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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:50
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Statu quo dans la gestion des affaires au Togo: Faure Gnassingbé est la photocopie conforme de son père
(Togoforum.com 24/07/2006)
( 24/07/2006)


A la veille de l'élection présidentielle du 1 er juin 2003, des rumeurs persistantes faisaient état de ce que les barons, qui gravitaient autour du Général-Président, déclareraient «ne pas vouloir, après avoir soutenu le père pendant des décennies, soutenir encore un fils… ». Mais bizarrement, c'est ce qui se passe depuis le 05 février 2005, date de la fameuse « catastrophe nationale ». Tous les officiers qui avaient servi Gnassingbé père et qui n'étaient même plus en fonction, avaient subitement retrouvé leurs treillis pour faire allégeance à Faure au mépris des lois et textes qui régissent le pays. Même des intellectuels de la trempe de Barqué, Abdou Assouma, Roland Kpotsra, Kwassi Klutsè, s'étaient associés à cette comédie. Le tout suivi d'un vrai faux retrait de Faure «légalisé» quelques semaines plus tard par la boucherie électorale du 24 avril 2005.

Cependant, «un leader nouveau, un esprit nouveau» qu'on avait chanté pendant la campagne électorale a de la peine à prendre ses marques. Celui qui ressassait à qui voulait l'entendre: «lui c'est lui, moi c'est moi», à part le fameux déblocage des avancements et l'intégration de certains enseignants contractuels, ne fait rien pour mettre le pays sur la voie de la modernisation. Il se comporte exactement comme «papa» en reprenant pour ses comptes les nombreuses fêtes qui ont marqué le règne de son géniteur. Et à chaque occasion, il donne l'impression de celui qui est forcé de commémorer ces événements. «Faure même ne voulait pas fêter. Ce sont ses petits-frères et les officiers qui lui ont forcé la main», entend-on souvent dire. C'est du leurre, c'est une fausse innocence, bref de l'hypocrisie. Ainsi, il était à Pya pour prendre part aux festivités marquant le 22 è anniversaire du décès de sa grand-mère Maman N'danidaha et vient de passer toute sa semaine pour prendre part à la lutte des Evala. On n'hésite pas non plus à affirmer que le 23 septembre va être célébré avec faste.

Sur le plan politique, il use des mêmes pratiques que son père: dilatoire, fuite en avant, roublardise, manipulation, stratégie de «diviser pour régner». Pour le dialogue dont l'apothéose a été le débauchage de Me Agboyibo, les jeunes loups du RPT n'ont rien perdu des «habitudes de la maison». Si les personnes ont changé, les idées sont les mêmes. D'ailleurs, le groupe RPT au dialogue n'était présent que pour conserver les acquis du clan et tromper ceux qui croient que tout change au sein du parti. Ce parti et son « mal élu » ne veulent qu'une façade d'accord pour aller tout de suite aux élections législatives, condition sine qua non pour une reprise de la coopération avec l'Union Européenne.

Comme « papa » qui courait derrière les dialogues politiques après chaque hold-up électoral, Faure initie à son tour un dialogue mais ne veut pas que les problèmes soient résolus en profondeur. Conscients d'un «tsunami électoral» suite à un scrutin transparent, Faure et ses copains font feu de tout bois pour garder en l'état la machine à fraudes «made by RPT». Il est étonnant que Me Agboyibo ait pu accepter dans la version révisée du protocole d'accord qu'on réserve deux places au gouvernement dans la CENI.

En outre, comme «papa», Faure a mis en place au lendemain de son «élection» une kyrielle de commissions pour tenter de séduire la Communauté Internationale. Il y a d'abord la commission dirigée par son «oncle» Me Koffigoh pour enquêter sur les violences qu'a connues le pays lors de la période intérimaire. Cette commission avait également pour mission de poursuivre les auteurs et les commanditaires des actes de violence. Bien que les résultats soient rendus publics depuis novembre 2005, rien n'a été fait jusqu'à ce jour. On se souvient aussi de la commission Dosseh-Anyron qui n'a servi aux Togolais qu'une version biaisée de leur histoire.

Comme «papa», il ne prend aucune mesure idoine pour améliorer le vécu des populations. Quand une lame de tôle enlève le cou à un élève dans une région donnée, on envoie une délégation ministérielle pour apporter à la famille éplorée quelques CFA comme soutien du «chef de l'Etat». Tout continue de se décider sur «instruction personnelle du chef de l'Etat». N'a-t-on pas entendu lors du choix du président du Bureau du dialogue que «Grâce à la magnanimité du chef de l'Etat, le RPT retire sa candidature»?

On peut multiplier les exemples à loisir. Faure Gnassingbé n'est pas un homme de renouveau. Il va même plus loin que son père en nommant à des postes stratégiques petits-frères, cousins, cousines, oncles, maîtresses… C'est la gestion « familiale » qui a cours dans le pays. Même si certains, par des arguments tirés par les cheveux, soutiennent que c'est «une polémique de trop», nous pensons que c'est de la pagaille qui se fait au sommet de l'Etat.

Z.A.



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