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6 août 2006 7 06 /08 /août /2006 19:20
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Acceptation des résultats: La CEI contrainte à la transparence
(Le Potentiel 04/08/2006)
( 04/08/2006)


La tension actuelle, consécutive à l’attente précédant la publication des résultats provisoires et définitifs des élections, est compréhensible. Mais il faut craindre que cette période soit mise à profit pour favoriser des dérapages. Pire, l’éclatement du pays. Les regards sont tournés vers la Commission électorale indépendante, CEI.

S’il faut s’appuyer sur les rapports préliminaires élaborés par différentes missions d’observation des élections en RDC, elles ont quasiment abondé dans le même sens. En effet, elles ont relevé que les élections se sont déroulées sur toute l’étendue du pays sans incidents majeurs. Elles ont félicité le peuple congolais pour sa maturité politique, sa volonté d’accepter le changement en votant librement.

Mais est-il qu’elles n’ont pas mis un point d’honneur sur la « transparence » des élections. La raison est toute simple pour autant que dans ces mêmes rapports préliminaires, ces missions d’observation ont épinglé des irrégularités qu’elles ont observées tout au long du déroulement du processus électoral. Elles n’écartent donc pas la thèse de la fraude ou de la tricherie. Tout comme pendant la campagne électorale, elles ont constaté « une campagne disproportionnée ».

Sur ce plan, elles rejoignent les remarques soulevées par différents candidats à tous les niveaux. Ceux-ci ont mentionné les mêmes cas d’irrégularités : double numéro d’enrôlement, électeurs qui n’ont pas voté, des bulletins de vote qui seraient remplis au préalable, et nous en passons. Toutefois, ces missions d’observation ont invité la Commission électorale indépendante à privilégier la transparence tout en insistant auprès des acteurs politiques à ne s’appuyer que sur des procédures légales pour introduire leurs réclamations.

Ce qui revient à dire que si des contestations sont fondées déposées par le candidat et actées devant témoin, elles seront rectifiées par les mêmes procédures prévues par la loi. En attendant, elles ont conclu que jusqu’à preuve du contraire, ces irrégularités ne peuvent pas encore influencer les résultats des scrutins.

LA CEI DEVANT SES RESPONSABILITES

Ces observations sont pertinentes et n’offrent pas de larges marges de manœuvres à la CEI. En effet, le succès total de la CEI réside en ce fait que toutes les parties doivent accepter les résultats des élections. Au regard des rapports préliminaires des observateurs, des récriminations, peut- être précoces émises par les acteurs politiques congolais, la CEI est contrainte à la transparence afin d’éviter de grands dérapages qui pourraient conduire à l’éclatement du pays.

Transparence qui se résume à prendre en compte les observations exprimées par toutes les parties, sans faux-fuyant. Ensuite, associer les témoins des partis politiques, des candidats indépendants, des observateurs, aux dernières étapes du processus électoral. Et si besoin est, évoquer des tendances pour ne pas demeurer « muette ». Ce silence favorise justement toute cette spéculation observée ces derniers jours.

Qu’aujourd’hui que l’on apprenne que la compilation a été suspendue à Kisangani, selon Radio Okapi, et qu’à Kinshasa il n’y aurait plus qu’un seul centre alors que dans les couloirs de la CEI on affirme que l’a ajouté un cinquième en vue d’accélérer les opérations de dépouillement, la soirée électorale organisée par la Ham devrait être une belle opportunité pour des réponses précises à toutes ces questions. Même en ce qui concerne toutes ces urnes que l’on voit pêle-mêle dans l’enceinte de la CEI. Qu’en est-il ? La question reste posée. La CEI est donc placée devant ses responsabilités, partant contrainte à la transparence tous azimuts.

RESPECT DE LA LOI ELECTORALE

Cette transparence mettra rapidement un terme à toute cette spéculation, mais surtout à l’intoxication dangereuse. Par voie de conséquence, tout le monde devra se conformer au respect de la Loi électorale.

Force nous est de relever qu’en son article 100, chapitre Ier, Titre III de la Loi électorale, il est stipulé : « La circonscription électorale pour l’ élection du Président de la République est le territoire national ». Il ne s’agit nullement d’une ville ou d’une province. En plus, l’article 101 précise : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ».

Ce qui revient à dire en d’autres termes que si le Président de la République est élu au premier tour, il le sera au scrutin majoritaire absolu (50 + 1) des suffrages exprimés. En supposant que 24 millions d’électeurs ont voté, pour être élu il faut récolter 12, 5 millions de voix. Dans l’hypothèse d’un second tour, le président de la République est élu à la «majorité relative». Il est supposé pour ce cas, comme cela se passe sous d’autres cieux, qu’il y aurait des abstentions.

Cette exigence de respecter la Loi électorale et la Constitution sera facilement accomplie si, une fois de plus, la Commission électorale indépendante convainc tout au long de ce processus les différentes parties de sa volonté inéluctable de s’appuyer sur la transparence afin de rendre les élections crédibles.

DES CONSEQUENCES POSSIBLES

De ce qui précède, l’acceptation des résultats est consécutive, en priorité, à l’attitude de la CEI. Pour ne prendre que le cas du rapport préliminaire de la Fondation Carter, elle fait observer ce qui suit en ce qui concerne la compilation : « Il semble que la CEI n’ait pas un plan de ramassage adéquat pour assurer la livraison des résultats à tous les CLCR (Centres locaux de compilation des résultats). Dans d’autres cas, les CLCR ont reçu les résultats mais n’ont pas les ressources ou l’organisation nécessaires pour les traiter de manière efficace. Nous faisons appel à la CEI d’accorder une priorité au fonctionnement des CLCR (notamment pour ce qui est du transport des résultats). La compilation des résultats prendra des semaines à compléter, et cela nécessitera de la patience de la part de tous les acteurs, et de la population en général. Les candidats et leurs supporteurs doivent être patients pendant un processus de compilation. Etant donné la nécessité de transparence des résultats de compilation, la CEI doit s’assurer que les résultats définitifs soient publiés pour chaque bureau de vote, de manière à ce qu’ ils puissent être vérifiés par les témoins des partis et les observateurs ».

En acceptant cette observation, la CEI aura convaincu ses différents partenaires. Et pour preuve, lors de la soirée électorale du mercredi 3 août, les délégués des partis politiques, notamment le PPRD, le MLC et le RCD, pour ne citer que ceux-là, ont quasiment abondé dans le même sens, affirmant qu’ils accepteraient le verdict des urnes, « pourvu que le dépouillement soit crédible ».

Il se dégage de ce qui précède que la balle se trouve en priorité, à partir de ce moment, dans le camp de la CEI. Ensuite dans celui des acteurs politiques pour que les résultats soient acceptés par tous. Dans le cas contraire, des hypothèses suivantes sont possibles : la persistance de la crise de légitimité. C’est-à-dire, personne ne reconnaîtra l’autorité de l’autre. Ensuite, en s’auto -proclamant vainqueurs, il ne serait pas du tout surprenant qu’il y ait un « président de l’Est » et « un président de l’Ouest ». Avec possibilité qu’au sein de ces deux camps, surgissent d’autres « roitelets ». C’est l’éclatement de la RDC. La balkanisation et la Communauté internationale ne prendra qu’acte.
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
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