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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 12:04
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Hier sur le boulevard du 30 juin : Marche des 19, dangereuse manipulation des medias
(L'Avenir Quotidien 12/07/2006)
( 12/07/2006)


L’objectif visé de cette manifestation, c’est de faire des morts afin d’avoir un acte d’accusation contre le pouvoir. *Les dégâts matériels sont importants. *Louis Michel et William Swing cibles des injures de la part des manifestants. *Un manifestant qui a pris la grenade lacrymogène pour la relancer sur les policiers a eu des doigts arrachés. *Un journaliste allemand blessé. *Le bilan non confirmé parle d’un mort, mais cela ne relève que de la manipulation. *De nombreuses voitures ont vu leurs pare-brises voler en éclats.

La marche que les candidats président de la République auxquels se sont joints les militants et cadres de l’Udps a tourné au drame. Comme on devrait s’y attendre, l’accent a été mis sur le nombre de morts que personne ne peut prouver. Alors que la marche se poursuivait, on a vu Gaston Dindo, Directeur de campagne de Tshisekedi sur RL Tv s’en prendre à Malu-Malu, comme pour justifier la marche. Du coq à l’âne, Dindo parle de Malu-Malu qui aurait fait une mission pour le compte de la présidence de la République en 2003. Pour lui c’est la preuve que l’Abbé est au service de Kabila et ne serait pas crédible. Parlant de la marche, il a affirmé que Franck Diongo aurait reçu une balle et qu’il luttait entre la vie et la mort. Au même moment, sur Global Tv, on montrait Franck Diongo étalé sur terre, sans blessure. Un autre leader parmi les manifestants, JC M’Vuemba relaie Dindo à RL Tv. Une consoeur lui pose la question de savoir comment se portait Franck Diongo ? M’Vuemba confirme qu’il luttait entre la vie et la mort. Mais à la question de savoir s’il avait reçu une balle, M’Vuemba qui était pourtant avec Franck, répondra qu’il ne savait pas. Les téléspectateurs de Congo Web eux, voyaient Franck Diongo hospitalisé à l’hôpital général.

Au sujet du manifestant qui avait eu des doigts arrachés, JC M’Vuemba a témoigné sur RLTv qu’il avait ramassé une grenade lancée par un policier afin de la relancer sur les policiers, mais la grenade a éclaté entre ses mains. Et pourtant un autre manifestant racontait que les policiers auraient tiré à bout portant sur les doigts de ce manifestant. Le plus grand show aura été celui donné par Jean Baptiste Bomanza. On l’a vu au téléphone, pendant qu’on soignait Franck Diongo, dire on ne sait à qui, qu’on vivait un grand banditisme de l’Etat, que la répression de la marche a fait plusieurs morts. On saura après à qui Bomanza s’adressait. Se rendant compte qu’il y avait beaucoup de bruits autour de lui, il demande le silence en disant qu’il était en contact avec la communauté internationale. On a vu sur les médias des images inacceptables dont rien ne pouvait justifier la diffusion. Tel est le cas de ces manifestants qui injuriaient le chef de l’Etat. On parle d’un mort du côté de la police qui a encadré les manifestants. Les autres sources parlent naturellement de plusieurs morts. On avance le chiffre provisoire de quatre morts. Comme toujours dans ce pays, on ne se mettra jamais d’accord sur ce qui semble être le vrai enjeu des manifestations et sur le nombre réel des victimes du dérapage d’une manifestation non autorisée. On préfère accuser injustement le pouvoir de dérive et de bavure. Que s’était-il passé hier mardi sur le boulevard du 30 juin ? Un groupe de 19 candidats à la présidence de la république aux prochaines élections avait annoncé et programmé une marche. Celle-ci, selon les organisateurs, devait servir d’aiguillon de protestation contre les bulletins de vote de réserve imprimés par la Cei. Toutes les raisons avancées par la Cei pour justifier ce surplus de bulletins que l’on peut gérer avantageusement, n’ont pas permis de désamorcer la marche. Les organisateurs entendaient exiger également la tenue des négociations avant les élections. Les calicots brandis par les manifestants sont clairs. « Sans négociations, la communauté internationale devra choisir au Congo entre le schéma afghan et le schéma irakien », proclamait une banderole parmi les autres calicots brandis par la meute des manifestants. Parmi ces manifestants, on pouvait noter la présence de certains candidats président de la république tels que Lunda Bululu, Roger Lumbala, Kamanda wa Kamanda, Anatole Matusila, en compagnie des opposants politiques aigris, comme Gabriel Mokia, Jean Claude Mvuemba et l’udepesien Jean Baptiste Bomanza. Tous ces acteurs politiques ne jurent que par les concertations, grâce auxquelles ils espèrent tirer une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, leur épingle du jeu politique, par ce qu’ils n’entrevoient pas leur horizon à travers la fenêtre des élections. Quand ces derniers se sont massés sur le goudron du boulevard du 30 juin, ils ont trouvé la police, elle aussi massée sur les abords du boulevard, pour les empêcher de marcher. En effet, cette marche n’avait pas été autorisée par l’autorité urbaine, comme il se doit, conformément à la loi. Cela n’a pas été du goût des manifestants qui ont commencé à résister. Aussitôt ils décident de s’asseoir à même le pavé pour manifester leur envie de ne pas obtempérer à la sommation des forces de l’ordre. Dans le but de ne pas encombrer la circulation, la police a décidé alors d’utiliser les moyens à sa disposition, pour disperser les manifestants et libérer le passage à la circulation. Des tirs de grenades lacrymogènes sont alors déclenchés en direction de la foule des manifestants. Ceux des manifestants qui ont résisté, ont dû être transportés par les éléments de la police à l’intérieur de l’immeuble de la Gécamines (ex Sozacom), complètement évanouis, atteints de plein fouet par les gaz asphyxiants ; plus d’une demi heure plus tard, ils ont recouvré leurs esprits avant de rentrer chez eux à la maison, sans autres encombres. Un des manifestants se croyant plus brave que les autres, s’est hasardé à ramasser une grenade lacrymogène lancée par la police afin de la renvoyer à l’expéditeur. L’engin lui a explosé entre les mains et lui a arraché le poignet avec les doigts. Dans la foulée, un journaliste allemand est passé à tabac. Pour certains, ce sont les policiers qui auraient tiré sur lui. Mais des témoignages concordants rapportent que le journaliste lui-même a reconnu avoir été pris de plein fouet par le gaz lacrymogène. C’est même la police qui l’a récupéré pour le désintoxiquer. Une autre source affirme que le confrère avait été lynché par des manifestants qui l’auraient pris pour un Belge, donc un espion à la solde de Louis Michel, la bête noire de l’Udps. Ce dernier est vertement injurié. A été également la cible d’injures de la part des manifestants, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, l’Américain William Swing. Les manifestants l’ont traité de tous les noms. Dans la confusion qui régnait sur les lieux des événements, il était difficile de réunir tous les éléments et surtout donner le bilan de cette manifestation. Quoi qu’il en soit de ce bilan provisoire, on doit se féliciter de la maîtrise avec laquelle les forces de la police nationale congolaise ont fait face à la situation. Une manifestation non autorisée comme celle là, à un autre contexte de l’histoire de ce pays, aurait fait beaucoup de victimes que les rares blessés de ce mardi. On peut opposer en guise de parallélisme de forme, la marche réprimée hier, à celle des chrétiens en 1992 qui est encore fraîche dans la mémoire collective des Congolais en général, et des Kinois en particulier. Et ce n’est pas pour minimiser les incidents de ce début de semaine. Il revient à l’autorité de fixer l’opinion sur ce qui s’était effectivement passé. Pourquoi la marche n’avait-elle pas été autorisée, étant donné que ce dernier temps, on avait assisté à une série des marches autorisées par l’autorité de la ville, qui ont été bien encadrées et qui n’ont pas connu de débordement, en dépit de la provocation des marcheurs. La demande de marcher avait-elle été introduite ? Par qui ? Car, à quelque chose malheur est bon, les gens doivent apprendre à assumer leurs responsabilités. D’où vient la violence qui s’est notamment déversée sur des véhicules et des affiches de certains candidats ? Que va-t-il se passer par la suite ? Va-t-on laisser faire en attendant d’autres incidents ? Va-t-on enfin faire suite aux revendications des manifestants ? Avec quels effets et quelles conséquences ? Voilà qui doit être fait, même au moment où la caravane des élections poursuit son bonhomme de chemin. Pour ne pas donner un prétexte décisif à ceux qui veulent faire déraper le processus, pour ne pas donner l’impression qu’à cause des élections, l’autorité de l’Etat n’existe plus. Heureusement que la communauté internationale n’a pas besoin d’être appelée au téléphone. Elle est là, témoin des événements.

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