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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 15:44
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

DISTINCTION “IVOIRIENS” ET “NON IVOIRIENS” POUR LES AUDIENCES FORAINES: Gbagbo instaure l’apartheid en Côte d’Ivoire
(Le Patriote 10/07/2006)
( 10/07/2006)


En remettant en cause le consensus minimum obtenu sur les audiences foraines, en décidant de séparer les requérants ivoiriens des étrangers, Gbagbo sème les germes de la ségrégation en Côte d’Ivoire et met, à nouveau à mal, la cohésion nationale.

Un système d’apartheid à l’ivoirienne. Laurent Gbagbo, le chef de l’Exécutif est assurément nostalgique de ce régime de ségrégation systématique des gens de couleurs appliqué jusqu’en 1990-1991 en Afrique du Sud. Et il veut implanter en Côte d’Ivoire, cette expérience sud africaine absolument désastreuse dénoncée par le monde entier, en décidant que les étrangers et les Ivoiriens aient des jours distincts pour se présenter aux audiences foraines. Ce n’est ni plus ni moins que la ségrégation, de la discrimination, de l’exclusion, de l’arbitraire. La lutte contre la fraude sur l’identification avancée comme argument par Laurent Gbagbo n’est en réalité qu’un prétexte, du reste, fallacieux. Cet argument ne résiste guère à l’analyse. D’abord, parce que cela viole même le principe de toute audience foraine qui est, par excellence, une cour de justice mobile et populaire. Ce qui veut dire que c’est au juge qui, au terme d’un procès public, au regard des dispositions légales en vigueur en matière de nationalité et d’identification, détermine la nationalité ivoirienne ou étrangère du postulant. Où est donc la logique si un postulant sans papiers depuis le jour de sa naissance et qui est à la recherche justement d’une existence légale et d’un statut administratif doit lui-même se présenter devant le tribunal public en tant qu’Ivoirien ou étranger ? C’est une aberration. Car, c’est au juge et à lui seul de déterminer la nationalité d’un postulant aux audiences foraines. D’où la série de questions pertinentes qu’il pose à tout requérant et dont les réponses déterminent sa décision finale. Et la seule preuve de la nationalité ivoirienne, c’est le certificat de nationalité. Un document délivré exclusivement par un juge assermenté. Il en est de même du jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance délivré à la suite d’une décision de justice. Demander donc aux postulants de ce premier papier qui fait d’eux des hommes légaux de s’autodéterminer en allant se mettre dans un rang d’Ivoiriens ou un rang d’étrangers revient tout simplement à mettre en cause tous les acquis du processus de sortie de crise. C’est comme, si les acteurs politiques ivoiriens étaient allés à Marcoussis, Kléber, Accra, Pretoria, Yammousoukro et autres pour rien. Retour à la case départ et réveil des vieux démons de l’ivoirité qui ont causé tant de dégâts dans ce pays.
Ensuite, cette décision arbitraire et injuste porte un coup fatal au principe même de l’indépendance de la justice. On enlève au juge ce qu’il y a d’essentiel à sa fonction : l’indépendance et la liberté. Et c’est totalement scandaleux dans un pays divisé en deux qui depuis plusieurs décennies cherche à conjurer les démons de la crise identitaire et de l’ethnocentrisme. En plus, cette décision, nous en sommes convaincus, servira de prétexte aux partisans de Gbagbo d’exercer des violences sur ceux des requérants soupçonnés à tort de ne pas suffisamment luire dans le miroir de l’ivoirité. Les Ivoiriens nés avant 1960 et ceux nés entre 1961 et 1972 qui se présenteront à ces audiences foraines sont donc en danger. Ils risquent sans aucun doute d’être spoliés de leur nationalité si l’on n’y prend garde. C’est d’ailleurs l’objectif visé par Gbagbo en prenant cette décision de séparer les Ivoiriens des étrangers. Reste à savoir si les bailleurs de fonds d’ordinaire

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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