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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 13:19
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

ONU, GTI, AUDIENCES FORAINES, RHDP … LA GROSSE COLÈRE DE GBAGBO
(Fraternite-Matin 17/07/2006)
( 17/07/2006)


À l’occasion de la cérémonie des Jeunes houphouétistes pour la République en son honneur, le Chef de l’État a dit ses vérités et parlé de ses projets.

J’ai lu quelques déclarations qui ne m’ont pas plu. On dit qu’il y a la guerre à cause des frustrations. Mais, la frustration vient d’où et de qui? Qui a amené la frustration? Des gens qui se disent houphouétistes, voilà comment ils critiquent Houphouet de manière insidieuse. Vous ne pouvez pas dire que c’est Gbagbo qui vous a frustrés, parce qu’il n’était pas au pouvoir. Donc, vous voulez parler de qui? Si vous avez été frustrés au point de faire la guerre, donc qui vous a frustrés, Il faut le dire. C’est pourquoi les gens ne peuvent pas discuter avec nous.

Parce que les phrases qu’ils prononcent eux-mêmes contiennent leur propre condamnation. Vous ne pouvez pas dire à la fois que vous êtes houphouétistes et dire que Houphouet a passé son temps à vous frustrer.
Il ne faut pas dire oui à quelqu’un le jour et comploter la nuit contre lui. Je ne sais pas dire oui et trahir. C’est pourquoi j’ai dit à Houphouet qui voulait me nommer ministre que je ne veux pas. Parce que je ne peux pas accepter et le critiquer après. Et, une frustration ne conduit pas à la guerre. Si la frustration conduisait à la guerre, tous les pays du monde seraient tout le temps en guerre. Parce que dans tous les pays, il y a la frustration. Jeunes Houphouétistes, méfiez-vous des fausses solutions. La rébellion n’est pas une solution à un problème. La rébellion est une fausse solution à de vrais problèmes qui existent en Côte d’Ivoire. Méfiez-vous! Ceux qui ont fait la rébellion sont dans l’impasse. Ils ne savent plus où aller. Ils ne savent plus comment s’en sortir. Malheureusement, nous sommes dans l’impasse avec eux.
Je voudrais dire deux mots à nos amis de l’ONUCI qui sont venus pour nous aider. Ils sont venus parce que nous l’avons demandé. Sinon, il y a des pays où on ne veut pas les voir. Des pays comme l’Erythrée, l’Ethiopie, le Soudan, on ne veut pas les voir ; ils ne sont pas venus. Donc, il faut qu’ils comprennent qu’ils sont ici, parce que nous le voulons. C’est un point qui est important. Un pays n’a jamais été rayé de la carte du monde, parce qu’il a refusé de recevoir les forces de l’ONU. Mais dans leur présence, ils doivent être discrets et ils doivent être justes. Ils sont zélés quand il s’agit de dénoncer les jeunes patriotes. Mais, ils sont silencieux quand il s’agit de réclamer le désarmement! Je ne suis pas d’accord! Nous n’accepterons pas ça! Quand il s’agit des jeunes patriotes, des gens disent: “Nous n’accepterons pas ceux qui, ne veulent pas de l’identification…” Ils sont qui, pour avoir la morgue et la menace à la bouche? Mais, quand nous leur disons de faire le désarmement, ils rasent les mûrs. Ils sont pitoyables. Nous n’accepterons pas cela!
Nous sommes un pays libre, un pays souverain, un pays qui n’est pas en faillite, un pays qui ne demande de l’aide à personne. Je voudrais leur dire que nous sommes prêts à collaborer avec eux. Mais, nous n’accepterons pas l’injustice. Il y a certains d’entre eux qui couraient à Washington pour dire: “oui, les jeunes patriotes-là, ils ont des réactions terroristes. Ils faut les classer comme tels”. Comment ? Des gens qui sont venus nous surprendre la nuit, qui ont égorgé, qui ont tué, éventré des femmes enceintes, qui ont violé et volé! Ceux-là, ils ne sont pas des terroristes, ce sont les patriotes qui sont des terroristes?! Je n’accepterai pas ça.
Je voudrais leur dire qu’ils sont envoyés ici pour faire un travail. Il faut qu’il fasse un travail utile. Parce que nous, on n’est pas payés pour être ici. Nous, nous sommes chez nous. On ne nous paie pas pour être en Côte d’Ivoire. Nous, nous sommes en Côte d’Ivoire, parce que c’est chez nous. Alors, je voudrais leur dire ça. S’ils veulent qu’on s’entende, il faut qu’ils aient un zèle pour le désarmement. Ceux qui ont pris les armes, ce sont eux qui ont tort.
Ce n’est pas nous qui résistons qui avons tort. Nous résistons aujourd’hui, nous avons résisté hier et nous résisterons demain. Je ne laisserai pas mon pays submergé par des gens, sous le prétexte qu’ils ont pris les armes. Non! Ce que moi j’attends des gens de l’ONU et de tous leurs démembrements, c’est qu’ils aient un zèle certain, un zèle visible pour le désarmement. Le jour où ils nous auront aidés à faire le désarmement, alors ils auront mérité d’être l’ONU. Mais, tant qu’ils continueront de poser des pièges pour des citoyens honnêtes que nous sommes, qui sont là pour bâtir leur pays, alors ça n’ira pas bien. Ça, c’est pour les gens de l’ONU qui sont là.
Pour le gouvernement, j’ai dit au Premier ministre avant de venir et il va le faire, de recevoir tous ceux qui ont peur d’aller en zones occupées pour les audiences foraines. Les sous-préfets et les préfets ont peur. Et ils ont raison. On oublie trop facilement que dans le département de Korhogo, le sous-préfet de Sirasso a été tué. Le préfet de Korhogo a été transformé en cuisinier et en chauffeur des rebelles. Des préfets ont dû fuir leurs maisons. En courant. Ils ont pris la route, la brousse pour s’en sortir. Oui, les préfets et les sous-préfets, je comprends votre peur. Je comprend votre peur et j’ai dit en Conseil des ministres: luttons contre les peurs. Une fois que nous aurons lutté contre les peurs, alors nous progresserons.
Mais, tant qu’on n’aura pas lutté contre les peurs, ce n’est pas possible. Je comprends aussi les juges qui ont peur d’aller siéger aux audiences foraines. Les gens croient que les audiences foraines, c’est là qu’on distribue seulement les jugements supplétifs. Une audience foraine, c’est d’abord une audience. C’est-à-dire, un jugement rendu par un juge. Et ces juges sont nommés par décret par le Président de la République, sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature. J’attends encore les propositions du Conseil supérieur de la magistrature. Je n’ai pas encore signé ce décret. C’est la précipitation avec laquelle le ministre de la Justice a annoncé le démarrage de l’opération, c’est ça qui a semé le trouble. Donc, doucement, doucement, nous sommes pressés. Quand on est pressé, on ne court pas trop vite. Parce qu’on peut tomber.
Je comprends la peur des juges. Je comprends la peur des magistrats. Le Premier ministre doit les recevoir, corps après corps. Pour les rassurer. Il faut la sécurité. Les partis politiques veulent être présents sur les lieux où on fait les audiences foraines. Et ça, c’est évident.
Quand Sidiki Konaté dit: “Pour venir dans nos zones… ”. Lui, il a une zone? Ici là, il a une zone? Les gens veulent qu’on leur parle. On ne va pas leur parler. Mais, le temps de parler à ceux-là n’est pas encore venu. Il peuvent parler partout. Tout le monde, sauf Sidiki Konaté quand même! Après c’est pour venir dire: il faut tenir un langage de paix. Mais moi, je parle de ce que je veux, chez moi, quand je veux et à l’aise. Le problème aujourd’hui, c’est qu’il faut qu’on les désarme pour que les gens, qui ont leurs maisons à Bouaké, Ferké, Korhogo, Sinématiali, Man, Danané, aient d’abord leurs biens. C’est ça le problème. On n’a pas réglé le problème de la sécurité et on croit qu’on peut passer en vitesse. Il faut régler d’abord le problème de la sécurité. Un ministre européen est venu me voir pour me dire qu’on peut faire les élections sans désarmement, comme en Irak… Je lui ai dit: “Est-ce que vous ne voyez pas ce qui se passe en Irak?” Il est passé à un autre sujet. Les gens nous prennent pour des imbéciles.
On ne fera pas d’élections sans désarmement. Et nous sommes tranquilles. Parce que nous sommes sûrs de nous. Ce sont ceux qui ne sont pas sûrs d’eux qui prennent les armes. Nous qui ne prenons pas les armes, c’est parce que nous sommes sûrs de nous. Ça ne se fera pas comme ça! Ils vont désarmer! Voilà les choses que je voudrais dire. Il faut que les gouvernants soient pédagogues. Un gouvernant doit être pédagogue. Il doit expliquer, expliquer pour être compris. Il doit pouvoir comprendre. Il doit pouvoir convaincre. Le pouvoir sert à convaincre et non à imposer les choses. Voilà le commentaire que je voulais faire sur les audiences foraines qui vont se faire et elles doivent se faire. Mais, sur la méthode de la pédagogie. Je ne vous parle même pas de la liste des magistrats qu’on avait voulu affecter. C’est la catastrophe. J’ai dit non. Donc, j’ai écrit au Conseil supérieur de la magistrature qui trouvera, comme c’est son travail, une liste à me proposer pour que je signe le décret. J’attends encore les propositions du Conseil supérieur de la magistrature. Je n’ai pas encore signé le décret des nominations. Je suis dans une fonction de veille, une fonction de vigilance. Les gens de l’ONU sont là. Ils ne parlent pas des fraudes qui se préparent. Il y a des fraudes que nous combattons tous les jours avec la gendarmerie, la police, la justice. Il y a des gens qui sont en prison. Ils le savent, ils n’en parlent pas. Ils savent et nous savons. Ils n’en parle pas. Quand il s’agit des jeunes patriotes, ils retrouvent la voix. Je ne peux pas accepter cela. Entre deux groupes de jeunes, ceux qui ont pris les armes et ceux qui ont pris la rue, je ne peux pas accepter qu’on critique ceux qui ont pris la rue et qu’on couvre ceux qui ont pris les armes. Il faut que les gens comprennent cela ici et partout. Il y a des jeunes qui ont pris des armes qui ont tué, massacré, violé, volé. On les dorlote et on critique les jeunes patriotes qui ont pris la rue pour dire non à la guerre.
Mais moi, je suis avec ceux qui ont dit non à la guerre. C’est avec eux, que je suis. Il faut que cela soit clairement connu ici et partout. Je ne suis pas un lâche. Si je ne t’aime pas, je le dis. Si je dis je suis avec toi, dans la journée comme dans la nuit, on est ensemble.
Jeunes houphouétistes, nous sommes engagés dans un même combat. Le combat de la dignité. J’ai étudié l’histoire d’Houphouet-Boigny. Il a dit non aux Français quand il le fallait. Et la Côte d’Ivoire aura toujours quelqu’un pour dire non quand il s’agit de lutter contre l’injustice. Hier, Houphouet a dit non. Aujourd’hui, je dis non. Et demain il y aura encore quelqu’un pour dire non. La Côte d’Ivoire est une terre où il y aura des citoyens valables pour dire non quand il s’agit de lutter contre l’injustice. Jeunes Houphouétistes, soyez vigilants, battez-vous! Que Dieu vous bénisse! Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
Propos recueillis par
N’Dri Célestin
Correspondant régional

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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