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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 15:54

Informations Ouvrières N° 687 - semaine du 14 au 20 avril 2005

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

EXTRAIT DE L´INTERVENTION D´UN DÉLÉGUÉ À LA CONFÉRENCE MONDIALE DE L´ENTENTE INTERNATIONALE, À MADRID

 

"Ce pays peut disparaître de la carte en termes d´identité humaine"


 

Le parti PATRIE demande à adhérer à
l´Entente internationale
 

 

"CERTAINES données spécifiques à la République centrafricaine font que la lutte des classes doit prendre des formes particulières. C´est un pays qui n´a pas d´industrie. C´est un pays vierge. Il y a de la place et de l´espace pour travailler. Cependant, la structure sociale est dominée à 85 % par des paysans, qui travaillent à la houe, encore aujourd´hui, au début du XXIe siècle. C´est, en outre, un pays jeune.

 

Nous avons donc fondé notre organisation politique sur ces deux bases : un monde paysan et une population jeune. Nous comptons sur votre solidarité pour poursuivre cette mission dans notre pays, en Afrique et dans le monde. Nous souscrivons aux conditions de principe adoptées jusqu´à ce jour par l´Entente internationale des travailleurs et des peuples, et c´est pourquoi mon parti demande à adhérer à l´Entente.

 

Nous devons renouveler le sens de la démocratie, en réinvestissant le combat de la lutte des classes ; nous avons la
conviction que c´est la seule voie par laquelle s´affirmeront les droits : le droit d´accéder à un travail, le droit  d´avoir un traitement et des conditions de vie convenables.

 

Merci à l´Entente de nous avoir ouvert la voie de la reconquête, de la dignité de notre peuple, de tous les peuples. »

« La ruée sur le pétrole africain » que dénonçait un ancien économiste de la Banque africaine de développement, dans un article que nous avons partiellement reproduit la semaine dernière dans ce journal, c´est en vérité la ruée sur toutes les richesses de ce continent. Un pillage qui alimente toutes les guerres, qu´on nous présente comme « ethniques », toutes les souffrances des peuples de ce continent ravagé.

 

Non, les peuples d´Afrique ne sont pas victimes d´un sort qui échappe à l´entendement. Ils sont victimes d´un système : le régime de la propriété privée des moyens de production, parvenu au stade de la décomposition, qui cherche sa survie dans la destruction systématique des bases mêmes de la civilisation.

 

C´est ce que dénonce avec force, parmi d´autres militants africains qui ont participé à la deuxième session du Tribunal international chargé de juger les responsables de l´évolution meurtrière imposée aux travailleurs et aux peuples d´Afrique à Madrid, Jean-Pierre Redjekra, ancien leader du mouvement des étudiants et des élèves en République centrafricaine de 1990 à 1993, aujourd´hui vice-président d´un jeune parti politique, le Parti africain pour une transformation radicale des Etats (PATRIE). Nous lui donnons la parole.

 

"La République centrafricaine, comme son nom l´indique, est au coeur de l´Afrique, le plus peuplé des Etats d´Afrique centrale. Un pays de 3 millions d´habitants sur 622 000 km2, qui ploie depuis des décennies sous de grosses difficultés, l´esclavage, l´entreprise coloniale, le régime de terreur de M. Bokassa, que le monde entier connaît pour sa cruauté, et
qui était entretenu par les puissances impérialistes.

 

Des troupes dites "non conventionnelles" tuent et violent.

 

Depuis une quinzaine d´années, une fausse démocratie se développe dans ce pays. Il y a une semaine, des élections présidentielle et législatives ont eu lieu. Mais, tout le monde sait, les travailleurs, les jeunes et les paysans savent que rien ne va changer après cette consultation.

 

Aucun candidat ne remet en cause les responsabilités internes et externes de l´impérialisme sous toutes ses formes. Impérialisme économique, ingérence politique imposés à tout un peuple.

 

Le gouvernement va continuer à obéir aux injonctions de la Banque mondiale et du FMI.

 

Des fils de ce pays et des vendeurs d´armes, qu´ils soient au gouvernement ou pas, vont continuer d´entretenir des troupes dites « non conventionnelles », troupes qui tuent et violent femmes et enfants.

 

Ce pays, dont les frontières ne sont pas protégées, est entouré de pays eux-mêmes en crise. Ceux qui fuient le Soudan viennent en République centrafricaine, ceux qui fuient le Zaïre viennent en République centrafricaine, et, à l´intérieur de la République centrafricaine même, de nombreux conflits sont créés pour entretenir l´insécurité. Et le gouvernement ne fait rien.

 

Ce gouvernement, qui ne fait rien pour le peuple, s´est mobilisé en revanche pour protéger le président Giscard, qui, en plus d´être le rédacteur de la Constitution européenne, est un grand habitué de la chasse en République centrafricaine. A
ces occasions, un bataillon de l´armée est mobilisé pour l´assister et le protéger.

 

Le gouvernement ne fait rien pour le peuple

 

Ce gouvernement se mobilise également pour protéger le baron de Rothschild lorsqu´il vient en République centrafricaine pour observer un peu de façon exotique le paysage et les espèces rares.

 

Si les travailleurs centrafricains, et principalement les jeunes, qui constituent 65 % de la population, ne se mobilisent pas, ne s´organisent pas, ce pays peut disparaître de la carte en termes d´identité humaine.

 

La République centrafricaine ravagée par le Sida

 

La République centrafricaine est au premier rang, en tout cas en Afrique centrale, pour le Sida, avec 10 % de la population affectée. Le produit national brut a été divisé par deux sur les quinze dernières années, tombant aujourd´hui à 260 dollars par habitant.

 

Il faut dire, sans démagogie, que dans les hôpitaux, on ne trouve ni gants, ni seringues. Il y a encore une semaine, j´étais dans les hôpitaux : il n´y avait même pas de médicaments pour soigner la tuberculose.

 

L´espérance de vie réduite aujourd´hui à 43 ans

 

La trithérapie, seul traitement efficace contre le Sida, représente le salaire de six mois pour un cadre, quand les médicaments existent. L´espérance de vie est aujourd´hui de 43 ans en République centrafricaine.

 

Il y a quelques semaines, un expert de la Banque mondiale qui visitait notre pays pour définir le programme d´ajustement structurel est tombé par hasard sur l´un des cimetières de Bangui. Lorsqu´il a vu l´étendue de ce cimetière, il a pensé que, dans ce pays, il y avait une guerre. Et nous lui avons dit qu´effectivement, il y a une guerre : celle des  institutions de Bretton Woods, avec la complicité du gouvernement.

 

Une guerre qui a produit ce cimetière. Une guerre qui fait qu´il y a plus de tombes dans le cimetière que d´habitants dans la ville. Et il existe d´autres cimetières dans cette ville, que ce représentant du capital n´a pas eu l´occasion de voir.

 

Quelle réponse face à ces attaques ?

 

Quelle réponse face à ces attaques de l´ordre capitaliste et impérialiste ? Il y a, d´une part, le mouvement syndical.
C´est l´une des forces sociales de la résistance en République centrafricaine. Le mouvement des étudiants également, depuis vingt ans : c´est d´ailleurs lui qui a fait tomber Bokassa en 1979. Mais il ne peut plus être porteur aujourd´hui à lui seul d´une perspective politique progressiste.

 

La classe politique est aux ordres des institutions de Bretton Woods et la légitimité électorale acquise ces dernières années a été trahie par les partis les uns après les autres.

  

C´est pourquoi, depuis un an et demi, une petite formation politique, qui s´appelle le Parti africain pour une transformation radicale des Etats (PATRIE), a été créée, essayant d´élever les consciences et de porter le combat sur le terrain de la lutte des classes. »

 

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Published by CONFERENCE MONDIALE DE L'ENTENTE MONDIALE - dans CE QUI FAIT DEBAT SUR NOS FORA
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