militaire quittent, un à un, la salle de conférence du Ranhôtel qui a abrité la rencontre. En attendant la lecture du Communiqué final qu’un comité est en train de rédiger dans une autre salle, ils déambulent dans la cour de l’hôtel. Personne n’ose s’aventurer à faire des commentaires sur la réunion qui vient de prendre fin. L’expression même des visages présage déjà l’issue de la réunion : l’échec total. Des divergences graves de points de vues, apprend-t-on dans les coulisses, sont apparues entre les deux forces en présence sur les trois points inscrits à l’ordre du jour. A savoir, la mise en place d’un Etat-major intégré de transition, la question de la reconnaissance des grades attribués par Guillaume Soro aux soldats des FAFN en 2005 et celle du paiement des arriérés des soldes des militaires FAFN. Sur toutes les questions qui figurent en bonne place, parmi les préoccupations profondes des Forces Nouvelles, les Forces de défense et de sécurité se sont montrées intransigeantes et intraitables. Elles ont rejeté tout en bloc.
Sur le premier point, les hommes du Général Mangou ne veulent pas entendre parler de l’idée même d’un Etat-major intégré. Ils estiment que le comité de dialogue militaire, mis en place par arrêté du Premier ministre, est un cadre approprié pour défendre les intérêts de chacune des forces en présence. Toutefois, les deux Etats majors ont convenu de soumettre la question au gouvernement qui devra juger de la pertinence de cette structure indispensable aux yeux des Forces Nouvelles et trancher dans les plus brefs délais.
Concernant le second point, les FDS refusent, de façon catégorique, de reconnaître les grades acquis par les soldats des FAFN. Estimant que ces grades-là ne répondent pas aux critères requis pour évoluer normalement dans l’échelle militaire. Pour sa part, le ministre de la Défense qui a présidé la séance a affirmé avoir pris acte et se propose de soumettre la question au gouvernement, seul habilité à trancher.
Sur le premier point relatif au paiement des arriérés de soldes des militaires des Forces Nouvelles, les hommes de Mangou ont encore marqué leur désaccord sous prétexte que les dispositions légales en vigueur, en matière de gestion des finances publiques, ne permettent pas de payer la solde des militaires ayant déserté les rangs.
Les FDS ont, toutefois, manifesté un intérêt particulier à cette revendication pécuniaire exprimée par leurs frères d’armes. Les hommes de Mangou veulent, eux aussi, bénéficier de cette manne financière si les autorités compétentes venaient à accéder à la requête des FAFN : « Si on vous paie vos arriérés, alors qu’on nous paie aussi quelque chose », semblent dire les loyalistes. En fait, ils ne voient pas d’un mauvais œil cette revendication des Forces Nouvelles, tant que cela peut leur profiter.
Pour le reste, les deux forces ont convenu de se rencontrer le jeudi prochain, cette fois-ci, à Abidjan, pour poursuivre les pourparlers sur d’autres points de préoccupations exprimées par les FAFN. Elles se sont, pour finir, engagées à poursuivre les opérations de pré regroupement des ex-combattants, de démantèlement des milices et autres groupements para- militaires.
En attendant, la balle est dans le camp du gouvernement qui devra nécessairement se prononcer sur les trois points rejetés par les FDS s’il tient à réussir le processus DDR aujourd’hui au point mort.
Khristian Kara


Poursuite du dialogue militaire, hier, à Bouaké
Communiqué de presse relatif à la poursuite du dialogue militaire FDS/FAFN du 29 juin 2006 à Bouaké

Le Patriote No. 2025 du Vendredi 30 Juin 2006
La troisième rencontre entre les Etats-Majors des FDS et FAFN, dans le cadre du dialogue militaire entre les deux Forces, s’est tenue au Ranhotel de Bouaké le jeudi 29 juin 2006.
La réunion a été présidée par monsieur le ministre de la Défense. Ont été inscrits à l’ordre du jour les points suivants :

*Etats-Major intégré de Transition
Les FAFN ont présenté cette structure qui leur paraît indispensable pour le retour à la paix en Côte d’Ivoire.
Les FDS ont rejeté toute idée d’un Etat-Major intégré de Transition, estimant que le cadre actuel était approprié.
En l’état, il a été décidé de soumettre la question à l’attention du Gouvernement.

*Grades des FAFN
Les FAFN ont demandé au Gouvernement de prendre en considération les grades donnés à leurs éléments.
Le ministre de la Défense au nom du Gouvernement a pris acte.
Les FDS ont marqué leur refus

*Arriérés de soldes des militaires FAFN
Les FAFN ont souhaité que le Gouvernement leur verse les arriérés de solde.
Les FDS rappelant les dispositions légales en la matière, ont marqué leur désaccord. Toutefois, si la demande devait être agréée, elles ont souhaité pouvoir bénéficier des mêmes mesures.
Les deux parties se sont engagées à poursuivre les opérations en cours;
La prochaine réunion est prévue pour le jeudi 06 juillet 2006 à Abidjan.

Fait à Bouaké, le 29 juin 2006

Propos du Général Soumaïla Bakayoko (FAFN)

Le Patriote No. 2025 du Vendredi 30 Juin 2006
«Cette réunion se situait dans le cadre du dialogue militaire qui vise essentiellement à faire revenir la paix dans notre pays et comme le ministre de la Défense l’a dit, nous avons abordé des sujets très importants. C’est vrai, il s’agit de l’Etat-major intégré, des grades, mais malgré des divergences qui sont compréhensibles, nous n’arrêterons pas, en tout cas au niveau des militaires, de nous rencontrer jusqu’à ce que la paix soit définitive et réelle en Côte d’Ivoire.
Là, je voudrais rassurer les uns et les autres autant que toutes nos populations et la communauté internationale, il n’y a aucune divergence qui puisse nous opposer aujourd’hui à nos frères d’armes qui sont de l’autre côté. C’est ensemble que nous sommes en train de chercher des solutions idoines, des solutions durables et une paix définitive dans notre pays. Nous nous retrouvons très prochainement à Abidjan, c’est dire que nous continuons de discuter de tous les sujets qui sont indispensables pour que, encore une fois, la paix, la vraie paix puisse revenir en Côte d’Ivoire. On peut compter sur les deux armées

Question : Est-ce que les problèmes qui ont été débattus ici à Bouaké sont des conditions pour le retour à la paix ?
Soumaïla Bakayoko : « Non, c’est des sujets. Nous disons que ce sont des sujets de dissension, des problèmes qui intéressent les uns et les autres. Nous en débattons. Nous sommes, j’allais dire, en démocratie donc tout le monde était libre de donner ses opinions sur n’importe quelle question soulevée. Au regard de cela, vous avez entendu, vous avez lu dans le Communiqué final que le problème évoqué par les Forces Nouvelles, en ce qui concerne l’Etat-major intégré, que ce soit proposé au gouvernement de transition qui va analyser toute la pertinence de la proposition faite par les Forces armées des Forces Nouvelles. Evidemment, c’est normal que sur la question, les FDS donnent leur point de vue puisque nous discutons de ce que nous appelons le dialogue. Il en est de même pour les autres sujets, par exemple, les grades. Donc, en aucun cas, ces sujets ne peuvent constituer des préalables pour la poursuite éventuelle du dialogue. Non, c’est pour cela, que le 06 juillet prochain, nous nous retrouvons à Abidjan pour poursuivre le dialogue. Ce ne sont pas des préalables ».


Maïga Idrissa à Bouaké


Entretien de la presse avec le Général Mangou

Le Patriote No. 2025 du Vendredi 30 Juin 2006
Question : Mon Général, vous venez de sortir d’une rencontre avec les FAFN. Quelles sont vos impressions ?
Général Mangou : Il faut dire que la rencontre s’est bien passée. Il y a eu quelques points de divergences comme notamment en ce qui concerne l’Etat-major intégré et en ce qui concerne les grades des FAFN. Et également les arriérés de salaires concernant les FAFN.

Q : A quel niveau se situent les divergences au niveau des grades ?
GM : Les grades des officiers doivent répondre à un certain nombre de dispositions légales. Le Président de la République est le seul habilité à donner un grade. En plus, il y a plusieurs critères qui entrent en jeu en ce qui concerne les grades des officiers. Or là, au niveau des FAFN, nous nous apercevons que les choses ont été faites de manière différente. Il y en a qui ont franchi des paliers. Ils étaient caporaux, ils sont devenus colonels. C’est des situations inadmissibles.
A ce niveau, nous leur avons fait un certain nombre de propositions. Nous savons que des entretiens que nous avons avec eux, chaque jour, qu’il y en a qui ne souhaitent pas rester dans l’armée. A ceux-là, nous avons proposé qu’on leur donne des primes d’installation. Pour ceux qui veulent rester, nous leur proposons une commission spéciale d’avancement à partir de la date du 19 septembre 2002. enfin, le dernier groupe, ceux qui veulent aller travailler dans des ambassades à l’extérieur, qu’on leur permette des affectations à l’extérieur.

Q : Mon Général, ne pensez-vous pas qu’il faille, au nom de la paix, accepter ces grades comme sacrifices ?
GM : Mais, les sacrifices, c’est ce que nous faisons. Nous faisons des propositions. Nous ne pouvons pas accepter ce genre de grades pour causer l’explosion au niveau de l’armée. Vous convenez que, si on donne des grades à ces éléments, ils ont également leurs promotionnaires avec nous à qui il faut aussi donner ces grades également. En ce moment, on aura seulement une armée de commandants avec des commandants, des officiers supérieurs dans les casernes en train de prendre la garde ».


Coulisses

Le Patriote No. 2025 du Vendredi 30 Juin 2006
Une absente remarquée
Le Commandant Ouattara Issiaka dit « Wattao » était absent à la table des discussions. En sa qualité de Sous chef d’Etat-major des Forces Nouvelles, sa non présence à cette importante réunion a été justifiée par une mission à l’extérieur.

Aspect sécuritaire
Les forces impartiales ont mis en place un dispositif sécuritaire impressionnant pour la circonstance, un important dispositif du contingent marocain de l’ONUCI a été déployé tout autour du Ranhôtel, lieu de la rencontre.

La presse disqualifiée
La presse a été priée de se tenir loin de la salle où se tenaient les pourparlers. Pire, l’ordre lui a même été intimé de ne pas « rôder » dans les environs. Ce qui n’a jamais été le cas lors des précédentes rencontres. Cette mesure a même été étendue jusqu’aux gardes de corps des hauts membres de la délégation.

Le numéro de Chérif sollicité
Le Commandant Zadi s’est personnellement déplacé, vers le Commandant Chérif Ousmane, pour lui demander son numéro de téléphone. Le chef de la zone de Bouaké en a profité pour lui demander le sien. Cet échange mutuel de numéro s’est déroulé, pendant que l’on attendant la lecture du Communiqué final.

Les soldats des deux camps ont eux aussi dialogué
Le restaurant ‘’Le provençal’’ a été aussi un espace d’échanges entre les éléments des FDS et FAFN, aux participants à la table ronde. En petits groupes, ils se sont retrouvés pour discuter en toute fraternité autour d’un repas.

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Published by LE PATRIOTE - dans POLITIQUE
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