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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 10:48

ENTRE BOZIZE ET PATASSE, LA VENGEANCE EST UN PLAT QUI SE MANGE FROID… MAIS RIEN NE VAUT LE DIALOGUE POLITIQUE



 

Ange Félix Patassé a beau nié son implication directe dans les troubles de l'arrière pays et notamment du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est, mais il ne fait de secret pour personne que l'homme a l'esprit revanchard et qu'il continue de considérer le général Bozizé comme un « Usurpateur » et un « Putschiste » qui a volé la victoire du peuple centrafricain.
Cela suffit à faire penser que l'ex Président Patassé, tant qu'il est en vie, ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher « l'homme du 15 mars 2003 » de gouverner dans la paix et la stabilité et de même de créer les conditions rapides de sa chute Politique. Car il est vrai que « la vengeance Politique est un plat qui se mange froid ».
Pour Patassé en effet, il ne fait de doute que « qui tue par l'épée périra par l'épée », une maxime biblique et donc prophétique ! C'est pourquoi, le général François Bozizé qui s'est fait élire à la magistrature suprême de l'Etat avec la bénédiction de la communauté internationale aurait totalement tort de négliger les menaces ouvertes ou voilées qui pèsent sur le régime de Bangui. Il aurait tort notamment de négliger les attaques sporadiques et les gesticulations armées des bandes armées ou des groupuscules rebelles à qui il manquerait encore un leadership politique et un haut commandement militaire sans compter la logistique nécessaire au renversement d'un pouvoir qui se militarise au fil des jours avec le soutien militaire de la France, de la CEMAC et des bras armées (escadron blindé tchadien attaché à la présidence de la République)
Une chose est sûre, toute prise du pouvoir par les armes est condamnable au nom des principes démocratiques et des Droits de l'Homme, mais elle ne ravive pas moins la haine vengeresse et l'esprit revanchard. Patassé et ses chauds partisans de l'intérieur comme de l'extérieur sont dans cette logique vengeresse qui risque à terme d'installer le pays dans la spirale de la violence et de la vengeance.
Il n'est donc pas illogique de soutenir politiquement qu'entre le général Bozizé et l'ex-Président Patassé, la vengeance est effectivement un plat qui se mange froid sur fond de haine, d'intolérance et de la volonté de nuire notamment à travers des groupuscules rebelles qui même s'ils ne sont pas suffisamment organisés et équipés, disposent d'une réelle capacité de nuisance qui a déjà fait mouche à Markounda, Kabo, Paoua, Birao, Tiringoulou, Gordil et récemment Kaga-Bandoro, Ouandago Kabo au grand dam de la paix et de la stabilité politique.
Ce n'est donc pas sans raison que le ministre de l'Intérieur a dû adresser à la population de Bangui en invoquant la présence dans la capitale des malfrats. Ceci avec l'accord personnel et express du président de la République lui-même qui a poussé son ministre et homme de confiance à tomber dans le ridicule et en devenant la risée de la classe politique centrafricaine, de l'opinion publique nationale et internationale. Tant qu'il est vrai que le ridicule ne tue pas en République Centrafricaine.
Mais somme toute, même s'il est effectivement établi que la vengeance est un plat qui se mange au froid rien ne vaut cependant le dialogue politique qui est à même de préserver la paix civile, la stabilité institutionnelle et peut permettre au pays de se mettre à l'abri d'un nouveau désastre sociopolitique. Car trop c'est trop, avec le cycle infernal de la violence politique et de l'éternel recommencement. L'idée d'un dialogue entre Bozizé et Patassé avait été émise par quelques acteurs de la vie politique et de la société civile.
Mais cette idée a été vite rejetée d'un revers de la main par le Président Bozizé et ses partisans de la majorité dite présidentielle. De son côté l'opposition politique avait proposé l'idée d'un « dialogue politique » entre le gouvernement, l'opposition politique et l'opposition armée. Cette idée pas du tout saugrenue fut également rejetée et méprisée. Le chef de l'Etat ayant clairement opté pour la solution militaire, ce malgré la demande de l'ambassadeur de France qui, lors de la cérémonie du 14 juillet 2006, déclarait solennellement que seule la solution militaire ne peut conduire loin. Cette solution cause la désolation, la mort avec son lot de ratissage, de tortures et d'exécutions sommaires au mépris du respect des Droits de l'Homme.
Qu'on le veuille ou pas, le Dialogue politique apparaît encore comme la solution de sagesse. Elle passe par l'identification des groupes rebelles et de leurs chefs politiques et militaires. Elle demande aussi la désignation d'un « négociateur en chef » ou d'un « Médiateur neutre » capable d'aller vers les protagonistes de la crise actuelles afin de les mettre autour d'une table pour une solution pacifique et dialoguée. Le Dialogue National (D.N) en avait décidé ainsi. Certes entre Bozizé et Patassé c'est la « lutte à mort », mais le dialogue politique vaut plus que toute autre solution aventureuse…

Vendredi 20 Octobre 2006
Jean Ding-Kpin

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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