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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 18:28
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Robert Zoellick, avait proposé aux français d’examiner les voies et moyens d’« en finir avec Déby


Ces crises, qui marqueront les dix derniers mois « africains » de l’ère Chirac, ont pour nom Tchad et Côte d’Ivoire. Et aucune des deux n’aura sans doute trouvé de solution définitive, lorsqu’en mai 2007 l’Élysée changera de titulaire. L’une des dernières décisions importantes de Jacques Chirac en la matière aura sans doute été de sauver le soldat Idriss Déby Itno. Au nom de la géopolitique et de la défense des intérêts français dans la région beaucoup plus que pour des raisons affectives certes (le président tchadien n’a jamais été la tasse de thé du Français), mais sauver est bien le verbe qui convient. On sait, bien sûr, que l’armée française a aidé son homologue tchadienne, mais on sait beaucoup moins jusqu’à quel point les Américains étaient décidés à évincer Idriss Déby Itno. Selon de très bonnes sources, quelque temps avant l’attaque de N’Djamena, le 13 avril dernier, et alors que les colonnes du Front uni pour le changement (FUC) progressaient vers la capitale, le numéro deux du département d’État, le secrétaire d’État adjoint Robert Zoellick, avait appelé au téléphone un collaborateur direct de Jacques Chirac pour lui proposer d’examiner avec lui les voies et moyens d’« en finir avec Déby ». Reçu à Paris, le même Zoellick réitère sa requête. Motif : selon la Banque mondiale et les pétroliers américains, ce chef d’État est l’exemple même de la mauvaise gouvernance. Question de son interlocuteur : « Qui voyez-vous à sa place ? » Réponse, confondante, de l’Américain : « Mais c’est justement de cela qui nous voudrions discuter avec vous, nous avons besoin de votre expertise ! » Interloqué, le haut fonctionnaire français lui explique alors que le tombeur d’Idriss Déby Itno ne pourra être qu’un affidé du régime de Khartoum - lequel ne figure pas, c’est le moins que l’on puisse dire, sur la liste des amis des États-Unis. « Zoellick en est resté sans voix, apparemment, il n’avait pas pensé à cela, confie son hôte, à moins que Washington n’ait songé, sans oser le dire, à installer au pouvoir l’un des frères Erdimi, qui mangent dans la main des pétroliers, mais ne représentent rien au Tchad. Toujours est-il que le projet a été abandonné. » Déby Itno, faute de mieux, dit-on à Paris, où l’on ne se fait guère d’illusion sur la validité de sa récente réélection ainsi que sur sa capacité à dialoguer avec son opposition. Déby Itno, plutôt que le « scénario catastrophe » (vu de France) que représenterait l’installation à N’Djamena d’un pouvoir sous influence libyo-soudano-chinoise aux fortes potentialités déstabilisatrices pour toute la région. De passage à Paris à la mi-juin, le ministre soudanais des Affaires étrangères Lam Akol s’est vu tenir un discours à peine plus nuancé. Ce sudiste, qui fut proche de John Garang, a certes juré ses grands dieux que le Soudan n’était pour rien dans la rébellion tchadienne en plein réarmement après sa défaite de N’Djamena. « Lam Akol était constamment flanqué de collaborateurs qui ressemblaient beaucoup à des commissaires politiques, nuance l’un de ceux qui l’ont rencontré ; à ses yeux on voyait qu’il ne croyait guère à ce qu’il disait - mais avait-il le choix ? » (...)

Source: Alwihda - JAI

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Published by ALWIHDA - dans POLITIQUE
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