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19 juillet 2006 3 19 /07 /juillet /2006 22:41
Sur un barrage à Abidjan: "Non au bradage de la nationalité ivoirienne"

 

© AFP
Des partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo bloquent la circulation à Abidjan pour protester contre les "audiences foraines", le 19 juillet 2006
© AFP Issouf Sanogo
ABIDJAN (AFP) -
mercredi 19 juillet 2006 - 17h32 - Les muscles saillants, le front barré d'un bandeau rouge et les yeux cachés par des lunettes noires, un partisan du président Laurent Gbagbo tient un barrage sur une grande avenue d'Abidjan pour protester contre le "bradage de la nationalité ivoirienne".

Comme des centaines d'autres jeunes patriotes, le jeune homme voit d'un mauvais oeil les "audiences foraines", première étape de l'opération d'identification devant aboutir à l'établissement de papiers d'identité pour ceux qui y ont droit, afin qu'ils puissent prendre part aux élections prévues fin octobre, dont la présidentielle.

"Non au bradage de la nationalité ivoirienne!", scandent les jeunes manifestants, des étudiants pour la plupart, qui sont parvenus une nouvelle fois à paralyser la capitale économique ivoirienne en dressant des barricades dans tous les quartiers pour dénoncer la "crédibilité" de la première étape de l'identification.

"Le message est tout simple. Quel est l'objectif des audiences foraines et qu'est-ce qui urge?", se demande Emmanuel à la tête d'un groupe d'une vingtaine "d'éléments" dont certains arborent les tee-shirts à l'effigie de Charles Blé Goudé, chef des "jeunes patriotes" et proche du président Gbagbo.

Dans les différents quartiers de la ville, Yopougon, Abobo Cocody, Koumassi ou encore Port Bouët, les manifestants, dont certains armés de gourdins ou de barres de fer, ont bloqué les rues avec des pneus ou des morceaux de bois, empêchant les véhicules de passer et procédant à des fouilles.

La plupart des fonctionnaires ont dû rester chez eux et les grands magasins, comme les échoppes des quartiers populaires, sont restés fermés.

© AFP
Un véhicule de l'armée ivoirienne passe devant des barricades érigées par des partisans du président Laurent Gbagbo, le 19 juillet 2006
© AFP Issouf Sanogo
Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, qui avait lancé le 18 mai la phase pilote de ces "audiences foraines" dans sept villes du pays, est la principale cible des manifestants qui lui reprochent "sa précipitation".

Le Front populaire ivoirien (FPI), parti du président Gbagbo, a appelé ses partisans à "empêcher" le déroulement des audiences "par tous les moyens", estimant qu'elles préparent "la fraude électorale".

"C'est une manifestation pour interpeller Banny. On ne peut donner la nationalité à n'importe qui. Que Banny se ressaisisse!", explique Samuel, assis sur une table dressée à un rond point du quartier de Yopougon, bastion du FPI.

Arrive alors un camion chargé de policiers. Les jeunes patriotes lui libèrent immédiatement le passage, non sans saluer les forces de l'ordre. Les manifestations sont interdites en Côte d'Ivoire mais les jeunes patriotes ont à de nombreuses reprises manifesté à Abidjan sans être inquiétés par la police.

Au carrefour de la Riviera II, quartier chic voisin d'une cité universitaire, les "étudiants" sont les maîtres de la rue et contrôlent toutes les voitures de fond en comble, les empêchant de passer.

"Nous avons reçu des consignes de laisser passer les forces de l'ordre et les médecins", raconte un manifestant vêtu d'un tee-shirt de la Fédération estudiantine de Côte d'Ivoire (Fesci, puissant syndicat étudiants).

"Nous ne sommes pas contre les audiences foraines (...) , mais nous réclamons la concomitance avec le désarmement promis par M. Banny lui-même", souligne Philippe, étudiant en économie, reprenant les argument du président Gbagbo.

Pour son camarade Ebance, "c'est la forme et l'esprit des audiences qui nous font douter de la crédibilité de l'opération. On a l'impression qu'une fraude électorale se prépare".

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