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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 18:44
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Dossier des Opérateurs économiques véreux: Le gouvernement a plongé ses mains dans la magouille jusqu’aux coudes Sassou trahi par les siens


Quand le chef de l’Etat s’époumone à dénoncer l’attitude très blâmable des magistrats, il ne se doute pas un seul instant que son gouvernement et les hommes de son entourage sont foncièrement impliqués dans le dossier des opérateurs économiques véreux.

En effet, quand le Président de la République a décidé d’incarcérer lesdits opérateurs, les magistrats se sont exécutés sans complaisance. Une fois en prison, chacun des opérateurs devait payer une caution pour sa libération conditionnelle. Cependant, ils doivent obligatoirement achever les travaux entamés et arrêtés, ou commencer d’exécuter les travaux jamais entamés. Une autre procédure est celle qui les contraint à rembourser les sommes encaissées. Obligation a été également faite aux opérateurs économiques concernés de ne pas sortir du territoire national tant qu’ils n’ont satisfait aux exigences de la justice. Pour mieux accomplir leur tâche, les magistrats dressent la liste des opérateurs économiques véreux et la déposent à toutes les frontières : Maya Maya (Brazzaville), Agostinho Neto (Pointe-Noire), le Beach de Brazzaville. L’interdiction de sortir du pays oblige les opérateurs économiques d’achever les travaux pour lesquels ils ont encaissé l’argent. Face à cette interdiction et cette obligation d’achever leurs travaux, les opérateurs trouvent une issue de sortie en sollicitant, chacun en ce qui le concerne, l’intervention d’un ou des

membres du gouvernement. C’est ainsi que certains opérateurs économiques se voient établir des ordres de mission de complaisance. D’autres reçoivent des attestation certifiant l’exécution des travaux en bonne et due forme.

Dans certains cas, des ministres ont choisi affronter directement les magistrats pour libérer leurs opérateurs économiques complices. Des ministres sont allés jusqu’à s’attaquer à leurs collègues qui n’entendaient céder à la corruption. Certains ministres ont eux-mêmes encaissé la caution des opérateurs économiques avant de se présenter devant les magistrats pour l’obtention d’une liberté provisoire.

Des officiers et des membres de la famille du Président de la République sont, eux aussi, rentrés dans la danse. Nuitamment, le procureur de la République a été sommé de libéré un opérateur économique européen véreux détenu à la Maison d’arrêt. L’officier qui intime l’ordre au Procureur dit avoir reçu mandat du chef de l’Etat. C’est bien plus tard que le Procureur réalisera que l’ordre de libérer cet opérateur économique véreux ne venait pas du chef de l’Etat.

C’est dans cette jungle savamment entretenue par les membres du gouvernement, les officiers proches du chef de l’Etat et quelques parents du Président de la République, que Denis Sassou Nguesso se bat finalement seul contre les opérateurs économiques véreux. Le Président de la République n’a jamais réalisé qu’il est trahi par son propre gouvernement, les officiers de son entourage et ses propres parents.

L’état des lieux est très piteux Des travaux jamais achevés ou pas du tout exécutés par des opérateurs économiques véreux qui, soutenus par le gouvernement et les proches du chef de l’Etat, circulent librement à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays.

-A Ewo dans Cuvette-Ouest, l’état des lieux fait par Denis Sassou Nguesso est alarmant. Plus de 5 milliards payés aux opérateurs économiques, plus d’un tiers (1/3) des travaux n’a jamais été exécuté. Les opérateurs économiques ayant encaissé l’argent se prélassent librement. Ainsi, les établissements sanitaires des Sous préfectures d’Etoumbi, de Mbama et bien d’autres bâtiments administratifs de la préfecture d’Ewo n’ont jamais été exécutés.

-A Owando, capitale de la Cuvette, l’aéroport s’est débloqué un financement et les travaux n’ont jamais été exécutés. L’opérateur bien connu, qui a encaissé les fonds, n’a jamais exécuté les travaux de réfection de l’aéroport.

- A Gamboma dans les Plateaux, Denis Sassou Nguesso, a cité une kyrielle d’opérateurs économiques véreux ayant encaissé l’argent de l’Etat sans, en retour, exécuter les travaux à eux confiés. Le groupe électrogène de Djambala dont l’argent avait été depuis encaissé par un opérateur économique n’a jamais été livré.

- A Brazzaville, par exemple, les travaux d’extension de l’établissement CIESPAC n’ont jamais été exécutés et pourtant l’argent avait déjà été encaissé.

La liste est longue et les opérateurs économiques se la coule en toute douceur, bénéficiant de la protection des ministres eux aussi véreux.

Impunité érigée en mode de gouvernement Il n’est plus possible d’opposer un quelconque doute face aux commentaires qui liste le Congo parmi les pays les plus corrompus du continent africain.

La corruption s’illustre par tout où des personnes, auteurs de crimes et délits n’ont jamais été, ni inquiétées, ni interpellées. La justice dans cette affaire d’opérateurs économique véreux a été visiblement débordée par des membres du gouvernement sans scrupule, trahissant ainsi la confiance à eux faite par le chef de l’Etat. C’est à ses dépends que le Président de la République clame en public que les magistrats libèrent les opérateurs économiques véreux. Il menace les magistrats. Mais, il ne sait pas que corrompus, les membres de son gouvernement, dans son dos, ont crânement interféré dans l’action de la justice en soutirant les opérateurs économiques qu’il a placés en prison entre les mains de la justice. Des magistrats menacés, des opérateurs libérés de la manière la plus invraisemblable, le Congo, par ses gouvernants, est devenu l’illustration parfaite d’un Etat où règnent sans partage impunité et corruption. La peuple, le bas peuple n’a que ses yeux pour constater. Le chef de l’Etat qui ne punit jamais va laisser pourrir consciemment et paisiblement son autorité, mais aussi son pouvoir. Pendant la campagne électorale, l’opposition va devoir se saisir de cette corruption et surtout cette impunité comme point de chute de Denis Sassou Nguesso. Faut-il renouveler le mandat à un chef d’Etat qui décrie des malversations financières et ne punit personne en retour ? Les Congolais choisiront.

Le journal LE CHOC ne manquera jamais le courage de dénoncer le mal pour mieux servir la République. Qui aime bien ne peut que bien châtier… n’est ce pas ?



ASIE Dominique De Marseille

© Copyright Le Choc

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Published by LE CHOC - dans JUSTICE
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