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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 10:42

NEW   !!!

COMITE PREPARATOIRE POUR LA MISE EN PLACE DE LA

 

 

«FONDATION  DIALOGUE NATIONAL

 

 

MATHEMATIQUES, DEVELOPPEMENT ET DEMOCRATIE »

 

 

Tél.: 50 80 30/ 05 27 32

 

 

N.R. FDN/MDD/06/0151

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE N°2

 

 

 

 

RELATIF AUX DOULOUREUX  EVENEMENTS DE KAGA-BANDORO ET A  LEURS IMPLICATIONS POLITIQUES

 

 

 

 

            Les Promoteurs de la Fondation DIALOGUE NATIONAL, réunis à Bangui du samedi 14 au dimanche 15 octobre 2006 tiennent à exprimer, très solennellement, leurs vives inquiétudes suite aux attaques de la rébellion dans la localité de Kaga-Bandoro, à 400 Kms environ au nord de Bangui, dans la semaine du 05 au 12 octobre 2006, attaques qui ont fait plusieurs morts aussi bien dans les rangs des forces gouvernementales que de la rébellion.

 

 

            Tout en adressant leurs sincères condoléances aux familles des victimes tant du côté gouvernemental que du côté des rebelles, dès lors qu’il s’agit, dans les deux cas, de familles centrafricaines, les Promoteurs de la Fondation tiennent une fois de plus à dénoncer et à condamner clairement et fermement tout recours à la violence, notamment aux coups d’Etat et aux rébellions comme solution pour régler des différends politiques internes : et cela, conformément  aux idéaux de feu le Président BOGANDA.

 

 

            Les Promoteurs demandent, en conséquence et avec force au Président de l’Assemblée nationale, au Premier ministre, au Médiateur de la République et au Président du Comité des sages de cesser sans condition et sans délai de considérer que la rébellion et l’insécurité sont des problèmes personnels du chef de l’Etat, de rompre en conséquence leur silence à la limite de l’approbation voire de la complicité et de dénoncer la rébellion, d’où qu’elle vienne, comme un acte contraire à l’esprit du Dialogue national et à l’intérêt supérieur de la nation, d’une part et, d’autre part, de lancer un vibrant appel vers la rébellion afin qu’elle acceptasse de faire savoir quels sont ses motivations et ses objectifs, condition nécessaire à toute négociation; toutefois, dans le cas où ce silence hypocrite et irresponsable devrait persister, la nation toute entière ne pourra que prendre acte du fait que ces dignitaires sont pour la violence, la rébellion et les coups d’Etat et devra en tirer toutes les conséquences qui s’imposent  en exigeant, notamment, leur démission.

 

 

            De même, les Promoteurs de la Fondation ne comprennent pas et ne peuvent  comprendre le silence tout aussi insolite, complice et dangereux de monsieur Martin ZIGUELE, le nouveau Président du MLPC qui fait figure de leader de l’opposition et qui, en principe, aurait dû être le premier à dénoncer ce recours à la rébellion qui ne peut que compromettre l’unité nationale, la survie de notre démocratie naissante et balbutiante et tout processus de développement réel.

 

 

            En effet, l’on ne peut pas se dire démocrate et avoir le droit d’être candidat à une élection présidentielle et se taire face à des tentatives de coup d’Etat et/ou de rébellion, ce qui, logiquement, ne devrait en principe que jeter le doute sur sa qualité de démocrate et le priver du droit d’être candidat au profit d’un vrai démocrate de son propre parti.

 

 

            Dans le même ordre d’idées, comment comprendre que le Président KOLINGBA, qui est le leader qui a le plus profité  de l’avènement du 15 mars 2003 qui lui a permis de rentrer au pays,  de bénéficier d’une grâce présidentielle, de se présenter à l’élection présidentielle de 2005 et de redonner vie à son parti, le RDC, sans compter la cooptation de plusieurs de ses partisans et de ses proches dans le cabinet de la présidence et même au gouvernement puisse garder un silence tout aussi suspect et incompréhensible?

 

 

            Doit on comprendre qu’il n y a pas de vrais démocrates à la tête de nos partis politiques qui ne sont en fait que des factions claniques et non de vrais partis politiques épris de convictions idéologiques et de projet de mieux-être pour notre peuple? 

 

 

            Si Martin ZIGUELE, André KOLINGBA, Abel GOUMBA, Jean-Paul NGOUPANDE, Charles MASSI, Célestin GAOMBALET, Elie DOTE, pour ne citer que ceux-là, étaient chefs d’Etat et que leur gouvernement étaient confrontés à une rébellion, allaient-ils garder tout autant le silence? Evidemment NON !  Ne peuvent-ils donc défendre le droit ou la démocratie que lorsqu’ils en sont les premiers bénéficiaires ?

 

 

            Aussi, les Promoteurs de la Fondation tiennent, par ailleurs, à porter à l’attention de monsieur Charles Hervé WENEZOUI, Secrétaire Général de la Présidence de la République , qui ne cesse de leur manifester de l’hostilité depuis leur campagne de presse du mois d’avril dernier en faveur de la création de cette Fondation, qu’ils  n’ont pas de leçon à recevoir de lui car ils ne sont pas dans la logique qui est la sienne, celle de plaire hypocritement au chef de l’Etat en lui faisant croire que tout va bien alors que NON, logique qui a fait ses preuves avec éloquence sous BOKASSA, DACKO, KOLINGBA et surtout sous PATASSE et qui est de nature à précipiter la RCA dans le ravin, comme par le passé.

 

 

            En effet, pour monsieur Charles Hervé WENEZOUI, nous aurions dû clamer dans la presse « NON A LA REBELLION  », tout court, sans ajouter que « CERTAINES DERIVES DU PASSE SONT ENCORE D’ACTUALITE OU SONT DE RETOUR, NOTAMMENT LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME, LE TRIBALISME ET LES ARRIERES DE SALAIRES ET QU’IL CONVIENDRAIT DE LES CORRIGER». Et, cela, même si nous avons, durant notre campagne de presse des mois d’avril et de mai derniers, pris la précaution de préciser que « CES DERIVES NE SONT PAS LE FAIT D’UN HOMME OU D’UN REGIME, MAIS DE NOTRE SOCIETE ENCORE ARRIEREE, INCULTE ET POLITIQUEMENT IMMATURE QUI A BESOIN D’EDUCATION ET D’UNE SOCIALISATION POLITIQUE APPROPRIEE POUR MIEUX INTERIORISER LES NOBLES VALEURS DE JUSTICE, DE DEMOCRATIE, DE LIBERTE, D’EGALITE ET DE SOLIDARITE QUE NOTRE PAYS A ADOPTEES MAIS QUE, MALGRE TOUT, RIEN NE JUSTIFIE AUJOURD’HUI UNE REBELLION EN CENTRAFRIQUE », comme l’a titré en gros et à la « UNE » le quotidien LE CITOYEN qui avait publié notre lettre au Président du Comité des sages le 07 avril 2006.

 

 

            Les Promoteurs de la Fondation tiennent, par ailleurs, à rappeler avec force au Président de la République que les conclusions du Dialogue politique, qu’il avait eu le courage de présider lui-même le 28 juillet dernier étaient claires et sans équivoque, à savoir qu’il faudrait dialoguer avec la rébellion : or, à ce jour, sauf erreur de notre part, aucun pourparler n’a été engagé avec les cerveaux présumés de la rébellion qui sont, nul n’est dupe, soit le démagogue Ange Félix PATASSE lui-même, soit quelques patassistes nostalgiques d’un passé, pour le moins, révolu, ceux-là mêmes dont les dix ans de pouvoir sont, hélas, une honte nationale!

 

 

            Aussi, tenons-nous à rappeler la substance de notre position lors du Dialogue politique du 28 juillet dernier (n’en déplaise à monsieur Charles Hervé WENEZOUI qui ne veut pas entendre parler de négociations avec la rébellion, tout comme les « faucons » qui, hier, tenaient le même langage à PATASSE ), à savoir :

 

 

1)      Si la rébellion n’a pas de véritable revendication politique, par exemple une demande d’élections législatives anticipées ou la démission du gouvernement, il serait alors évident qu’il ne s’agit pas de rebelles mais de bandits de grands chemins et il serait tout aussi évident que ces derniers devront être traités comme tels; et cette prise de position doit être celle, unanime, de l’ensemble de notre classe politique, dans un esprit républicain;

 

 

2)      Si, au contraire, elle a une ou des revendications politiques, ce serait alors effectivement une rébellion digne de ce nom et devrait alors avoir une branche politique avec laquelle le gouvernement devra négocier : toutefois, s’il se trouvait que les revendications de cette rébellion sont contraires à la Constitution , à l’esprit du Dialogue national ou à l’intérêt supérieur de la nation, notamment à la sécurité, à la stabilité et/ou à la cohésion nationale dont notre cher pays a tant besoin, il est indispensable que l’ensemble de la classe politique, majorité et opposition notamment, soit unanime pour rejeter ces revendications dans un ultime sursaut républicain tout en donnant alors à l’armée les moyens et les motivations nécessaires pour éradiquer cette subversion armée. Et cela, afin que la RCA ne tombe pas dans le très regrettable travers du Tchad voisin et frère dont l’histoire de la vie politique depuis l’indépendance est réduite à celle de la succession de rébellions plus ou moins semblables à la tête de ce pays, avec tout ce que cela comporte comme conséquences pour le moins désastreuses;

 

 

3)      Les Promoteurs de la Fondation demandent par ailleurs avec force au gouvernement de charger le nouveau ministre des affaires étrangères de notre pays de réussir là ou son prédécesseur, monsieur Jean-Paul NGOUPANDE, avait échoué; et cela, en convoquant d’urgence un sommet des ministres des affaires étrangères de la CEMAC pour condamner, dans un COMMUNIQUE CONJOINT, cette rébellion, qu’elle soit patassiste ou non, et pour proclamer la solidarité des pays membres de cette organisation sous régionale et leur ferme détermination, ainsi que celle du Soudan qui devrait être exceptionnellement invitée à ce sommet, à aider la RCA à venir à bout de cette subversion armée.

 

 

                  Tout en condamnant le recours à la rébellion, les Promoteurs de la Fondation tiennent à attirer l’attention du Président de la République sur le fait que cette condamnation pourrait rester un vœux pieux si l’Etat ne prend pas, parallèlement, les mesures de dissuasion policières et militaires requises contre la rébellion et le grand banditisme, d’une part; et, d’autre part, s’il ne fait rien pour éradiquer les facteurs de coup d’Etat et de rébellion que sont le tribalisme dans la répartition des  hautes responsabilités politiques au sommet de l’Etat, la violation permanente et flagrante des droits de l’homme, les arriérés de salaires, de pensions et de bourses, l’impunité et le chômage, pour ne citer que ceux-là.

 

 

        A propos de tribalisme, il conviendrait de dénoncer le récent remaniement gouvernemental mené de main de maître par le Sécrétaire Général de la Présidence au détriment d’un Premier ministre impuissant comme un facteur politique de discorde de la majorité, de tensions politiques nationales et d’érosion de la concorde nationale, remaniement qui n’a donné satisfaction qu’à trois leaders de parti politique de la majorité sur une quinzaine, trois leaders dont on ne peut nier la valeur, les convictions et la détermination, mais malheureusement tous issus du clan du chef de l’Etat, à savoir : madame Yvonne MBOÏSSONA, qui est entrée au gouvernement, monsieur Cyriaque GONDA, qui a rejoint le cabinet de la Présidence de la République et monsieur Jean Serge WAFIO qui a pris la Direction Générale du Trésor public où, de diverses sources dignes de foi, il semble faire preuve d’intégrité, de compétence et de rigueur : pourvu que cela dure.

 

 

         Par ailleurs, tout en se réjouissant du fait que le Président de la République n’a cessé de veiller, depuis le 15 mars 2003, à ce que les trois (3) premiers personnages de l’Etat, à savoir le Président de la République , le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre, ne soient pas tous issus du même clan comme sous le régime PATASSE (avec PATASSE, DONDON et DOLOGUELE, puis PATASSE, DONDON et ZIGUELE), et que leur Directeur de cabinet respectif ne soient point de leur ethnie ni de leur région, contrairement au cas du régime défunt, il conviendrait malgré tout d’attirer l’attention du chef de l’Etat sur le fait que les trois plus grandes entreprises publiques du pays, à savoir celles de l’eau (SODECA), de l’électricité (ENERCA) et de téléphone fixe( SOCATEL) sont bizarrement toutes dirigées par des cadres issus de la même ethnie, la sienne, ce qui, c’est dommage que ses Conseillers ne puissent avoir le courage politique et l’honnêteté intellectuelle d’attirer très respectueusement son attention là-dessus, ne peut que compromettre l’image et la crédibilité du pouvoir en place dans l’opinion tout en aggravant les tensions politiques.

 

 

        Pire, alors que de hauts cadres de la majorité, de l’opposition démocratique et de la société civile qui  avaient bravé et combattu le régime PATASSE, notamment dans la CPPO , sont injustement oubliés, des patassistes fieffés, qui étaient notamment restés aveuglement fidèles à l’ami de jean Pierre BEMBA jusqu’au 15 mars 2003 sont, paradoxalement, et de la manière la plus choquante qui soit, traités avec la plus grande attention par le Président de la République et le gouvernement, tel Anicet Georges DOLOGUELE qui a réussi jusqu’à présent à se maintenir à la tête de la BDEAC : quelle garantie monsieur Charles Hervé WENEZOUI, l’un des principaux protecteurs de monsieur DOLOGUELE, a-t-il que ce dernier ne finance pas cette rébellion à travers l’ex Président PATASSE qu’il chérissait tant et appelait, d’aucuns s’en souviennent, PAPA?

 

 

        Les mesures de dissuasion policières étant à elles seules empiriquement insuffisantes pour endiguer, à défaut de pouvoir éradiquer, le grand banditisme (les nombreuses exécutions sommaires des braqueurs l’ont démontré avec éloquence), l’Etat devrait, plus que jamais, faire comme tous les pays développés qui, jadis, notamment la France , pendant leur processus de développement, avaient donné la priorité à la mécanisation de l’agriculture, à la vulgarisation de l’élevage de type industriel, au désenclavement de leurs provinces, à une forte et rapide industrialisation et à la modernisation et à la vulgarisation du secteur bancaire afin de réduire fortement la misère et le chômage qui,  aujourd’hui, frôle les 98% de notre population active et qui est, indubitablement, l’un des facteurs déterminants de la persistance du grand banditisme dit ZARAGUINA en Centrafrique.

 

 

      En effet, avec 300 fermes privées d’élevage de poulets créées par an sur cinq ans, à raison de 50 millions de F CFA par ferme, soit au total quinze milliards de F CFA d’investissements l’an, avec une production de 10 000 poulets par mois et par ferme et une croissance de 20 à 25 % par mois, chaque ferme peut arriver, en deux ans, à une production de 100 000 poulets par mois, largement inférieure à celle des fermes européennes, soit une production nationale de trente millions de poulets par mois et de 360 millions par an, soit un chiffre d’affaires de 720 milliards de F CFA l’an ( 1,440 milliard de dollars U.S.) pour les 300 premières fermes créées, avec le poulet à 2 000 F CFA et essentiellement destiné à l’exportation.

 

 

      Il est évident que si la seule filière de l’élevage de poulets de chair, sans compter celles des bovins, des ovins, des caprins et de la pisciculture peut rapporter autant de devises, c’est que l’agriculture mécanisée (avec également au moins quinze (15) milliards de F CFA d’investissements au départ, soit chaque année au moins 300 fermes créées au capital de 50 millions de F CFA chacune), elle aussi, globalement, pourrait rapporter au moins autant sinon plus de devises et créerait des milliers d’emplois susceptibles d’amener nos jeunes, écrasés par la misère et le désespoir, à tourner le dos à l’aventurisme des rébellions et du grand banditisme.

 

 

      Et, un tel programme de modernisation de l’élevage et de mécanisation de l’agriculture, seul l’Etat peut le lancer dans le cadre d’une politique interventionniste contraire à l’ultralibéralisme fallacieusement prôné par le FMI,  la  BIRD ,  la BAD et le PNUD qui n’ont de projet de développement que le nom.

 

 

        Pour terminer, malgré la persistance et/ou la recrudescence de certaines dérives décriées hier sous les régimes KOLINGBA puis PATASSE, le bon sens, la sagesse et la moindre dose de patriotisme devraient obliger chacun de nous, quelle que soit sa sensibilité politique, à reconnaître, solennellement, devant Dieu, devant l’histoire et devant la nation que « RIEN NE JUSTIFIE AUJOURD’HUI UNE REBELLION EN CENTRAFRIQUE », ne fut-ce que parce que le pouvoir en place n’a pas encore volé ou confisqué le pouvoir du peuple à travers des élections truquées, comme l’avait fait le régime défunt en achetant un député de l’opposition à l’issue des législatives de décembre 1998, puis lors des présidentielles de 1999, d’une part. Et, d’autre part, mieux vaut, tout compte fait, négocier et  conclure une paix des braves qui est de nature à conduire le pays vers une réelle réconciliation que de faire couler, inutilement, le sang de notre pauvre jeunesse, tant meurtrie ces dernières décennies, et qui est, hélas! engagée  au front, de part et d’autre. /.              

 

 

                                                                                     Bangui, 17 octobre 2006

 

 

                                                                         Pour les Promoteurs de la Fondation

 

 

                                                                                Moammar BENGUE BOSSIN

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
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