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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 17:24
QUI est responsable de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila ?  
 
 

Les circonstances objectives
de l’assassinat le 16 janvier 2001 du Président
congolais Laurent Désiré Kabila restent inconnues à
plus d’un titre. Qui l’a tué, pour quoi, quand et qui
ont commandité cet acte à l’intérieur du pays comme à
l’extérieur ?

La version officielle présente des failles et soulève
des interrogations que nous livrons à la réflexion du
lecteur. Il y a aussi le fait troublant du Congo qui,
au mois de juin 1999 accuse en bloc le Rwanda , le
Burundi et l’Ouganda d’avoir envahi et occupé
militairement son territoire et, juste la veille de
l’assassinat de Laurent Kabila, retire sa plainte
contre le Rwanda et le Burundi, tout en la maintenant
contre l’Ouganda!

Notre démarche ne cherche pas à faire l’apologie de
Laurent Désiré Kabila dont la politique et les
comportements étaient aux antipodes des nôtres. Mais,
même arrivé au pouvoir par accident, il était le chef
d’Etat d’un pays, le Congo-Kinshasa et présidait aux
destinées d’un peuple, le peuple congolais. Il a été
assassiné le 16 janvier 2001 à Kinshasa et remplacé
par un jeune militaire de 29 ans, inconnu jusqu’alors
sur la scène politique. Le devoir de vérité nous
oblige à nous interroger. Mais avant cela, voici la
chronologie des événements.




La chronologie des faits

Les évènements repris ici sont ceux qui sont reliés
aux moments qui ont précédé, accompagné et suivi
l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, président de la
république Démocratique du Congo. Pour la clarté du
texte nous nommerons Kabila le président assassiné et
Kabila Kanambe celui qui lui a succédé.

Kinshasa, 23 juin 1999.
Le Congo saisit la Cour internationale de justice,
CIJ, pour la première fois, accusant le Rwanda,
l’Ouganda et le Burundi d’avoir envahi et occupé
illégalement son territoire et violé sont intégralité
territoriale.

La Haye, 21 octobre 1999.
Compte tenu des accords intervenus entre les parties,
la cour décide par ordonnance que les pièces de la
procédure écrites porteront d’abord sur la question
de la compétence de la cour et de la recevabilité des
requêtes. Et elle fixe le délai pour le dépôt des
pièces : le 21avril 2000 pour le dépôt des mémoires
des trois pays accusés le 23 octobre 2000 pour le
dépôt du contre mémoire de la République Démocratique
du Congo. Par ordonnance du 19
octobre 2000, la cour reportera le délai du Congo au
23 janvier 2001.

Kinshasa, fin octobre 2000.
Kabila, malade, subit des examens médicaux qui
révèlent, semble-t-il, un empoissonnement alimentaire.
Soupçonnée de tentative d’empoissonnement sur la
personne du chef d’Etat, Madame Sifa Muhanya, sa
compagne, est arrêtée et
conduite à la prison de Makala.

Kinshasa, 11 janvier 2000.
A l’insu de chef de l’Etat, Joseph Kabila Kanambe,
fait libérer madame Sifa Mahanya, qui est aussitôt
amenée à Lubumbashi où elle est cachée

Lubumbashi, 12 janvier 2001.
Le président Kabila s’apprête à se rendre au Cameroun
pour le sommet de la Francophonie ,Kabila Kanambe, le
déconseille de s’y rendre parce que sa vie y
serait en grand danger. De Lubumbashi, le chef de
l’Etat annule son voyage et regagne Kinshasa.

Kinshasa, 15 janvier 2001.
Sur ordre du général major Kabila Kanambe, chef d’état
major et commandant des forces terrestres, tous les
militaires des forces armées résidant à Kinshasa sont
désarmés. Sans explication.

Kinshasa, le même jour.
Le gouvernement congolais fait savoir à la cour
internationale de justice que son pays se désiste de
ses accusations contre le Rwanda et le Burundi, mais
maintient celles contre l’Ouganda. Les gouvernements
rwandais et burundais sont aussitôt informés par la
CIJ du désistement congolais et ont jusqu’au 23
janvier 2001 pour s’opposer éventuellement à ce
désistement.

Kinshasa, le même jour.
Sur ordre du général major Kabila Kanambe, le colonel
Eddy Kapend, aide de
camp du Chef d’Etat, ordonne l’arrestation de M.
Ismaël Tutwemoto, chef
principal de la direction Extérieure de l’agence
nationale des renseignements,
ANR/DE, alors qu’il revient d’une mission à
l’étranger. Monsieur Georges Leta Mangasa,
administrateur général en chef de l’ANR, procède à
l’arrestation.
Détenu pendant deux mois, M.Tutwemoto sera libéré sans
xplication sur les raisons de son incarcération.

Kinshasa, le même jour.
Le chef d’état major Joseph Kabila Kanambe s’envole
pour Lubumbashi.

Kinshasa, 16 janvier 2001.
Dans la mi-journée des coups de feu retentissent dans
l’enceinte du palais de Marbre, la Résidence
présidentielle. Laurent Désiré Kabila, atteint à la
tête, meurt peu après.

Paris, le même jour.
Radio France internationale, RFI, parle de « quelque
chose de très grave « qui s’est passée au palais
présidentiel ». Pendant que les médias audiovisuels
officiels de Kinshasa continuent à émettre comme si
rien n’était.

Bruxelles, le même jour.
Le ministère belge des affaires étrangères, annonce la
mort de Kabila par assassinat. Dans l’après-midi la
diplomatie belge reprend la nouvelle au conditionnel.

Kinshasa, le même jour.
L’aide de camp du chef de l’Etat, le colonel Kapend,
apparaît sur les écrans de la chaîne publique de TV,
les yeux hagards, les lèvres sèches et, sur un ton sec
et autoritaire, se présente et ordonne à toute la
hiérarchie militaire, citée nommément, de « maintenir
les troupes au calme et de fermer toutes les
frontières du pays ». Sur les raisons de cette
déclaration qui
ressemble à un putsch militaire, Eddy Kapend ne dit
rien, mais promet des
informations pour plus tard. Il ne réapparaîtra que le
23 janvier dans la garde d’honneur lors des
funérailles du président Kabila.

Kinshasa, plus tard toujours le même jour.
Le ministre de l’information et porte-parole du
gouvernement, Dominique
Sakombi, prend le relais de Kapend pour annoncer au
peuple congolais et au
monde que « lors de tirs de coups de feu dans le
palais de Marbre, le président Laurent Kabila a été
blessé et transporté à Harare, Zimbabwe, pour des
soins. Au nom du de la République et du peuple
congolais, il lui souhaite
une prompte guérison et un bon retour parmi les siens.

Kinshasa, dans la soirée du même jour.
La dépouille mortelle de Laurent Désiré Kabila
s’envole pour Harare via
Lubumbashi ; le Chef d’état major, le commandant des
forces armées terrestres
Joseph Kabila Kanambe fait partie du voyage.

Kinshasa, 18 janvier 2001.
Le ministre de la communication annonce la mort de
Laurent Kabila « survenu ce jour », Dit-il, dans un
hôpital de Harare au Zimbabwe. Des circonstances de sa
mort, le porte-Parole du gouvernement explique «
qu’un garde du corps est
entré dans le bureau du Chef de l’Etat et s’est
approché de lui comme pour lui parler à l’oreille.
C’est à cet instant qu’il a sorti son arme et a tiré à
bout portant sur le président Kabila. Le conseiller
économique, Emile Mota, qui était en séance de travail
avec le chef de l’Etat, est sorti alerter la garde
présidentielle qui a abattu le tueur qui tentait de
fuir ». Le nom du tueur n’est pas cité et ne le sera
jamais.

Bujumbura et Kigali, 19 et 21 janvier 2001.
Le Burundi et le Rwanda informent respectivement la
cour internationale de justice qu’ils acceptent le
désistement du Congo notifiée à la CIJ le 15
janvier du mois en cours.

Kinshasa, 23 janvier 2001.
Laurent Désiré Kabila est inhumé. Entre-temps, le
général major Joseph Kabila Kanambe, chef de l’armée
de terre, succède à « son père ». Il a vingt neuf ans.

Kinshasa, à cette même occasion.
Pour la première fois, la télévision publique présente
Madame Sifa Mahanya, revenue de Lubumbashi, comme
l’épouse du défunt Laurent Désiré Kabila et la mère du
nouveau président Joseph Kabila Kanambe.



Des interrogations gênantes

Voilà la trame des événements qui ont
précédé, accompagné ou suivi l’assassinat de Laurent
Désiré Kabila ce 16 janvier 2001. Comme dit dans le
préambule, cette chronologie soulève plusieurs
interrogations restées sans réponse à ce jour. En
voici quelques unes choisies arbitrairement, il faut
l’avouer.

Tout d’abord, comment comprendre ce comportement du
gouvernement de
Kinshasa qui, après avoir saisi le 23 juin 1999 la
cour internationale de justice d’une plainte contre le
Rwanda, le Burundi et l’Ouganda pour envahissement et
occupation militaire du Congo, retire 18 mois plus
tard, le 15 janvier 2001, sa plainte contre le Rwanda
et le Burundi, mais la maintient contre l’Ouganda ? Si
oui, pour quelles raisons ? Si non qui l’a fait et
dans quel but ? Dans un cas comme dans l’autre,
pourquoi retirer les charges contre le sanguinaire
Paul Kagame et son collègue du Burundi, et maintenir
les mêmes charges contre Musevenyi ? La coïncidence
des dates entre ce désistement du Congo et les
préparatifs de l’assassinat de Laurent Kabila est
troublante. Pour le moins !
Il y a ensuite le cas de Mme Sifa Mahanya, jetée en
prison par Désiré Kabila pour tentative
d’empoisonnement sur sa personne, libérée secrètement
par Joseph Kabila Kanambe pour la cacher à Lubumbashi.
Ce n’est qu’après son assassinat qu’elle apparaît
comme son épouse et la mère de Joseph Kabila Kanambe.
Pourquoi cette apparition soudain à ce moment là ? Mme
Sifa est-elle la mère biologique, la tutrice de Joseph
Kabila Kanambe ou une complice d’intrigue ? Serai-ce
une fabulation inventée pour forger une filiation «
juteuse » au successeur de Laurent Kabila ou la
réalité des faits ? Quant à Laurent Kabila lui-même,
est-il le géniteur de Kanambe, son tuteur ou son père
adoptif légal ? Pourquoi Kabila s’est-il toujours
refusée de son vivant à présenter au peuple congolais
sa famille ?

Un autre point d’ombre. Ces informations de dernière
minute apportées le 12 janvier à Kabila par « son fils
» selon lesquelles sa vie était en danger s’il se
rendait au sommet de la Francophonie à Yaounde au
Cameroun. Obligeant le chef de l’Etat à regagner
Kinshasa où, Joseph Kabila Kanambe veillait sur sa
sécurité. Laurent Kabila est assassiné quatre jours
après dans son palais.

La veille de l’assassinat, Joseph Kabila Kanambe,
commandant en chef des troupes terrestres, fait
désarmer tous les militaires des garnisons de
Kinshasa, laissant la capitale du pays sans
protection. Qu’est-ce qui motive cette grave décision,
si ce n’est pour prévenir une réaction armée à
l’assassinat du chef de l’Etat programmé pour le
lendemain ? A mettre aussi enparallèle, l’appel au
calme lancé peu après la mort de Laurent Kabila par
son
aide de camp, le colonel Kapend, alors qu’il sait
pertinemment que les garnisons de Kinshasa sont
démunies d’armes et de munitions.

Autre anomalie : la veille de l’assassinat de <<son
père >> ? Joseph Kabila
Kanambe non seulement désarme les troupes de Kinshasa,
non seulement il fait arrêter un haut responsable du
renseignement de l’ANR/DE rentrant d’une mission à
l’étranger, mais tranquillement il s’envole le même
jour pour aller passer la nuit à Lubumbashi ! Que
va-t-il faire à Lubumbashi, lui qui sait que le
danger de mort guette son « père » qu’il a convaincu
de revenir à Kinshasa ? Il est curieux de constater
que personne ne demandera à Joseph Kabila Kanambe des
comptes sur son comportement pour le moins surprenant!
Sous d’autres cieux africains, à plus forte raison
dans les capitales occidentales,le commandant en chef
des forces terrestres aurait été sommé de s’expliquer
devant une commission d’enquête diligentée par
l’assemblée nationale.

Autre interrogation. Pourquoi le gouvernement
congolais ment-il sur la date de la mort du chef de
l’Etat ? En effet, les médecins de la clinique auprès
de qui le blessé est amené peu après le ou les coups
de feu ne peuvent que constater son décès. Pourquoi
alors cette mascarade de soins dans une clinique à
Harare, alors qu’il ne s’agit plus que d’une dépouille
mortelle ? Ce mensonge a nourri toutes sortes de
rumeurs dont la plus courue est celle d’un coffre fort
de Laurent Kabila à Harare qui ne pouvait s’ouvrir
qu’avec l’empreinte de ses doigts.Le ridicule de la
situation, c’est que pendant que Dominique Sakombi
s’évertue à souhaiter une bonne guérison au président
blessé, les medias du monde annoncent à qui veut
l’entendre que Laurent Désiré Kabila est mort sur le
coup, et le peuple congolais est ainsi informé par ces
mêmes medias.

Commanditaire(s), complice(s) et exécutant(s)

Qui a tué Kabila, qui a donné
l’ordre, qui a décide de son assassinat ? Au niveau de
l’assassinat physique, deux versions différentes
circulent. Il y a d’abord celle du ministre Sakombi
qui parle « d’un collaborateur proche de Kabila dont
la présence dans bureau à cette heure là de la matinée
ne soulève aucun problème ». Il tue le chef de l’Etat
à bout portant, mais épargne son conseiller économique
; le seul témoin oculaire de la scène, dont le
témoignage aurait pu accabler le tueur devant la
justice, s’il avait été pris vivant, a la vie sauve !
La seconde version est celle d’un commando de libanais
qui aurait élimine Laurent Kabila, se serait fait
prendre à son tour, aurait été jugé et exécuté. Quoi
qu'il en soit, il ne 'agit là que d'exécutant, Mais
les vrais commanditaires au plan intérieur demeurent
cachés. L'histoire, le temps et la patience finiront
par les révéler ; aussi serait-il naïf d'attendre une
quelconque indication de ceux qui sont au pouvoir au
Congo aujourd'hui. N'ont-il pas engrangé les bénéfices
de l'assassinat Laurent Désiré Kabila ? N'empêche
que le peuple congolais veut, et c'est son droit,
connaître la vérité sur le rôle jugé dans cet
assassinat par un Joseph Kabila Kanambe ? L'homme est
un dissimulateur, on le sait, mais il existe un
faisceau de faits objectifs qui le rattache à
l'assassinat de son père.

Premièrement, Mme Sifa est jetée en prison par Kabila
« père » pour tentative d'empoisonnement ; mais elle
est libérée par Kabila « fils » et cachée à Lubumbashi
d'où elle sortira à la mort de Laurent Kabila pour
prétendre à la maternité de Kabila « ils » d'avec le
défunt Kabila.
En second lieu, le chef de l'état en partance pour le
sommet de la francophonie annule son déplacement sur
le conseil de Kabila « fils » qui affirmer avoir des
informations sérieuses sur un « plan d'exécution » mis
en place contre « son » père pendant ce sommet.
En troisième lieu, il y a le fait que la veille de
l'assassinat, Kabila « fils » désarme les troupes de
Kinshasa et fait arrêter le porteur d'un message de
première importance venu de l'extérieur,destiné à
Kabila « père ».
En quatrième lieu, ayant accompli cela, Kabila
Kanambe s'éloigne de Kinshasa, le lieu du trame
imminent, pour aller passer la nuit à Lubumbashi, où
l'a précédé Mme Sifa. D'où il apprendra le lendemain
l'assassinat de son « père ». Kabila
Kanambe,connaissait le danger de mort qui planait sur
la tête de Laurent Kabila. Il l'a fait revenir de
Lubumbashi pour le fixer à Kinshasa et , à son insu,
dépouillé de ses forces militaires et coupé de ses
sources d'information resserrant peu à peu l'étau
autour de son cou .Ce n'est pas Joseph Kabila Kanambe
qui a tiré le coup de feu fatal qui a tué Laurent
Désiré Kabila, mais il ne peut pas affirmer qu'il en
est étranger .Ses gestes sont ceux d'un homme qui
plante le décor où va se produire un grand événement,
lourd de conséquences.


Conclusion ?

On nous accusera
d'être des fous enragés qui voulons à tout prix
accuser Joseph Kabila Kanambe d'un crime qu'il n'a pas
commis, puisqu'il était loin de là quand il a eu lieu.
C'est un argument usé que personne de sérieux ne peut
retenir. Avouons cependant que la preuve formelle
n'est pas faite de la culpabilité des intervenants
rapprochés de la mort de Laurent Kabila et la
mascarade de l'arrestation du colonel Eddy Kapend ne
trompe personne de bon sens. La vraie enquête
débarrassée des passions reste à faire. Elle seule
pourra établir les faits impliquant les principaux
acteurs de ce drame dont Joseph Kabila Kanambe et
Eddy Kapend occupe la scène pour si être mis
eux-mêmes. D'autres existent à travers le pays,
l’Afrique et le monde .C'est un devoir de vérité que
nous devons, nous peuple congolais pour exorciser les
démons du mensonge et de la dissimulation érigés en
système de gouvernement. Entre autres.

-RDCONGOLIBRE-



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Published by RDCCONGOLIBRE - dans DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
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