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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:28
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Fort de l’appui financier et militaire de la France, Bozizé met le feu à Paoua et sa région
(Centrafrique-Presse 24/07/2006)
( 24/07/2006)


Ce qui se passe à Paoua et sa région dépasse l’entendement. Après les massacres à grande échelle commis en janvier, février, mars et avril derniers, plusieurs voix dont celles des trois députés de Paoua se sont élevées pour réclamer en vain une enquête indépendante afin que la lumière soit établie sur les responsabilités de la soldatesque de Bozizé avec ses tueurs génocidaires tels que Eugène Ngaikoisset et ses éléments.

Le premier ministre de Bozizé, Elie Doté s’est rendu à Paoua promettre que son gouvernement allait désormais assurer la sécurité des paisibles citoyens de cette localité dont il s’est lui-même rendu compte qu’ils avaient pratiquement déserté tous les villages pour vivre en brousse à cause des tueries aveugles des soldats de Bozizé.

Force est constater que non seulement les prétendus engagements de Elie Doté n’existent que dans la tête de ce dernier mais encore et surtout, les assassinats se poursuivent de plus belle. Il avait demandé aux paysans de quitter leur planque de la brousse et de revenir dans les villages. Résultat, ceux qui ont osé le faire sont massacrés. Il ne se passe de semaines et de jours sans qu’on apprenne que des familles continuent d’être endeuillées dans Paoua et sa région. De Paoua à Bétoko, de Bémal à Béboura, de Bétoko à la frontière du Tchad vers Bégouladjé et Bébingui, non seulement on tue mais on incendie les villages. Une véritable opération « terre brûlée » consistant à rayer purement et simplement de la carte plusieurs villages de cette région. Ce qui s’était passé du temps du général Kolingba en 1985 dans cette région où mission avait été donnée au général Lucien Guillaume Ndjengbot de brûler aussi des villages n’était qu’une entrée en matière.

Début juillet dernier, pendant qu’Elie Doté prenait ses vacances au Canada, plusieurs villages ont été incendiés. Il s’agit des villages Bébingui, Bédaya 2 (village natal de feu général François Ndjadder), Bégouladjé 1 et Bégouladjé 2, Bémbaïndi, entièrement pillé. La maison du président de la délégation spéciale de la commune de Mia Pendé à Bétoko a été incendiée ainsi que plusieurs autres maisons.

Dans la commune de Bah-Behssar, les villages Bétokomia 2, Bébogda, Bétein, Bénodil 1 et Bénodil 2 ont également été incendiés.

Un jeune homme du nom Bernard Bégoto, qui a l’habitude de se procurer du tabac à priser Paoua pour le revendre à Bangui a été arrêté à Bangui, ramené à Paoua pour y être atrocement torturé jusqu’à ce que mort s’en suive. On lui a mis des chiffons de tissus dans la bouche et emballé avec du plastic auquel on a mis ensuite le feu. Tout cela, parce que ce jeune homme est soupçonné d’être un informateur des rebelles.

La ville de Paoua abritant maintenant une antenne du CICR, tous ces exploits criminels de la garde présidentielle de Bozizé peuvent parfaitement être vérifiés de façon indépendante auprès d’elle.

On ne peut comprendre que ce soit précisément dans un contexte de violence criminelle tous azimuts, où Bozizé a lamentablement échoué dans la gestion des affaires du pays malgré tous les soutiens politiques et financiers considérables qu’il a reçus au lendemain de son putsch, que le gouvernement français puisse décider de voler militairement à son secours. L’envoi massif de bérets verts français sur le territoire centrafricain pour tuer encore davantage de Centrafricains aux côtés du criminel Bozizé n’est pas l’aide et la meilleure forme de coopération que le peuple centrafricain attend de la France.

Alors qu’il déchaîne une répression dictatoriale aveugle et criminelle pour tenter d’éradiquer les différents mouvements de rébellion qui entendent le chasser du pouvoir, l’intervention de la France apparaît inévitablement comme un encouragement de ce putschiste à poursuivre dans la voie de l’incompétence, de la mauvaise gouvernance et de sa politique criminelle.


Auteur : La Rédaction

© Copyright Centrafrique

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Published by CENTRAFRIQUE PRESSE - dans POLITIQUE
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